The 25th International Sportmen’s Exposition


    mars 2001 par Vincent Pons

      25th International Sportmen's ExpositionQui pense au mois de février, pense à la préparation de l’ouverture : vérification du matériel, séances de montage de mouches ou repérage. Il n’en est rien du côté de la côte pacifique des États-Unis où le mois de février est un des mois "chauds" où il fait bon être au bord d’une rivière car les steelheads remontent activement en eau douce. Cependant, chaque année, les fabuleuses têtes d’acier se voient octroyer un week-end de répit au moment du traditionnel salon consacré à toute activité liée à la nature : The International Sportsmen’s Exposition. Pour la deuxième année, je me suis donc rendu à ce salon dans l’optique de découvrir les nouveautés mouche, faire des affaires et assister à des séminaires donnés par des personnes faisant autorité dans leurs domaines respectifs.

      Au rayon des exposants, je pensais retrouver les locaux que sont Sage et Loomis (dont j’ai entendu la reprise par Shimano) mais , malheureusement, le dernier, n’avait pas fait le déplacement, une belle déception quand on sait que la maison mère se situe à moins de trois heures de Seattle. Néanmoins, j’ai pu découvrir leur dernier moulinet, plein de simplicité rappelant fortement le fameux Batenkill de chez Orvis (un autre fabricant non représenté cette année). Sa ressemblance atteint même le prix qui reste très raisonnable pour un tel outil, autour de cent dollars. A mon avis, ce moulinet a de beaux jours devant lui. Le seul défaut qui ait sauter à mes yeux est sa couleur, une espèce de pâle or, brillant tout comme la nouvelle version des Ross Gunisson.

      Au sujet des Gunisson, quelle frayeur j’ai pu avoir en apercevant ces nouveaux modèles, moi qui était à la recherche d’une bobine pour un G3, j’ai failli avoir une attaque cardiaque en les voyant mais, fort heureusement, le modèle noir des Gunisson est toujours en production, ouf !!! Comme vous l’avez deviné, pas de révolution du côté des moulinets, par rapport à l’année dernière, moins de nouveaux large arbor qui sont certainement les modèles qui orneront le plus le fond de nos cannes dans les années à venir. Point de vue soie, les principales maisons concernées paraissent être au point mort, la tendance depuis un an étant de vendre plusieurs soies en une, un genre de kit permettant de faire face à toutes les situations. Il semble aussi que ces fabricants se dispersent un peu trop pour offrir une quantité inimaginable de fuseaux et densités différents, de quoi y perdre son latin.

      En résumé, pour les jours de vent, il vous faudra une WF wind cutter mais si vous pêchez la steelhead, il vous faudra une WF8 avec le profil spécial migrateurs qui est différent de celui de la wind cutter ou de la WF4 classique que vous utilisez pour la truite ou l’ombre. Que faire puisque la pêche des grands migrateurs nécessite absolument l’emploi d’un profil différent de celui employé pour le small game ?? De même, allez vous changer votre S6 pour une S4 parce que le pool suivant est un peu moins profond ou rapide ? A mon avis, il y a trop de soies sur le marché, le choix en est devenu ridicule. A la place de développer des profils souvent très proches les uns des autres, l’amélioration de qualités comme la densité, la flottaison, la glisse ou la plongée me paraît plus cruciale.

      Côté cannes, ma grande déception a été le manque à l’appel de Redington qui est le seul à présenter une réelle nouveauté cette année. Le fabricant étant absent et tous les revendeurs s’étant déplacés n’ayant pas une des nouvelles Nano Titanium, je n’aurais l’occasion d’essayer ce modèle révolutionnaire selon les dires de beaucoup. Toujours au rayon nouveautés, Winston nous a réservé une surprise de chef avec la gamme LTX. Fouetter pendant cinq bonnes minutes avec une 9’#4 m’a fait changer d’opinion au sujet des cannes Winston que j’avais classifié parmi les molles. Les LTX sont étonnantes de légèreté, puissance, contrôle, finesse, elles ont tout pour qui aime les actions rapides.
      Qui dit action rapide pense immédiatement au maître en la matière, Sage. Aprés l’apparition des terribles XP, Sage ne pouvait pas sortir cette année une nouvelle gamme tout aussi fantastique, ils se sont donc contentés d’étoffer leurs différentes gammes. Nous noterons en particulier les deux nouvelles XP, la 10’#4 et une étonnante 11’#6, de quoi satisfaire les amateurs de longues cannes.

      Le marché des cannes de 10’ et plus étant le plus en vogue depuis quelques années, Powell a lui aussi agrémenté sa série LGA par deux modèles de 10’en soie 6 et 7. Sortir 25 mètres de soie avec ces dernières est très aisé, elles sont précises et puissantes mais deux défauts me font préférer les SAS de Scott, leur couleur bleu et une impression de lourdeur en tête. En effet, la firme du Colorado a réussi a sortir plusieurs nouveaux modèles dans sa série très abordable SAS dont deux 10’#6 et 8 en trois brins. Ces dernières ont, comme diraient certains, tout d’une grande. Puissantes, précises, pas trop lourdes et esthétiquement sobres, elles risquent de trouver de nombreux preneurs à un tel prix.

      Vous l’avez deviné, cette année n’est pas l’année de toutes les révolutions au niveau de la pêche à la mouche mises à part peut-être les Redington mais cela ne veut pas dire que les affaires n’étaient pas au rendez-vous de ce show. Je n’aurais pas pu partir sans me faire un petit cadeau, un gilet Simms, le master vest revu à la baisse de 50% dû à l’arrivée du modèle 2001. Un autre aspect de ce show, la présence de nombreux guides essayant de vous embarquer sur une destination de rêve, l’Alaska, la Nouvelle Zélande, le Montana et bien d’autres, rien que du rêve, des images de poisson superbes dans des paysages sauvages.

      Autre présence, celle d’auteurs halieutiques comme Gary Borger, Skip Morris et bien d’autres. Tout étant fait pour le client, j’ai pu assister à deux séminaires consacrés à la pêche de la steelhead. En écoutant John Shewey, très réputé dans la région, j’ai pu comprendre un peu mieux comment attraper ces sacrées steelhead dans de grandes rivières (à ce propos, trois steelhead sont venues à l’épuisette dimanche matin). Jim Teeny a expliqué dans autre registre comment monter ses fameuses nymphes qui n’ont aucune difficulté technique pour qui sait monter une pheasant tail.

      Parler juste cinq minutes avec ce dernier m’a aussi pas mal appris sur les steelhead. Une présentation de Gary Borger intitulée "Nymphing" m’a un peu déçue, à mon goût un peu trop basique, plus pour le néophyte que pour le nympheur fou que je suis. Bref, de nombreuses démonstrations, séminaires, du matériel toujours aussi incroyable ont permis pendant quatre jours à de nombreuses steelhead de pouvoir respirer. Le prochain salon (cette fois consacré uniquement à la mouche) est prévu en avril ou en mai, j’espère y voir Lefty Kreh, le grand absent du show de cette année et dont l’esprit et la gentillesse m’avaient totalement plu l’an dernier. C’est tout pour aujourd’hui, demain matin, je me lève tôt pour aller taquiner quelques steelhead avant la fermeture de la Stilligamish prévue jeudi.

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