Critériums de Promotion Nationale 2002


    mai 2002 par Jean-Pierre Jurado

      Le Championnat de France est reparti ...difficilement puisque plusieurs critériums de début de saison ont été annulés. Quelques changements ont été apportés, la super D2 devient 2ème Division et la 2ème Division sera à compter de cette année la Promotion Nationale. Par ailleurs, il sera testé cette année par les compétiteurs de 1ère et 2ème Division un système de contrôle mutuel, les premiers contrôlant les seconds et vice-versa.

      Plusieurs solutions seront testés et en fin d’année il sera fait une synthèse où les compétiteurs s’exprimeront pour retenir une formule unique en 2003, ces changements ayant pour but d’éviter aux compétiteurs l’obligation d’emmener systématiquement un contrôleur dans leurs bagages.

      Le Critérium de Virieu-le-Grand

      Le Critérium de Virieu Le Grand, organisé par le GPS Arène-Furans, s’est déroulé le le 3 mars 2002. Cent soixante neuf poissons ont été pris dont quinze par le vainqueur, dans des conditions difficiles.

      Le Critérium de Dordives

      Le Critérium de Dordives, organisé le 24 mars 2002 par le Club Mouche "Les renards d’eau", s’est déroule au réservoir du Renard. Bertrand JACQUEMIN, Jean-Marc LOMBARD et Gérard VALTON se classent respectivement premier, second et troisième de cette épreuve.

      Le Critérium Arc en Ciel

      Le Critérium Arc en Ciel, organisé le 14 avril dernier par le GPS Lyon Centre, s’est déroulé au réservoir des Trois lacs à Trept.

      Alors que la veille la pluie avait arrosé la région sans discontinuer, la compétition s’est disputée sans une goutte d’eau, sous un ciel nuageux laissant parfois filtrer quelques rayons de soleil, avec un vent moyen à fort, qui n’était réellement gênant que de pleine face.

      Dès le coup de trompe, prises et décrochages se sont succédés, la plupart sur des streamers oranges, sur une soie intermédiaire. A partir de la quatrième manche, la pêche a changé, et on a enregistré plus de prises sur des boobies, des chironomes, buzzers, et même en sèche sur bibio ou daddy long legs. Les poissons étaient très gros et particulièrement combatifs, ce qui a occasionné de nombreux décrochages et aussi ...quelques casses.

      Dans ces conditions, seul Christian Gindre a pris du poisson dans les cinq manches du matin, il est donc en toute logique en tête du classement provisoire à la pause. Le suivent avec un capot dans la matinée, Antoine Lauer (second), Martine Ruff (troisième), Fabien Mazure (quatrième), Albert Buscail (cinquième), Jérôme Gallego (sixième) et Hervé Alcaraz (septième).

      Après la pause, les affaires continuent de se corser sur la même lancée, avec toujours plusieurs options possibles : Soit une pêche fine dans les couloirs de vent, soit un booby noir tricoté lentement au ras du fond, soit un streamer mais là l’animation était primordiale.

      A ce petit jeu, Antoine Lauer du CPM Metz, qui avait trouvé dès le premier lancer son streamer du jour (corps blanc en fritz et queue noire) a eu tout le temps de peaufiner l’animation la plus productive. Premier dans deux manches le matin, second dans une autre, il aurait pu passer la journée en tête sans un capot dans la cinquièmee et dernière manche de la matinée. Malgré tout il fera deux manches blanches dans l’après-midi, mais l’emporte brillamment avec treize poissons mesurés, car derrière il y a eu de la casse... La remontée du jour est signée de Joël Ruff du GPS Thur au Rhin.

      A la pause il naviguait tout juste en première moitié de classement, mais le repas servis par nos hôtes du jour semble l’avoir revigoré. Très bon dès la reprise, il accuse une baisse de régime en décrochant ses poissons (deux capots successifs), mais se reprend bien en toute fin de journée, s’adjugeant même la dixième et dernière manche.

      C’est le hold-up parfait, puisqu’en deux manches il fait un bond d’une quinzaine de places pour se propulser sur la deuxième marche du podium. C’est grâce à une pêche très technique au streamer qu’il réussira cette performance. En effet, il a alterné dans chaque manche un leurre rose en tirées courtes et lentes, un jaune avec démarrage lent et accélération progressive au cours de la récupération, et un corail en pulling rapide. Là c’est l’expérience de la pêche à haut niveau qui a payé, car Joël a évolué ces dernières années en première division, et que c’est volontairement qu’il s’est fait déclasser car ses activités d’ halieutiste des bords du Rhin ne lui laissent plus le temps nécessaire pour s’engager parmi l’élite. Il est déjà assuré d’accéder à la deuxième division (cinquième à Virieu , second à Trept), à ce rythme là il devra se faire déclasser à nouveau l’année prochaine...
      Critériums de Promotion Nationale 2002 Albert Buscail du CM Languedoc aurait aussi bien pu faire la sieste après le repas (normal quand on vient de Montpellier diront certains...) : Il signe trois feuilles vierges avant de toucher enfin quelques poissons sur booby noir et les mettre à l’épuisette dans les ultimes minutes des deux dernières manches (deux poissons épuisés après le coup de trompe). Il préserve ainsi son acquis du matin et s’offre même le podium, comme quoi rien n’est acquis jusqu’à la dernière seconde !!!

      Jérôme Gallego du GPG Roche-la-Molière a aussi bien passé l’après-midi que le matin, il gagne même deux places pour finir à une méritoire quatrième place.

      Ce ne fut pas le cas de Christian Gindre du GPS Lyon Centre, car après le sans faute du matin, il vivra une seconde partie de journée catastrophique. N’ évitant le capot que dans la troisième manche de l’après-midi, il sauve ainsi les meubles mais redescend à la sixième place.

      Christian Salvayre et Olivier Vinyals, les deux compères du FFC Sougé, auront un parcours comparable en tous points en marquant dans trois manches, perdant peu de poissons avec un booby noir lancé très loin à l’aide d’une shooting-head plongeante et tricoté lentement à quelques centimètres du fond. Ils ont suivi à la lettre les consignes données à la pause par leur chef de file Jean-Philippe Lemaître. Ca aide d’avoir un pêcheur de ce niveau (vice champion de France 2001) dans son club...et sur place !!! Ils finissent donc respectivement aux cinquième et septième place.

      Richard Guidetty est passé à côté du bonheur : quatre capots sur l’ensemble de la journée, ça fait beaucoup, mais quand on sait qu’il décroche des poissons dans trois de ces quatre manches blanches, il a de quoi enrager, car il aura été aux portes du podium toute la journée. septième ex aequo, c’est un beau résultat qui devrait lui ouvrir les portes de la deuxième division grâce au podium obtenu à Virieu-le-Grand.

      Et votre serviteur dans tout ça ? J’ai bien démarré avec trois poissons dans la première manche, deux sur streamer orange et un sur streamer noir. Malheureusement dans les deux manches suivantes, face au vent, je décroche tout ce que je touche...en fin de lutte, dont un entièrement de ma faute, le poisson arrive sur l’épuisette et je tarde à la lever...la truite n’en demandait pas tant, démarre, revient et...dépique. Car non seulement les poissons sont très gros mais en plus ils luttent comme des taureaux de combat : Pas triste la pêche à Trept ! Sur le 4ème poste je vois un poisson actif remonter au vent, je lui lance un buzzer noir, dix secondes, gobage, pendu et ramené à l’épuisette les tripes nouées de peur de décrocher. Ouf ! Encore un refus sur le buzzer et on passe à la dernière manche du matin, en barque. J’ai de bons couloir de vent à portée de canne, quatre touches au chiro, et enfin un poisson dans la gouttière après moult péripéties, passage sous la barque, trois fois à quelques centimètres de l’épuisette la truite sonde de nouveau, retrait du filet en catastrophe pour ne pas y accrocher les potences, enfin elle blanchit et se laisse emmailloter : Re-Ouff !

      C’est l’heure de la pause, on peut se raconter nos malheurs et envisager la suite en se réconfortant avec un repas chaud. Et c’est reparti pour un tour du lac. Je recommence au chiro sans succès, pendant que mon voisin (Hervé Fontaine du FFC) met deux truites au sec avec un booby noir. Alors évidemment je me mets moi aussi à racler le fond, sans aucun succès.

      Critériums de Promotion Nationale 2002 Deuxième poste, entre l’île et l’accueil, il y a des poissons épisodiquement actifs près de la surface. Je remets deux chiros et un buzzer, une touche au premier lancer, que je décroche après quelques minutes. Bon, on prend les mêmes et on recommence, animé, statique, encore deux touches pour le même résultat. Troisième poste sur la digue je fais les bordures, j’élargis, je sèche ma soie, rien, pas une tape. Retour à l’artillerie lourde pour un résultat aussi nul.

      Quatrième poste sur la berge du toboggan, j’arrive à faire suivre quelques poissons au streamer sans les accrocher, rien au chiro ni au booby. Mon voisin (toujours le même) sort une truite au booby et en décroche une autre. Dernier poste en barque sur laquelle je retrouve Grégoire Juglaret avec qui j’ai pêché deux ans en rivière en super D2, avant que nos destins ne se séparent, puisqu’il est monté en Division 1 pendant que j’inaugure la promotion nationale. Il y a sporadiquement de l’activité en surface, dès qu’un rayon de soleil réussit à percer le voile nuageux.

      Je remplace le buzzer par un daddy long legs. Une truite remonte au vent, je présente trois mètres en amont, vingt secondes passent, gobage, ferrage décrochage après quelques secondes. Ca ne fait rien, à cette heure je suis blindé. Après quelques lancers récupérés en tricot très lent, j’essaie de faire danser la sauteuse, mais rien n’y fait. Un autre couloir, statique cette fois, touche et décrochage en quelques secondes. Il doit rester cinq minutes quand j’aperçois un gobage à vingt ou vingt cinq mètres. Je lance quelques mètres amont et laisse faire. Vingt secondes doivent avoir passé quand la soie me file entre les doigts, le moulinet chante tant la truite prend de la vitesse, virage...décrochage. Et voilà en quelques lignes mes mésaventures du jour.

      Si du strict point de vue du résultat je ne peux pas me satisfaire d’une vingt huitième place avec seulement cinq poissons mesurés, force est de constater qu’il y avait moyen de faire bien mieux. Quand à me sentir malchanceux, je ne crois pas que ce soit le cas, tant j’ai vu d’autres compétiteurs perdre les poissons qu’ils avaient eu tant de mal à faire mordre. Deux cent trente cinq capots sur quatre cent manches disputées, avec autant de poissons touchés, le mot du jour étaient "m..... décrochée", je vous fais grâce de la suite.

      L’analyse des résultats finaux nous indique que tous les pêcheurs entre la seconde et la vingt huitième place ont pris entre cinq et neuf poissons, chacun avait donc sa chance de monter sur le podium tant les écarts sont réduits. Encore plus réduits sont les écarts entre le deuxième et le neuvième, puisque tout ce petit monde se tient dans moins de vingt points. La place du vainqueur était elle intouchable puisque avec treize poissons pris et quarante six points d’avance sur son dauphin, Antoine Lauer pouvait même se permettre un capot supplémentaire sans mettre en péril sa victoire du jour.

      Un mot sur l’organisation : Tout était huilé, impeccable du matin au soir, réglé par les membres actifs du GPS Lyon Centre supervisés par Pascal Cognard, qui signale ainsi à tous qu’ en plus d’être un maître pêcheur, il est aussi un maître organisateur. Outre une donation en matériel offerte par la société Marryat, les contrôleurs ont apprécié de se voir remettre par l’équipe des Trois lacs, une invitation à pêcher gracieusement le réservoir qui nous a accueilli.

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