La pêche du bar à la mouche


    Le Matériel


    juin 2001 par Franck Ripault

      pêche du bar à la mouche La pêche à la mouche en mer peut devenir aussi technique et déroutante que celle pratiquée en eau douce. Imaginer piquer son premier bar est une chose, mais y parvenir en est une autre. Si rien ne peut remplacer le sens de l’eau acquis par l’expérience et surtout par la connaissance des poissons qui fréquentent votre secteur, il est un domaine qui ne doit pas être négligé et ce dès le départ : je veux bien sûr parler du matériel.

      Maintenant que la mouche en mer intéresse de plus en plus de monde, les pêcheurs se montrent davantage exigeant sur le matériel utilisé en eau salée. Autrefois les moucheurs n’avaient que deux solutions : ou bien ils se tournait vers un matériel bas de gamme de type réservoir en se disant qu’en cas d’échec, l’investissement n’aura été que minime, ou alors ils se lançaient dans l’achat de produits haut de gamme plus destiné à être exposés sur un flat de Floride que sur un Abers Breton.

      Aujourd’hui les choses ont évolué dans le bon sens : des cannes qui présentent de très bons rapports qualité-prix sont disponibles, et ce, pour toutes les bourses ; et rares sont les marques qui n’offrent pas parmi leur gamme des produits répondant parfaitement aux besoins des pêcheurs européens. La canne, qui constitue la pièce maîtresse de l’équipement, doit présenter toutes les garanties requises pour affronter un milieu agressif : elle doit, notamment, résister au sel et aux frottements des grains de sable qui sont capables de vous déshabiller le blanc de son vernis. Il faut reconnaître que les fabriquants ont fait de gros efforts sur ce plan, mais il est toujours nécessaire de passer le fouet sous un bon jet d’eau douce après la sortie . Lors de chaque inspection, insistez bien sur les ligatures des anneaux ; c’est par là qu’insidieusement s’incruste le sel marin qui condamne par son action corrosive, et à plus ou moins long terme, la fixation de cet élément. Un anneau qui saute au beau milieu d’un combat avec un gros poisson, voilà une mésaventure que l’on aimerait bien éviter ! Accessoirement, il est toujours utile de recouvrir la poignée en liège de votre canne d’un bon vernis marin, histoire d’éviter son pourrissement anticipé.

      Le choix de la canne est le plus souvent tributaire du secteur que vous comptez prospecter : inutile de se promener, par exemple, avec en main une canne prévue pour soie de 10 alors que le petit méandre d’estuaire qui s’étale devant vous peut fort bien accueillir votre soie de 7 (celle là même que vous utilisez au bord de votre large rivière !). De même qu’il est impossible d’étaler cette même soie alors que vous vous trouvez en léger surplomb au dessus des vagues face à une crique ouverte sur la mer. A partir du moment où l’on sélectionne avec attention son secteur, un matériel de puissance 8 convient parfaitement pour faire ses premiers pas en eau salée ; quitte plus tard à solliciter des poissons plus gros sur des postes plus " physiques ", et dans ce cas une puissance supérieure sera nettement préférable. Neuf pieds, neuf pieds six, voici les deux longueurs de canne privilégiées par un grand nombre de pêcheur ; au delà, la double traction devient pénible et gâche le plaisir de la pêche elle même !

      Le moulinet doit, lui aussi, faire l’objet de soins appropriés et notamment à deux niveaux : tout d’abord le frein puis ensuite sa résistance à la corrosion. Le frein car les poissons auxquels on s’attaque peuvent vous sécher un backing en autant de temps qu’il en faut pour l’écrire ; certes de ce côté si de l’Atlantique il est peu probable que vous ne rencontriez un tarpon (du moins pas pour le moment), mais il existe des clients qui réservent de temps à autres de bonnes surprises. Depuis peu, je suis un fidèle amateur des moulinets en carbone à large bobine, remarquable pour leur légèreté, leur résistance à la corrosion et surtout leur faculté à ne pas torsader la soie. Un bon rinçage accompagné d’un toilettage au chiffon sec lui garantira un surcroît de longévité.

      Le choix de la soie est sans doute plus délicat. Si vous vous lancez en mer, faites vos premiers essais avec une soie bas de gamme ; vous aurez moins de regrets lorsque vous la retrouverez détruite après un mauvais shoot sur les tables d’un parc ostréicole. Ce n’est qu’une fois le virus contracté et avec un peu plus d’expérience que vous pourrez puiser dans le large choix des soies conçues uniquement pour la mer, celle qui honorera votre moulinet. Un profil décentré fera l’affaire, mais sachez qu’il existe des modèles qui répondent bien aux mauvaises conditions de vent et intermédiaires dans la plupart des cas. Au retour un bon rinçage à l’eau douce s’impose également : il n’y a rien de plus désagréable que de constater l’apparition de micro fissures sur le revêtement de la soie.

          | Réagir à cet article | Rechercher | Dans la même rubrique |

            Copyright echosmouche.fr
            Tous droits de diffusion et de reproduction réservés - Système de Gestion de contenu spip(3.0.17)
            Sommaire La Lettre d'echosmouche.fr Concours Auteurs Trophée Echos Mouche Nous écrire