Il y a une vie après la chasse d’eau


    février 2001 par David Synold

      Parce qu’elle dissout ce qui est soluble, qu’elle dilue ce qui est toxique, qu’elle déplace ce qui flotte et qu’elle dissimule ce qui coule, l’eau a de tout temps été utilisée pour évacuer tout ce qui gêne...

      Avec l’arrivée du nouveau millénaire, on aurait pu croire à un certain renouveau dans la prise de conscience face à l’utilisation de la ressource eau. Les quelques mois qui viennent de s’écouler, lourds en incidents majeurs et en conséquences irrémédiables pour l’environnement, nous prouvent une fois de plus, que la plus précieuse des substances, sans laquelle aucune vie n’est possible, a accédé au statut peu enviable de véhicule privilégié de la pollution...

      Je ne reparlerai pas ici de la dioxine dans nos truites, du naufrage de Levoli Sun, de l’autorisation de polluer le Rhône donnée à la Société Française des Explosifs par l’État, de l’Erika, etc... Si dans nos esprits de consommateurs, pollution rime tout naturellement avec industrie et agriculture, vous et moi en tant que collectivités, contribuons nous aussi en grande partie à la dégradation de l’eau et du milieu aquatique. Toutes activités végétales, animales, ou humaines produisent des éléments perturbant les écosystèmes et cela est vrai depuis la nuit des temps.

      Toutes les grandes civilisations ont tenté, avec plus ou moins de succès, de remédier à ce phénomène, lié à la sédentarisation de l’Homme. Je citerai à titre d’exemple la cité antique d’Athènes qui collectait et se servait de ses eaux usées pour irriguer les plantations d’oliviers qui entouraient la ville. Le milieu naturel, par son énorme pouvoir d’adaptation, utilise un système d’auto épuration pour éliminer ces agressions : la biodégradation. La biodégradation a pourtant ses limites ; limites qui sont aujourd’hui largement atteintes.

      Selon une étude récente, dont est issu un rapport fort intéressant, "les écosystèmes sensibles ont été massivement détruits et pire encore, que les cycles chimiques qui permettent le fonctionnement de ceux qui subsistent sont en piteux état". Rien d’étonnant à cela quand on sait que depuis une centaine d’années la moitié des marais de la planète ont été asséchés. L’activité forestière et agricole dans le monde ont réduit de moitié les surfaces boisées, sans parler des trois quarts des zones poissonneuses exploitées à outrance. Mais la remise en cause de la biodégradation n’est qu’une partie du problème, les écosystèmes reposent sur un système chimique naturel dont les cycles ne sont plus respectés, cela étant principalement du à l’intervention humaine. L’exemple le plus proche de nous est celui des barrages.

      Depuis leur implantation, l’eau prend trois fois plus de temps, à partir du moment où elle est tombée sous forme de pluie, pour atteindre la mer. Les déversements massifs et leurs natures, engendrés de nos jours par l’activité humaine, menace les milieux aquatiques et donc l’homme et rendent nécessaire l’aide au milieu naturel. Les stations de traitement des eaux usées détruisent avant rejet dans le milieu naturel, la plus grande partie de nos polluants. Mais n’oublions pas par exemple, que nos toilettes ne sont pas une poubelle, que diminuer de moitié vos doses de détergent reste aussi efficace, que les lessives sans phosphates ça existe, qu’un traitement phytosanitaire ou un désherbage chimique au jardin ne se fait pas en cas de risque de pluie.

      Rappelez-vous que l’on ne récolte que ce que l’on sème. Eviter de polluer les eaux est bien plus facile et bien moins coûteux pour la collectivité que de les dépolluer.

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