La truite et son rythme de vie (Part. 3)


    novembre 2001 par Christophe Bouet

      Depuis dèjà deux mois nous tentons de comprendre le rythme de vie qu’adopte dame fario tout au long de l’année, et plus particulièrement son comportement nutritionnel face à différents paramètres qu’il est bon de connaître afin d’anticiper ses réactions.

      Il faut également savoir que dans leur souci alimentaire permanent, nos chères Fario ne dérogent pas à la règle d’un système hiérarchique basé sur la force. Comme pour pratiquement chaque espèce animale, et bien évidemment chez les poissons, les plus gros sont souvent les plus forts et font donc la loi. C’est alors tout naturellement que la truite dominante occupera, lors de ses périodes actives, le meilleur et donc le plus rentable des postes de chasse de la zone. Cependant et il est intéressant de le souligner, un bon poste peut être occupé toute une journée par le biais du partage hiérarchique. En effet, nos belles sauvages se partagent les postes de chasse, et s’alimentent à tour de rôle, successivement, à différentes périodes de la journée. Un poisson se nourrissant activement peut très bien stopper son repas pour le reprendre quelques temps plus tard, laissant ainsi un poste vacant qui sera immédiatement récupéré par une autre truite. Les farios les plus âgées, donc les plus grosses, se serviront en premier, et les autres finiront les restes. Ainsi, un même poste sera occupé par plusieurs individus dans une même journée.

      Toutefois une truite qui a terminé de se nourrir et a rejoint son poste de repos, va quand même être à l’affût de proies qui vont passer à proximité de son repaire. Acte réflexe ou de défense territoriale, c’est difficile à dire dans la mesure ou il est fréquent que notre mouchetée reste complètement apathique et totalement indifférente à n’importe quels leurres ou esches qui pourront lui être proposés. Une truite peut d’ailleurs rester calée sans rien manger pendant plusieurs jours si les conditions ne lui paraissent pas favorables. Elle peut même vivre plusieurs semaines sans rien avaler, seulement en puisant sur ses réserves. Seule l’agressivité pouvant éventuellement la faire sortir de sa cache.

      Comme nous l’avons vu ensemble pendant ces trois mois consécutifs, le rythme de la vie d’une truite en rivière peut donc varier énormément au cours d’une même journée et est intimement lié à son activité alimentaire, alternant successivement les phases de digestion (repos) et les phases de nutrition (chasse). La connaissance de son activité aide bien sûr à la compréhension des mécanismes nutritionnels et permet ainsi de déboucher sur des succès importants.

      Néanmoins, tout n’est pas réglé si idéalement que mes propos veulent bien le laisser croire, car viennent s’ajouter à ces éléments des paramètres perturbateurs qui vont faire stopper une phase active parfois très rapidement. Des paramètres environnementaux que personne ne peut à ce jour prévoir par avance peuvent venir bouleverser et interrompre une période faste pour nous, pauvres pêcheurs. Mais, finalement, cela n’est peut-être pas plus mal ainsi ! Il reste alors une part d’incertitude, de rêve, d’imagination et de doute qui fait que la pêche restera secrète et mystérieuse … pour notre plus grand plaisir.

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