Gilbert Fournier


    Président des Guides au Saumon de Matane


    février 2003 par David Synold

      Gilbert FournierJuste avant l’ouverture du salon de l’Espace Auteuil, "Le monde de la pêche à la mouche", il m’est apparu comme une évidence de donner la parole à Gilbert Fournier, Président de la Société de Guides au Saumon, ami personnel et fidèle lecteur d’Echos Mouche.
      Comme il le fait depuis plusieurs années, il présentera sa société, et plus largement la pêche du saumon pacifique en Gaspésie, lors de ce salon. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, qui n’ont pas encore eu l’occasion de le rencontrer, ou qui doute que l’on puisse se faire plaisir sur les rivières de Gaspésie, c’est bien volontiers qu’il s’est prêté à notre jeu de questions/réponses.

      EM - Gilbert, pour ceux qui ne te connaissent pas, peux-tu te présenter quelques lignes ?

      GF - Natif de Matane en Gaspésie au Québec, j’ai passé ma jeune enfance en bordure de la rivière où j’ai développé ma passion pour la pêche à la mouche et pour la pêche sportive du saumon atlantique en observant les pêcheurs américains pratiquer cette discipline près du barrage face à ma demeure. Amant de la Nature et de l’ Environnement, j’ai parcouru les rivières de la Gaspésie durant les trente cinq dernières années. Aujourd’hui à la retraite, je partage mes connaissances, mon expertise et surtout mon plaisir avec les pêcheurs sportifs faisant appel à mes services de guide et désirant maximiser leurs chances de rencontrer le "roi des rivières québécoises ".

      EM - La socièté des Guides au Saumon de Matane c’est quoi ?

      GF - C’est avant tout une entreprise détenant un permis de pourvoirie # 01-595 de la Société Faune et Parcs du Québec lui octroyant le droit d’offrir des services comme l’ hébergement, les repas, les permis, le transport aux sites de pêche, le transport aller-retour aux aéroports régionaux, l’équipement, la formation et surtout les services de guides dans la pratique d’activités entourant la pêche sportive sur tout l’ensemble du territoire de la Gaspésie....Créé en 1995, le concept est d’offrir l’encadrement aux pêcheurs non-résidents du Québec avec des forfaits tout-inclus, leur évitant ainsi une perte de temps avec les modalités d’exploitation, de réservation et de tarification...... toutes différentes d’une rivière à une autre.

      EM - Pourrais-tu nous situer plus précisément Matane ?

      GF - Matane est une ville industrielle située sur le côté nord de la péninsule de la Gaspésie. Sise à environ 600 kilomètres à l’est de Montréal par voie terrestre, Matane doit sa réputation à sa rivière qui fut la première " ouverte au public " il y a une cinquantaine d’années. Sa grande accessibilité lui vaut la renommée de rivière-école car de nombreux pêcheurs y ont capturé leur premier saumon !

      EM - www.saumon-gaspesie.qc.ca est l’adresse de ton site Internet. Peux tu nous expliquer ce que cette vitrine sur le Net peut apporter à la fois à la Socièté des Guides au Saumon de Matane mais aussi à ceux qui le visitent ?

      GF - Comme son nom l’indique, le site vise à localiser la place d’affaires et les lieux d’exploitation de la Société de Guides au Saumon. Les utilisateurs peuvent y retrouver un ensemble d’informations allant de la situation géographique ( cartes ) jusqu’à la réglementation..... en passant par les services offerts par mon organisme. C’est le premier outil de communication que les pêcheurs consultent avant d’entrer en contact directement avec moi par courrier électronique afin de planifier un éventuel séjour de pêche dans ma région.

      EM - Quelles sont les meilleures périodes pour pêcher le saumon sur les rivières de Gaspésie ?

      GF - Je suis tout de suite enclin à affirmer que c’est lorsque " le pêcheur met sa mouche à l’eau " pour employer une expression populaire. Pour les pêcheurs sportifs " confirmés ", le début de saison ( juin ), si les conditions sont bonnes, est la période recherchée car ce ne sont que les grands saumons qui remontent en premier dans leurs rivières natales. Le poisson est vigoureux, vif et argenté et les combats sont mémorables dans des eaux normalement plus hautes qu’en pleine saison. D’autre part, les mois d’août et septembre sont plus accessibles parce qu’il y a déjà plus de saumons dans les rivières et souvent moins de pêcheurs, car la période des vacances ( juillet ) est terminée au Québec. En fin de compte, tout dépend des priorités et des disponibilités de chacun. Pour ma part, il y a toujours possibilité de fréquenter une rivière productive à toute période pour autant que le saumon y soit présent, bien sûr !!!

      EM - Tu seras présent cette année encore au salon "Le monde de la pêche à la Mouche" les 7-8-9 février prochain.Je sais on attachement à ce salon et que tes rencontres avec les pêcheurs français, datent déjà de quelques années. Pourrais- tu nous expliquer pourquoi ?

      GF - D’entrée de jeu, c’est la passion qui anime les pêcheurs français et même européens ! Cette passion que je partage avec eux depuis les dix dernières en passant de belles journées en leur compagnie sur les rivières de la Gaspésie. Il est " contagieux " de fréquenter des pêcheurs sportifs dont les premiers critères sont la beauté naturelle des sites de pêche, le respect de l’environnement, la découverte de nouvelles techniques de pêche, l’esprit sportif et de conservation qui les animent par la pratique de la remise à l’eau ( No Kill...) et surtout le contact avec la Nature.
      Je ne peux passer sous silence les émotions partagées avec ces derniers lors d’un combat avec ce poisson dont ils ont un respect exemplaire.

      EM - Connais-tu personnellement quelques rivières françaises ? Si oui, lesquelles ?

      GF - Malheureusement, je n’ai pas fréquenté aucune rivière de France car mes séjours sont de trop courte durée. Pour les avoir vu et avoir marché en bordure, j’ai visité le Gave de Pau, la Sorgue, le Rhône, l’Allier et plusieurs rivières de Normandie où j’y ai quelques amis.

      EM - Je connais ta gentillesse, ton attachement aux valeurs d’une pêche raisonnée et tes compétences. Est-ce un art de vivre que l’on retrouve chez tout nos amis québécois ?

      GF - Très bonne question et surtout judicieuse. Pour être franc et sans vouloir décevoir les lecteurs, je ne crois pas que c’est devenu un " art de vivre " chez tous les québécois que la pêche sportive du saumon atlantique au Québec. Beaucoup trop de pêcheurs, soit-disant sportifs, ont encore cette mentalité de " prélever " depuis les 25 dernières années, soit depuis 1977, année où le gouvernement a " démocratisé " l’accès aux rivières en les rendant publiques. _ À cette période, les pêcheurs " locaux " y ont vu une opportunité de pêcher " à volonté " et sans quota.... des grands géniteurs. Ce n’est qu’en 1984 que le gouvernement a instauré la limite de captures à 7 saumons annuellement par pêcheur. Depuis, il n’y a pas eu d’éducation et/ou de sensibilisation ou alors très peu notable.....à la conservation de la ressource par et pour les pêcheurs sportifs. Quelques associations de pêcheurs à la mouche du Québec et la Fédération québécoise pour le saumon atlantique font certains efforts pour la relève. À mon humble avis, il faudra au moins une autre génération pour que cela devienne un " art de vivre " et ça, nous pourrions en discuter pendant bien longtemps !!!!

      EM - Une question que tout le monde se pose sans doute : , peux-tu nous donner un ordre de prix pour un séjour de pêche en Gaspésie ?

      GF - Pour environ plus ou moins 200 euros par jour, mon organisme offre à un pêcheur le forfait tout-inclus.....et il est possible de personnaliser ce forfait aux attentes et aux besoins de chacun.

      EM - Quelle question ne t’ai-je pas posée et que tu aurais aimé voir figurer dans ce questionnaire ? Comment y aurais-tu répondu ?

      GF - Je crois bien que tu as fait le " tour du jardin ou de la rivière". Mille mercis !

      EM - Gilbert, c’est moi qui te remercie d’avoir bien voulu répondre à ces questions. Je rappelle que tu es disponible au Salon "Le monde de la pêche à la Mouche" les 7-8-9 février prochain à l’Espace Auteuil à Paris. Je t’y souhaite un franc succès et ne me fais aucun soucis à ce sujet tant ta gentillesse, ta convivialité et tes compétences ont déjà fait le tour de l’hexagone.

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