Le Saumon en nymphe à vue (Part. 1)


    Classique parmi les classiques d’automne


    janvier 2001 par Vincent Pons

      Le saumon, poisson mythe, synonyme d’endurance, de combativité, de volonté, est l’enjeu de gros intérêts financiers bien malgré lui tout comme l’a déjà évoqué René Marchand le mois dernier dans la lettre d’echosmouche.

      Ce fabuleux partenaire de pêche, oui partenaire, que nous n’avons pas su protéger efficacement dans nos rivières, fait voyager de nombreux mordus aux quatre coins du monde dans l’espoir de toucher ces monstres de puissance et de beauté (ou de laideur selon l’époque). Certes, quelques rivières françaises ont toujours la chance d’avoir quelques remontées de saumons mais il faut bien admettre que ces cours d’eaux sont peu nombreux et le nombre de poissons revenant pondre bien maigre par rapport aux destinations à la mode que sont l’Alaska ou la Russie. Le gros avantage de partir à l’étranger est de pouvoir pécher dans des parcours à grosses densités mais aussi, si l’on est chanceux, d’attraper différentes espèces de saumons durant la même journée.

      L’état de Washington, qui se situe juste au sud de la Colombie Britannique dans le Nord Ouest américain, fait partie de ces régions où l’on aimerait pécher au moins une fois dans sa vie. En effet, dans les rivières de l’evergreen, les king, chums, sockeye, pink et coho reviennent frayer chaque année. Comme la nature est bien faite, chaque espèce ne fraie pas en même temps et ne nécessite pas le même substrat ce qui ne signifie pas pour autant ne pas se trouver au même endroit simultanément. Par exemple, le king, la plus grosse des espèces, peut remonter en eau douce dès les mois de mars et avril pour ne frayer qu’en automne. Bien longue attente qui en dit long sur les réserves accumulées par ces migrateurs lors de leur séjour en eau salée. Bien sur, le plus gros de la remontée s’effectue au dernier moment mais il sera toujours possible de trouver sur un même parcours, des chums mêlés à des kings n’ayant pas encore frayé et à quelques steelheads ou sea run cutthroat qui sont respectivement des truites arc en ciel et cutthroat anadromes.

      Ces 5 espèces de saumons peuvent être classées en deux catégories : saumons ayant des points noirs bien distincts sur leur
      nageoire caudale (chinook, coho et pink) et ceux n’en ayant pas (chum et sockeye). A cette liste, on peut rajouter, à regret, une sixième espèce : le saumon atlantique. Que fait-il là ? Certains sujets vraisemblablement échappés d’élevages viennent se mêler aux espèces autochtones et la réelle crainte d’une pollution génétique revient à grand galop.

      Le king ou chinook ou Oncorhynchus tshawytscha peut atteindre un poids de cent trente cinq livres (ce n’est pas une erreur de frappe, cent trente cinq livres !!!!!) mais le poids moyen oscille entre dix et vingt livres. Deux éléments essentiels, sa bouche noire (mâchoires et dents) et sa taille, rendent son identification aisée. Si vous attrapez un saumon de plus de quinze livres, il y a de grandes chances pour que ce soit un king et si ses mâchoires et dents sont noires, pas de doutes permis, c’est bien un king. De petits points irréguliers ornent sa caudale. Comme mentionné précédemment, certains king entrent dans le système des le printemps car ils ont des centaines de miles à parcourir pour atteindre leur lieu natal. Sa taille lui permet de frayer dans lit majeur d’importantes rivières ou de leurs plus gros affluents. Les juvéniles resteront de trois mois à un an en eau douce selon la race de chinook et le lieu.

      Le coho ou silver ou Oncorhynchus kisutch a eu une taille moyenne plus modeste, de six à douze livres mais des spécimens de trente livres ne sont pas impossibles. La base de ses mâchoire est blanche et on retrouve aussi de petits points irréguliers sur sa caudale mais uniquement sur la partie supérieure. Le coho est très populaire aux alentours de Seattle car il peut être trouvé dans n’importe quel petit cours d’eau même urbain pourvu que la qualité de l’eau soit bonne. Il pond dans les tributaires de gros fleuves ou dans les ruisseaux de la côte préférant des graviers de petite à moyenne taille et une eau moyennement rapide. Les juvéniles émergent au printemps mais ne retournent en mer que le printemps suivant soit 18 mois après que les œufs aient été déposés.

      Le pink ou bossu ou Oncorhynchus gorbuscha est le plus petit de tous les saumons du Pacifique, son poids moyen oscille entre trois et cinq livres, douze livres étant un maximum. Les mâles sont facilement reconnaissables car ils développent une bosse quand l’époque du fraie arrive. Sa queue entière est couverte de larges points noirs. Apres deux ans passés en mer, ce poisson fraiera très près de la mer car les juvéniles sitôt nés migrent vers la mer. Certains fraient même directement en eau salée, curieux poisson. Il n’y a pas de run chaque année car le pink ne passe que deux ans en mer, pas un ni trois mais deux ans.

      L’autre catégorie est celle des saumons n’ayant pas de points sur leur queue. Parmi ceux-ci, le chum (Oncorhynchus keta), dix à quinze livres de moyenne (jusqu’à trente livres), est surnommé le dog salmon à cause du bec et des grosses dents développés par les mâles à la saison des amours. Il fraie dans le même type d’eaux que le coho mais plus près des côtes, là où l’eau est plus profonde. Les juvéniles restent quelques jours en eau douce puis, rejoignent l’estuaire où ils séjournent plusieurs mois avant d’aller en mer.

      Le sockeye ou Oncorhynchus nerka, cinquième saumon rencontré dans le Nord Ouest américain, doit un de ses surnoms, le rouge, à cause de la couleur qu’il prend au moment du fraie. Celui-ci, appelé aussi kokanee lorsqu’il est pris en lac (couleur argent brillant), peut atteindre un poids de quinze livres mais la moyenne reste comprise entre cinq et huit livres. Le red ne fraie que dans les tributaires de lac où les juvéniles grossissent pendant un à deux ans. La qualité du substrat ainsi que la vitesse du courant ne sont pas des facteurs déterminant dans le fraie du sockeye, ils réclament seulement un lac à proximité du lieu de ponte. Dans certains systèmes offrant suffisamment de frayères, des millions de red remontent chaque année offrant un spectacle totalement fantastique pour les visiteurs de plate formes construites afin de les observer. Cette année, les stocks, supérieurs à ceux espérés, ont permis l’ouverture de la pêche du sockeye pendant quelques week-end de juin au cœur même de Seattle, dans le Lac Washington situe entre Seattle et Bellevue. Imaginez pécher le saumon à cinq minutes du centre ville d’une telle agglomération, impossible à imaginer en France malheureusement.

      En résumé, mis à part l’identification de ces cinq saumons, on peut retenir que coho et sockeye peuvent être trouvés toute l’année en eau douce, en ruisseaux près des cotes et en lac respectivement. Toutes les espèces ne fraient pas dans les mêmes parties des rivières. Les king sont plus gros car ils passent plus de temps en mer, jusqu’a neuf ans alors que les pink pondent à l’age de deux ans. Une sixième espèce de saumon existe dans le Pacifique, sur la cote asiatique, le masu (sixième espèce en oubliant la présence du saumon atlantique).

      Alors que l’identification est facile sur le papier elle n’est pas si évidente lorsqu’on attrape son premier saumon ou même quand on regarde des saumons à travers une vitre à l’échelle à poissons (située au milieu de Seattle ! ! !) en comparant avec les photos des différentes espèces. Mais qui se plaindrait lors de son premier contact avec les saumons de ne pas être sur d’identifier à coup sur l’espèce tellement il y en a de différentes, pas moi en tout cas, quelle chance inouïe de pouvoir pécher dans de telles eaux. Mes premiers contacts avec ces monstres ont eu lieu à l’échelle à poissons de Seattle au mois d’août lorsque Olivier, mon frère, est venu me rendre visite avec l’espoir d’ajouter à sa carte de visite ces cinq espèces de saumons, ambitieux mais motivant. Nous avons tout d’abord prospecté les plus grandes rivières en péchant en noyée sans succès.

      Après quelques jours à pêcher aval dans différents cours d’eau d’une taille comparable à celle de la Garonne, le hasard nous fit découvrir un petit paradis, la Sol Duc River, ou des centaines de king étaient rassemblés dans de calmes eaux claires n’excédant pas deux mètres de profondeur rendant la pêche à vue possible, le rêve. Péchant à vue avec des imitations tout à fait différentes, moi optant pour des oreilles de lièvres caquées ou non, Olivier pour des imitations d’œuf ou des mouches fluo, nous avons chacun réussi à ferrer quelques king qui sont capables de vous vider la soie et plus de cinquante mètres de backing sur un seul rush (demandez à Olivier ce qu’il en pense). Première tentative de pêche en nymphe à vue, premiers chants du moulinet et premiers saumons, coup de chance ou non ? Apres cet essai concluant, je me suis mis en tête de ne pécher que les rivières de taille moyenne, à vue et d’abandonner la noyée ou le streamer (d’ailleurs, à ce jour, je n’ai attrapé qu’un seul saumon en noyée et c’était par la manche, sans commentaires).

      La Sol Duc étant une expédition de deux jours, je me suis concentré sur la Sauk River et la Stilligamish (la Stilly est à moins de 80 miles au nord de Seattle) dont le North Fork est en Fly only catch & release entre mars et fin novembre. Après un bref retour en France début septembre, je suis revenu au bord de la Stilly en plein cœur des remontées, les saumons se mêlant aux dolly varden, cutthroat ou même aux steelhead. Vu l’incertitude concernant quels genres de poissons sont présents au jour le jour, vous ne pouvez pas décider de prendre tel ou tel matériel en quittant Seattle un matin d’automne. Personnellement, j’emporte toujours une 10’ #4 équipée d’une DT3 et d’un bas de ligne faisant entre cinq et six mètres cinquante (voir formule) et une 10’ #8 munie d’une WF8 et d’un bas de ligne avoisinant aussi les six mètres. Je transporte la deuxième canne accrochée au sac à dos qui contient le casse-croûte, je n’en suis absolument pas gêné en action de pêche. Casquette vissée sur la tête, lunettes polarisantes sur le nez, une épuisette accrochée au gilet, mon sac, une canne à la main et me voilà prêt à affronter n’importe lequel de ces fabuleux poissons. Si je ne rencontre que des truites ou des saumons de taille modeste, la 10’#4 est le ticket gagnant. Si les saumons présents sont puissants, l’équipement le plus lourd est parfait. J’emporte tout cet attirail car je ne pêche pas souvent à dix mètres de l’endroit où je suis garé, je recherche le calme, l’éloignement quitte à marcher deux ou trois kilomètres, la qualité de la pêche en vaut la peine. j’ai ainsi trouvé de superbes pools qui sont devenus mes favoris mais il faut garder en tête que du jour au lendemain, cent cinquante saumons peuvent être présent dans des pools qui étaient encore vides la veille, j’ai pu vérifier, il ne faut rien négliger et jeter un coup d’œil partout.

      Quels bas de ligne utiliser ?

      Avec une soie DT3 : Mitchell marine 45/100 (85 cm), Mitchell marine 35/100 (60 cm), Mitchell marine 30/100 (30 cm), Maxima 25/100 (30 cm) Maxima 20/100 (50 cm) 16/100 (40 à 250 cm, longueur à ajuster et brins à ajouter si le 16 est la pointe ou si la pointe est en 14, 12, 10 ou 8).

      Avec une soie WF8 : Amnesia vingt livres (85 cm,) Maxima 43/100 (60 cm), Maxima 33/100 (85 cm), Maxima 25/100 (115 cm), Maxima 22/100 (2 à 3 mètres).

      Le Matériel ? très classique ; mais comment pêcher à vue le saumon, comme la truite ? C’est beaucoup plus facile dans le sens où les saumons se regroupent toujours dans les pools les plus profonds et, quelques fois par centaines d’individus. Le repérage pose donc moins de problèmes que celui d’une grosse truite dans un ruisseau pyrénéen surpéché. En se baladant de pools en pools, les pieds au sec, il est possible d’observer ces migrateurs sans les déranger et de leur proposer une nymphe. Le challenge est d’arriver à faire descendre une mouche à deux ou trois mètres de fond après une dérive de cinq mètres au maximum. En effet, je ne sors jamais de soie, je ne pratique que le lancer arbalète pour ne pas effaroucher ces bancs de saumons donc ma dérive est toujours courte et je suis obligé de compenser sur le poids des mouches plus que sur la finesse de la pointe et sur les maigres mending effectués pour permettre à la nymphe de descendre rapidement. Cependant, même sur un hameçon de taille 8 ou 10 comme ceux que j’emploie, la place pour plomber est toujours restreinte. Apres avoir essayé de nombreux modèles de nymphes très différents les uns des autres, j’ai sélectionné un seul genre qui convient très bien aux saumons. J’ai éliminé tous les modèles lisses bien qu’ils coulent rapidement (même non plombés) pour ne retenir que les nymphes à base de poils de lièvre et queue en CDC. Mon modèle de base est une oreille de lièvre non casquée avec une hampe et demi de plomb. Un modèle plus plongeant (pas forcement plus lourd) aura un casque d’or en tête et toujours un sous corps en plomb. La taille des casque d’or est toujours la plus grosse possible et plus ils brillent meilleure sera la visibilité. Il ne faut pas oublier que nous ne cherchons pas imiter une proie mais surtout à teaser le saumon, l’inciter à mordre un corps étranger. A noter que je n’ajoute pas de lest sur le bas de ligne et j’utilise des hameçons sans ardillons.

      Coté pratique, je m’installe à un endroit ou je peux surplomber un pool profond, si les saumons sont la, je jette ma nymphe un peu en amont et je la suis des yeux descendre, descendre, toujours descendre pour arriver au niveau des poissons. Si la mouche est assez plombée ou bien profilée pour atteindre le fond rapidement, j’essaie ensuite de la présenter pile devant la gueule d’un ou plusieurs saumons sur la même dérive. C’est le coté incroyable de cette pêche, on peut espérer séduire plusieurs poissons sur une même dérive, le premier ne prend pas, il reste le second, puis les autres… Cependant, d’autres poissons peuplent la rivière, les truitelles, whitefish ou cutthroat se jettent souvent sur la nymphe dès qu’elle touche la surface, deviant la trajectoire de celle-ci quand ils ne s’y pendent pas. Cet handicap supplémentaire s’avère quelquefois fort utile et aide au suivi de la nymphe, savoir exactement où elle évolue car, autant une truite ne rechigne pas à se déplacer de quelques décimètres pour croquer une nymphe évoluant en dérive inerte, autant le saumon ne bouge pas, il lui faut la mouche sur le nez. Parmi tous ceux que j’ai pu piquer, seulement un ou deux sont venus prendre une nymphe qui arrivait droit sur un autre poisson.

      Si les poissons ne sont pas réceptifs aux dérives inertes, j’essaie une prise induite en relevant la nymphe quand elle arrive devant eux. Souvent, voyant cette mouche leur échapper, les saumons viennent la prendre. Je trouve fascinant de leurrer ces monstres sur des mouches qui paraissent minuscules dans leur bouche, de voir leur réaction à la vue de ce bout de plomb et de poils qui dérive devant eux, de les voir prendre et réagir au moment du ferrage. Il m’est arrive d’observer un chum essayer de prendre ma nymphe plusieurs fois d’affilée sans réussir à la croquer. Apres quelques rates, ce dernier s’est finalement fait piquer et un combat plus axé sur la force que sur la finesse a suivi. A ce propos, j’attire l’attention sur l’importance de porter des lunettes polarisantes de qualité qui permettent de suivre une nymphe sous plusieurs mètres d’eau et pas uniquement de distinguer un poisson comme c’est le cas avec des lunettes bon marché. Bien évidemment, vous n’en avez pas besoin pour observer les poissons les plus faciles à repérer qui sont déjà installés sur les frayères mais inutile de vous conseiller de laisser ces derniers tranquilles.

      King et chum, les plus gros des cinq saumons présents, ne se défendent pas de la même façon. Les king utilisent surtout leur force et vivacité pour se lancer dans de longs rush vous laissant vous inquiéter sur la quantité de backing restante sur le moulinet alors que les chums ne vous mettront que rarement sur le backing (en eau calme en tout cas). Cependant, les chum ont la fâcheuse tendance à tourner autour d’eux même une fois ferrés enroulant le bas de ligne autour de leur corps. Résultat : la même impression que si le poisson était piqué sur le coté et donc un combat plus long et difficile. Ces derniers étant à mon avis de moyens combattants, un jour, je me suis lancé un petit défit : prendre un chum d’une dizaine de livre avec ma 10’ #4 sur seize centièmes. Le premier poisson ferré, un beau mâle de sept à huit livres est venu à l’épuisette non sans mal mais mon pari était gagné. Plusieurs autres saumons plus ou moins gros ont suivi ce premier ainsi que quelques casses plus dues à mon impatience qu’à un départ fulgurant non anticipé. En effet, j’essaie toujours d’abréger les combats et ce même si je suis monté "très fin" m’exposant à une casse prématurée. Les chums ne se défendent pas aussi bien que les king, ce n’est pas du au fait que les poissons attrapes ne soient pas fraîchement arrivés de l’océan mais c’est juste un fait.

      Durant les mois de septembre et début octobre pas trop pluvieux, les eaux sont encore basses et claires favorisant la pêche à vue mais ces conditions idéales ne sont pas toujours réunies. Quand les eaux sont teintées, je pèche à ce que j’appelle nymphe à semi vue. Je distingue le poisson mais il m’est impossible de voir ma mouche ni même le poisson ouvrir sa bouche, je lance une grosse roulette que je fais remonter légèrement quand je pense qu’elle arrive à hauteur du saumon. En général, la prise est très subtile, comme un grattement sur le fil, rien à voir avec les touches brutales faites par nos farios qui nous arrachent parfois la canne des mains au milieu d’un courant soutenu. Malheureusement, cette technique favorise aussi les accrochages pas très catholiques, par la manche mais elle est une des seules valables dans ces conditions critiques.

      Les saumons sont très réceptifs aux nymphes, pourquoi se priver de cette pêche fabuleuse et pécher en noyée, en aveugle ou quasi aveugle ? De nombreux avantages plaident en faveur de la pêche en nymphe à vue : le plaisir de voir le poisson se saisir ou non de la nymphe, voir ses réactions mais aussi le nombre de poissons rates et décrochés est bien moindre qu’avec les techniques traditionnelles comme la noyée ou le streamer. Goûtez une fois à la nymphe à vue, vous ne l’abandonnerez jamais, vous deviendrez inconditionnel comme Olivier et moi. Toutefois, c’est promis, l’an prochain, je me fixe comme objectif d’attraper un saumon en sèche.

      - Le Saumon à la nymphe à vue (Part. 2)

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