La pêche du bar à la mouche


    Les raisons d’un succès


    février 2001 par Franck Ripault

      pêche du bar à la mouche Depuis quelques années, on constate un net intérêt pour la pêche du bar , appelé aussi Dicentrachus labrax, à la mouche. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cet engouement : premièrement, peut-être, cette volonté de la part du pêcheur de se confronter à un environnement autre que son univers familier. Fini les ruisseaux encombrés par la végétation ou les parcours à la mode et surpeuplés : à vous les grands espaces, l’air iodé, l’écume des vagues et ces poissons qui ne demandent qu’à vous surprendre par la combativité dont ils ont le secret.

      Pour la plupart des pêcheurs, c’est une totale découverte qui les attend. Nous avons la chance de bénéficier d’un littoral atlantique extrêmement riche et diversifié par son profil : il suffit, pour s’en convaincre, de se balader sur cette côte du bout du monde qu’est le littoral breton.

      Un jour, c’est une crique paisible ouverte sur la mer qui vous séduira par le bleu profond de ses eaux, un autre ce sont les méandres d’un aber (petit estuaire breton) qui enchanteront le moucheur d’eau douce que vous êtes. Et je ne parle pas des étendues sableuses qui, à marée haute, ressemblent à s’y méprendre aux flats de Floride...la chaleur en moins !

      La pêche en mer c’est aussi cela : une perpétuelle découverte d’un cadre encore épargné des atteintes du béton (pour combien de temps ?) tout en se faisant le plaisir d’étendre sa soie sur des eaux complètement vierges... Deuxièmement, la qualité des poissons recherchés. Certes dans nos eaux atlantiques nous ne bénéficions pas de cette diversité extraordinaire observée par ailleurs sous les tropiques (tarpon, bonefish, carangue, carpe rouge...), mais on peut tout de même rencontrer des adversaires intéressants capables de secouer sérieusement une canne à mouche.

      Le but avoué d’un grand nombre de pêcheurs (toutes techniques confondues ), est sans aucun doute la capture d’un joli bar. Parce qu’il est LE poisson roi de nos côtes, LE poisson emblématique de la pêche sportive du bord et du petit large. Le prendre à la mouche procure de fortes sensations qui vous laisseront un souvenir impérissable. A l’image de la saumonite aïgue, une fois conquis, vous en redemanderez encore ! En effet, ce poisson se prête admirablement bien à cette technique : son instinct de prédateur le pousse à s’attaquer à de multiples proies, ce qui permet au pêcheur de s’en donner à cœur joie dans le montage de mouches de toutes natures (suggestives ou imitatives).

      Son comportement, très proche de celui d’une truite et d’un Black-bass, pousse le moucheur à adopter des techniques fines, aux antipodes de celles habituellement utilisées par les autres pêcheurs (lancer et traîne). Une fois piqué, le poisson défend chèrement ses écailles. Son rush de départ, même s’il est assez bref, met à mal le nerf de la canne, et pour peu que votre client ait un bon poids, vous devrez faire appel à votre sens de l’anticipation pour éviter qu’il ne se réfugie en plein milieu de parcs ostréicoles ou d’un massif d’algue.

      Sitôt sorti de son élément, sa robe argentée étincelante au soleil vous ravira. A défaut de rencontrer cet adversaire de choix, sachez que les petits pélagiques (maquereaux, chinchards...), lieus et mulets peuvent constituer un palliatif intéressant avec peut-être une mention toute particulière pour le dernier cité ; d’abord parce que sa pêche met en œuvre un matériel assez léger ; mais aussi parce que la technique d’approche s’apparente à la noyée ou à la nymphe, et que sa méfiance instinctive met à rude épreuve les nerfs du pêcheur. Mais quel plaisir une fois ferré ! à poids égal avec son confrère le bar, le mulet déploie une énergie foudroyante surtout lors de son premier départ. En somme, chaque poisson nécessite une approche différente ; c’est ce qui fait l’intérêt de la pratique en mer. Il ne suffit pas d’accrocher un quelconque streamer sur son bas de ligne pour espérer prendre un poisson marin, tout est affaire d’observation (saison, température et couleur de l’eau, nature du fond, le biotope du secteur, la présence d’obstacles - algues, roches, épaves- ).

      Un grand nombre de paramètres doit entrer en ligne de compte pour celui qui désire mettre le maximum d’atouts de son coté. C’est à force d’arpenter le littoral, de stocker des informations sur les secteurs rencontrés, d’observer ce nouvel environnement dans lequel le moucheur évolue peut-être pour la première fois, que ce dernier pourra espérer piquer son premier poisson.

      Avant de vous lancer dans cette nouvelle aventure qui s’offre à vous, sachez rester humble face à un éventuel échec comme vous le seriez au bord d’une rivière. La réussite est parfois à ce prix !

      - La pêche du bar à la mouche : le matériel


      Photo reproduite avec l’aimable autorisation de Michel Chauvin

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