Impressions d’une femme de moucheur


    Evaluez votre potentiel


    mars 2003 par Solange Bellot

      La pêche à la mouche ? Jamais entendu parler ! « La pêche, c’est pour les vieux ! », ai-je pensé lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois. Puis, je me suis rappelé du film « Et au milieu coule une rivière » et j’ai tout de suite eu une vision plus romantique de ce sport ! Peut-être avais-je rencontré mon « Brad » à moi...

      Le temps a passé et maintenant, je connais bien toutes les caractéristiques du « fly fishing » et aussi tous ses avatars. Alors, j’ai eu envie de m’adresser à vous, compagnes de pêcheurs qui comprendrez sans doute chacune de mes impressions pour les avoir ressenties vous aussi et de vous proposer un petit test.

      Tel un magazine féminin qui teste votre jalousie ou votre sex-appeal, j’aimerais vous proposer, Mesdames, un questionnaire qui vous permettra d’évaluer vos compétences.

      Etes-vous une bonne compagne de pêcheur à la mouche ?

      Cochez les solutions qui conviennent à votre expérience.

      - De juin à octobre, vous passez au moins 2 soirées par semaine seule devant votre télé alors que votre pêcheur de mari reste dans son coin, derrière son étau à fabriquer de merveilleuses petites bêtes de toutes les couleurs.
      - Vous retrouvez souvent au milieu de votre salon ou dans votre lit des plumes roses, jaunes, grises, ... envolées au gré des courants d’air de la maison.
      - Vous passez vos dimanches seule, sans parler à personne du lever au coucher.
      - Vous ne pouvez plus inviter qui que ce soit les samedis soirs, veilles de jour de « compet » !
      - Vous êtes excédées par les appels téléphoniques qui durent des heures pour s’échanger les infos de première importance : profondeur, couleur et état de l’eau, dernières nouvelles sur la « mouche qui marche, si si je te jure, c’est celle qui marche, je le sais de source sûre ... » ou sur la prodigieuse nouvelle canne en titane.
      - Vous êtes fréquemment réveillée à 5 heures du mat’ par les préparatifs enfiévrés du pêcheur sur le départ.
      - Vous êtes obligée de passer votre samedi dans tous les magasins de pêche de la région.
      - Vous vous étonnez en voyant les relevés bancaires avec les décomptes pour des achats pêche, toujours indispensables bien sûr.
      - Vous prêtez votre carte de crédit parce que Monsieur n’en a pas pour qu’il s’abonne à un magazine en Angleterre ou commande du fil en Bretagne, parce que ici, il est impossible de trouver tout cela !
      - Vous lui offrez à chaque occasion (anniversaire, Noël, fête, ...) un nouvel étau, de supers lunettes polarisantes, des waders en néoprène, la canne dernier cri, le moulinet à la mode, le livre de Bob Church, une réserve d’hameçons Kamazan B100, ...
      - Vous êtes obligée d’exposer les coupes, trophées de pêches miraculeuses, en bonne place dans la maison.
      - Vous devez mettre un cierge et avoir une pensée positive à chaque manche de championnat.
      - Vous retrouvez les cannes à pêche dans la baignoire pour que celles-ci prennent un bain d’eau douce.
      - Vous supportez l’humeur massacrante du guerrier après une journée de « capot ».
      - Vous devez admirer les mouches merveilleuses concoctées par votre cher et tendre et l’assurer que sa création ressemble au modèle original vu dans le livre.
      - Vous passez des heures au bord de l’eau à lire, sans bouger, sans porter de couleurs criardes et surtout sans parler trop haut à attendre que les gobages soient finis.
      - Le choix du lieu de vacances est conditionné par la présence de rivières ou de lacs propices à son activité préférée.
      - Vous devez aller à la poste chercher ce merveilleux permis de pêche parce que Monsieur n’en a pas le temps et qu’il le faut absolument pour samedi, jour de l’ouverture.
      - Vous vous faites réprimander par le garde-chasse parce que vous accompagnez un pêcheur qui pêche le 1er mai, alors qu’on rempoissonne ce jour-là et que l’imprudent a omis de lire toutes les remarques imprimées en « times 4 » dans le règlement de la société de pêche.
      - Vous achetez du poisson chez le poissonnier parce que le bon pêcheur est celui qui ne braconne pas et qu’il faut respecter la nature et rejeter les superbes truites durement attrapées.

      Totalisez le nombre de propositions cochées. TOTAL : ..........

      Résultats : en fonction du nombre de réponses choisies, évaluez votre potentiel à être une femme de pêcheur !

      - Entre 0 et 4 : Etes-vous sûre qu’il pêche à la mouche ? Lors de sa prochaine sortie pêche, vous feriez peut-être bien de vérifier qu’il est au bord du lit ... d’une rivière avec une canne dans la main et pas ailleurs.
      - Entre 5 et 9 : Soit, votre mari est un débutant, soit il n’est pas très acharné. Il faudrait le dissuader de persévérer dans ce sport ou lui payer des cours de perfectionnement. Tendez donc à la perfection ou à l’abandon !
      - Entre 10 et 14 : Vous êtes sur la bonne voie. Il vous reste quelques expériences à vivre avant d’obtenir le diplôme de la parfaite compagne de sportif. Continuez !
      - 15 et plus : Alors là, bravo ! Vous irez au paradis ! Vous connaissez toutes les ficelles du métier et vous avez une longue expérience. Encore un effort et votre compagnon pêcheur vous remerciera et se rendra compte de la chance qu’il a de partager sa vie avec vous ! A l’occasion, il vous offrira peut-être un bouquet de fleurs.

      Si j’ai dépeint là un portrait caricatural du pêcheur à la mouche, je n’en aime pas moins ce sport et ses pratiquants. Toutes les passions sont merveilleuses et aborder la pêche à la mouche dans un esprit sportif, respectueux de la nature et convivial me paraît un excellent moyen d’oublier la vie effrénée que nous menons et de s’évader dans une activité pleine de surprises.

      J’ai rencontré des tas de pêcheurs sympas, vécu de bons moments au bord de l’eau à bronzer en observant ces drôles d’extra-terrestres à lunettes et en voyant leur sourire éclatant à la prise d’une belle truite ou d’un ombre après de longues minutes d’observation et d’approche.

      Alors messieurs continuez, mais de temps en temps pensez à votre chère et tendre qui doit vivre avec vous et n’oubliez pas de la remercier pour le soutien et la gentillesse dont elle fait preuve tout au long de la saison de pêche !


      Article reproduit avec l’aimable autorisation de de Solange Bellot et de CSPM News, le bulletin d’information de la Commission Sportive de Pêche à la Mouche - Fédération Belge francophone de Pêche à la Mouche.

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