Le putois


    Une espèce à protéger


    décembre 2002 par David Synold

      Le putois ou Mustela putorius, court sur pattes, avec sa queue touffue et ses taches blanches sur le museau et autour des yeux, est sans aucun doute plus célèbre pour l’odeur nauséabonde qu’il dégage lorsqu’il se sent menacé, que pour son aptitude à réguler les populations de rongeurs, et plus particulièrement des surmulots qui sont des proies dites dangereuses et donc délaissées par les chats sauvages et domestiques. Si j’ai décidé de vous parler de ce petit mammifère qui affectionne les berges de nos rivières et ruisseaux, c’est uniquement pour vous faire partager mon désarrois devant la décision, d’un de nos nouveaux ministres.

      Aujourd’hui, en 2002 et malgré l’annexe III de la convention de Berne qui protège ce mammifère, le gouvernement français, décide de le classer nuisible et d’autoriser sa chasse et son piégeage. Cet animal, solitaire et discret, est désormais amené à disparaître ; à la pollution et à la disparition de son habitat naturel on ajoute une autorisation "d’abattage". A l’heure où les cormorans retrouvent leur chemin jusqu’ aux bords de nos rivières et ruisseaux de première catégorie, la mesure contre le putois me fait sourire et m’inquiète !

      On connaît couramment le putois, grâce à son masque typique, former par des taches situées sur sa tête. Ces taches de ton clair, varies du blanc au jaune sale et sont localisées au niveau des cotés du museau, au dessus des yeux et sur le bord des oreilles. Malheureusement ce signe distinctif n’est pas généralisé, puisque certains putois sont entièrement noirs. Il fait parti des rares mammifères à avoir le ventre plus foncé que le dos. Effectivement, son ventre est noir, ses flancs jaunâtre et son dos plutôt brun. Il possède aussi une queue plutôt courte et entièrement couverte de poils. Comme chez beaucoup d’autres mammifères, on différencie le male de la femelle par leur taille et leur poids. En moyenne, on peut dire que le mâle pèse le double de la femelle et que sa taille est d’un huitième supérieure ; cette taille et ce poids n’est définitive que dans sa troisième année d’existence. Pour ce faire une idée plus précise, et ne pas le confondre avec son cousin le Blaireau (plus gros), sa taille se situe entre celle de de la belette et de la martre. L’espérance de vie des putois se situe aux alentours de cinq ans, mais certaines études démontrent que plusieurs individus dépassent les dix années de vie.

      Les secteurs que fréquente le putois sont très variés, puisqu’on le retrouve partout en France - excepté en Corse -, aussi bien en plaine, qu’en montagne jusqu’aux environs de deux mille mètres d’altitude. Sa préférence va généralement vers les régions humides, il apprécie les berges de nos rivières. Durant l’hiver, il rejoint volontiers les secteurs légèrement urbanisés, où il fréquente les granges, les tas de bois et les étables où il chasse les petits rongeurs. Le putois n’est pas difficile quant à son gîte, il se contente généralement d’un terrier abandonné, d’une souche creuse ou d’un tas de bois ou de branches.

      Ce petit animal reste un prédateur, il se nourrit essentiellement de petits mammifères. Les rongeurs, tels les campagnols, les souris, les surmulots et les rats, constituent l’essentiel de son alimentation. Il ne dédaigne pourtant pas ajouter quelques oiseaux, amphibiens et poissons à son menu.

      Le putois, à l’exception de la période de reproduction, reste un solitaire. Sa maturité sexuelle s’effectue autour de son neuvième mois de vie, les couples se forment en mars ou avril. Après l’accouplement, le mâle quitte la femelle qui commence alors une gestation d’environ quarante jours ; quatre à six petits naissent entre mai et juin. Aveugles et tout blancs, les petits putois mettront trois mois à acquérir leur autonomie.

      Comme c’est le cas pour de nombreuses espèces, le putois se raréfie... victime de maladies et autres parasites. Il est pourtant difficile de s’en rendre compte puisque la discrétion reste son meilleur moyen de protection. La disparition du lapin de garenne, la modification et la disparition des milieux humides, la pollution de l’eau font des ravages dans les populations de putois. Mais c’est sans aucun doute l’homme, avec ses pièges, qui décime une population déjà bien affaiblie.

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