Le castor Fiber


    février 2002 par David Synold

       le castor fiber Nous n’avons plus guère l’occasion de croiser cette grosse boule de fourrure, peut-être parce qu’il est très discret, mais sûrement parce qu’il s’est fortement raréfié.

      Le castor Fiber, dit aussi castor européen, rongeur de la famille des Castoridés, peut atteindre en France un poids de quarante kilos pour une taille qui peut atteindre jusqu’à un mètre vingt. Son cousin américain peut, d’après certains récits anciens, dépasser un poids de cent kilos. Le castor vit, en moyenne, une quinzaine d’années.

      Comme tous les rongeurs, il possède une seule paire d’incisives puissantes. Sa queue aplatie, large, en palette écailleuse lui sert de gouvernail. Il possède des orteils palmés qui lui permettent d’atteindre des vitesses de nage de l’ordre de sept kilomètres à l’heure. Le corps de l’animal est recouvert d’une épaisse fourrure, dont la partie ventrale est très dense et qu’il graisse avec ses griffes. Pour ce faire, il utilise une sécrétion de ses glandes anales et préputiales. Ces dernières servent aussi au marquage du territoire.

      Son mode de vie est aquatique et terrestre, les eaux courantes ou stagnantes avec un niveau d’au moins un mètre cinquante, pour peu que la flore alentour se compose de bois tendre et de fourrés, lui conviennent parfaitement. Pour éviter que le niveau de l’eau baisse autour des huttes de branches, lieu de vie de la famille, desservies et reliées par un réseau de galeries, les castors créent des mares artificielles, en construisant des barrages d’arbres et de branchages de plusieurs mètres de long et d’un bon mètre de haut. Ces systèmes parfois complexes de galerie et de huttes servent à plusieurs générations de castors qui les entretiennent et les améliorent au fil du temps. On a aussi constaté que les castors présents sur le Rhône construisent des galeries dans les berges de la rivière, les entrées restant dans les deux cas immergées.

      Les loups et autres grands prédateurs naturels du castor n’étant plus guère présents en France, le castor est un animal qui ne craint que l’homme.

      Il s’unit pour la vie, il s’accouple entre janvier et février dès l’age de deux ans. La femelle porte généralement trois à quatre petits qui après cent jours de gestation, naissent en mai ou juin. Dès la naissance ils ont une fourrure importante et des dents déjà puissantes. La vue, le déplacement et la nage sont innés, mais les petits ne sortent pas de la hutte avant quelques mois. Les jeunes castors restent auprès des adultes durant deux parfois trois années, pour ensuite quitter la colonie et font parfois deux cent cinquante kilomètres pour trouver un nouveau territoire, construire une hutte et se reproduire.

      Côté nourriture, les castors dévorent les plantes rivulaires et aquatiques. Durant l’hiver, ils se contentent de quelques écorces et brindilles et subsistent sur leur réserves de graisse. Les réserves qu’ils ont constitué pour l’hiver sont principalement réservées aux petits, nés à la fin du printemps. Son activité principale est de construire son système d’habitation et de stocker de la nourriture, il est actif la nuit et le jour , s’il n’est pas dérangé.

      Le castor est un exemple assez révélateur de l’incohérence du comportement humain. Ce bel animal qui peuplait toute l’Europe il y a encore quelques dizaines d’années, a tout d’abord été chassé pour des raisons vestimentaires essentielles à la survie des Hommes.

      Lorsque l’intérêt lucratif a transformé sa chasse traditionnelle et parcimonieuse, en chasse rentable et systématique, il en a résulté une réglementation, puis une interdiction de sa chasse, destinées à retrouver une population raisonnable. Comme c’est souvent le cas, les mesures de ce type, en plus d’entraîner un braconnage accru, sont tardives et inefficaces, si l’on ne protège pas le milieu dans lequel évolue l’animal, lui même protégé.

      Mais l’homme n’en est pas resté là, il a décidé de réintroduire le castor dans divers régions d’Europe, dont la France, ne lui offrant pourtant pas vraiment de chances de survie, puisque son habitat naturel qu’est le cours d’eau, n’est toujours pas protégé. La loi des hommes, par son incohérence, condamne les castors, mais aussi bien d’autres espèces, à devenir des animaux dont les derniers survivants n’auront que pour seul habitat .... les zoos.

      A grand renfort de discrétion et de patience, j’ai pu observer ce grand bâtisseur, sur les berges de la Doller, à quelques kilomètres de chez moi. Il commence d’ailleurs à gagner des territoires plus éloignés, puisque l’un d’entre eux à été observé sur un ruisseau du bassin versant de la Thur. Depuis je m’en vais régulièrement le chasser au crayon ou à l’objectif.

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