Mon no-kill à moi


    Ou comment faire du No-kill sans le savoir


    juillet 2001 par Yves Le Guen

      mon no-kill à moi Pour moi, le no- kill a toujours été d’abord le respect de la taille légale de capture : tout ce qui ne fait pas la maille retourne à l’eau dans les meilleures conditions et surtout le plus rapidement possible.

      Si déjà tout le monde se contentait de respecter cela il y aurait beaucoup moins de truites le ventre en l’air les premiers jours de l’ouverture... Ensuite le plus élémentaire bon sens, pour qui se dit pêcheur est de reconnaître qu’un panier bien plein de truitelles ne vaut strictement rien face à une seule belle truite capturée et encore moins face à la même ...ratée : celle-là , à coup sûr, sera toujours la plus belle ou une des plus belles et son souvenir impérissable.

      Quel plaisir peuvent bien avoir ceux qui ramènent de tels paniers ? Où est la bagarre avec le poisson ? Où est la ruse, la connaissance du milieu ? .... Massacre oui, plaisir de la pêche non !

      Les puristes du no kill m’objecterons que ce n’est pas du vrai no kill, soit , mais il ne gardent jamais quelques truites pour en manger de temps en temps, eux aussi..? Remettre à l’eau une truite non maillée ou trop petite pour avoir un temps soit peu de plaisir à la capturer, et surtout bien vivante, c’est pas du no kill ça ? Et quand vous voyez au fil des années la taille des truites sur ces parcours augmenter régulièrement et surtout vous donner toujours autant de plaisir, je pense que quelque part on est dans le vrai .

      Je pense que ce no kill là est tout aussi valable et peut-être plus que le no kill systématique où au bout de quelques années les poissons éduqués, comme disent certains, sont tellement difficiles à prendre que seuls quelques surdoués de la pêche à la mouche peuvent se permettre d’en prendre encore : où est alors notre plaisir ? Qui plus est ,le fait d’en garder quelques unes de bonne taille à chaque sortie (deux , trois ou quatre et ce n’est pas obligatoire !) ne peut , à mon sens et selon mon expérience, qu’être profitable au renouvellement du cheptel truite dudit coin de pêche . Et c’est effectivement ce que j’ai remarqué, car dans ce coin et d’en d’autres peu fréquentés où nous pratiquons ce même type de no kill sélectif, nous observons régulièrement au fil des ans une amélioration du nombre de belles truites ( sans oublier aussi les nettoyages et les quelques aménagements maison du lit de la rivière qui participent à l’augmentation du nombre de postes à truites ).

      Mon no kill à moi serait plutôt donc un no kill sélectif systématique et me paraît plus judicieux que le no kill tout court ,où tout ce qui est capturé doit retourner à l’eau quelque soit la taille. Je n’ai rien contre, chacun prenant son plaisir de pêcher comme bon lui semble, mais je ne suis pas convaincu que cela soit la meilleure solution à long terme . Il me semble d’ailleurs que certains pays s’en inspirent un peu en autorisant les captures de certains poissons dans une maille intermédiaire (en dessous ça retourne à l’eau, au-dessus aussi, car en dessous c’est trop petit et au dessus on trouve les meilleurs géniteurs) : à méditer !

      Pour illustrer mon no kill à moi, je vais vous citer l’exemple suivant : Il y a environ six ans j’ai appris à notre ami Jacques à pêcher à la mouche. Cette année là, toutes les rivières du coin débordaient à l’ouverture et il a fallu attendre une bonne quinzaine pour commencer à toucher quelque chose. Par contre, nous avions eu un niveau d’eau exceptionnel jusqu’à la mi-juinn et les sorties de pêche ont toutes été formidables : entendons-nous bien : trente, quarante ou cinquante poissons chacun presque à chaque sortie... jamais revu depuis !

      Oui mais voilà, entre la taille légale de capture et le nombre légalement autorisé, pas question de garder autant de poissons. Le no-kill est alors automatique : on ne gardera que les plus belles sans jamais dépasser le nombre autorisé ... et sans jamais l’atteindre non plus . Nous avions fixé notre limite de taille à vingt cinq centimètres au lieu des vingt centimètres normalement autorisés et nous y sommes tenu depuis (pour le coin c’est tout à fait correct et nous aimerions bien voir la taille légale remonter à vingt trois centimètres au moins mais c’est un autre sujet).

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