Pêche, produit de consommation


    juin 2000 par David Synold

      Depuis quelques années, une baisse significative des ventes de permis de pêche, nous invite à une réflexion en profondeur de l’approche de la pêche... Les chiffres de l’année passée : deux millions deux cent vingt neuf mille neuf cent cinquante six cartes de pêche vendues, soit une baisse d’environ deux et demi pour cent, nous le confirme.

      L’augmentation des ventes de cartes journalières d’environ cent seize pour centdévoile une nouvelle façon de consommer. Passée de loisir passion à loisir consommation, la pêche doit avant tout garder son identité mais aussi son éthique...

      Dans un article paru à "la Gazette Officielle de la Pêche et de l’Eau" du 5 mai ( 50 rue de Bagnères 65100 Lourdes), parlant de la dernière assemblée générale de la Fédération de Dordogne, le président Jacques Laguerre a attiré l’attention sur le fait qu’en Dordogne, destination prisée par les pêcheurs, la baisse des ventes de cartes complètes en 1999 a atteint cinq virgule soixante sept pour cent. Ce chiffre n’a de loin pas été compensé par les nouveaux produits pêche telle que la carte vacances ou la carte jeunes.

      Il constate par la même occasion qu’une infraction sur trois relevée au bord de l’eau, concerne le défaut de permis et en tire une conclusion grave mais logique à la quelle il faut se résigner : "Les évolutions que nous avons enregistrées ces derniers temps, avec l’orientation des gardes du C.S.P. vers de nouvelles missions, au détriment des missions de police de la pêche, incitent certains individus à ne plus prendre de carte de pêche.

      Pensez, lorsque pendant dix ans ou plus on n’a jamais été contrôlé, qu’on n’a jamais vu un garde au bord de l’eau, la tentation est grande de faire l’économie de la carte de pêche quitte à payer une amende si l’on est ensuite pris en défaut, amende qui ne correspond pas, loin de là, à l’économie ainsi réalisée, de telle sorte que le contrevenant est gagnant dans tous les cas".

      Pour ceux qui croient encore que notre monde de pêcheur à la mouche se compose de braves garçons dont la conduite est dictée par l’éthique... le revers est rude !

      Il est important de rappeler à certains, que les associations et fédérations de pêche et le C.S.P. vivent des cotisations et des taxes acquittées par les pêcheurs, évidement quand le nombre de cotisations (et de taxes) baisse, les possibilités de fonctionnement et d’action s’amenuisent, et nos rivières n’ont pas besoins de ça ...

      Mais l’intervention du Président Jacques Laguerre, même si elle est fondée ne doit pas faire oublier une autre explication au phénomène : cette baisse des ventes de cartes complètes ainsi que le bond en avant de cent seize pour cent au niveau national de la carte journalière est sans aucun doute le résultat du changement de mentalité et d’approche de la pêche...

      La pêche de loisir s’ouvre aux pratiques occasionnelles...

      La carte journalière a été créée dans ce sens et permet aujourd’hui de maintenir la pêche parmi les activités de loisir. Elle est généralement utilisée par une population de plus en plus citadine dont le temps et les contraintes interdisent une pratique à l’année.

      Pourtant ce public est à la recherche d’activités de plein air, approche de la nature, de sites accessibles et équipés et de services d’initiation ou perfectionnement. Certaines AAPPMA répondent à une partie de ces attentes en proposant la carte "journée", mais le service d’initiation, de perfection ou d’accompagnement comporte encore d’énormes lacunes...

      La carte à la journée ou la consommation d’un loisir à la demande..

      Face à cet argument on peut pourtant s’inquiéter de l’arrivée de pêcheurs/consommateurs, pressés par le temps... dont la pratique occasionnelle laisse entrevoir une connaissance du milieu et une éthique tout aussi occasionnelles.

      Cela va à l’encontre de l’engagement et du travail des bénévoles dans les cercles, clubs et écoles de pêche et de connaissance du milieu aquatique. Pour le respect du travail de ces bénévoles il serait bon d’évoquer un engagement plus important des Associations de pêche dans l’encadrement des utilisateurs de la carte "journée" plutôt que de les considérer uniquement comme un nouveau moyen de remplir les caisses.

      Bref comme toujours rien n’est parfait mais en guise de conclusion je citerais Michel Guéry dont vous pouvez lire l’article intitulé "Pêche de loisirs" sur le site du Conseil Supérieur de la Pêche.

      La mise en place de la carte journalière a permis une valorisation rapide des parcours équipés auxquels manquait cet élément simple d’ouverture au public. C’est un véritable outil de développement susceptible de servir la lutte contre l’érosion des pêcheurs.

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