Collectif National Barrages


    Appel à la création d’un collectif


    mars 2003 par F.F.P.M.L Environnement

      Alors que l’on ne cesse de nous parler de développement durable, on ne peut s’intéresser à l’actualité de l’eau sans être confronté régulièrement à de petites et grandes atteintes à l’environnement aquatique par toutes sortes de barrages existant ou même à venir. Un exemple de cette actualité ? Le sud-ouest de la France...

      — une série de catastrophes écologiques baptisées « transparences » sur l’Ariège, sur l’Aston, sur le Lez, sur la Garonne, sur la Vézère, ...
      — des éclusées qui limitent la reproduction de la truite, de l’ombre et de l’emblématique saumon sur les bassins de l’Adour, de la Garonne ou de la Dordogne,
      — deux projets de grands barrages pour l’extension des cultures irriguées du maïs (Charlas en Haute Garonne et le Gabas dans les Pyrénées Atlantiques ).

      Malheureusement, c’est l’ensemble de nos bassins versants qui est concerné par les conséquences de ces barrages au demeurant souvent mal conçus (et généralement mal gérés) dont la productivité se fait au dépens des cours d’eau aval, qui subissent éclusées, assecs, vidanges ou modifications des régimes hydrologiques sans aucun souci de l’écologie de l’hydrosystème. On assiste alors à de profondes dégradations des cours d’eau. Parfois même, force est de constater d’irrémédiables altérations de certaines de nos rivières.

      Actuellement, dans la quasi-totalité des cas, les collectivités doivent réaliser de lourds investissements, pour tenter de compenser les effets de ces équipements de manière à limiter l’aggravation des crues, pour protéger les populations riveraines, pour essayer de redonner vie à des rivières (que l’on confond trop souvent avec des canalisations à ciel ouvert...) ou encore pour limiter les effets de morphodynamiques fluviales catastrophiques.

      Face à cela, ne doit-on pas chercher à limiter en amont ces coûts collectifs, c’est-àdire à rechercher des modes de gestion plus respectueux des cours d’eau ? En outre, pourquoi les finances publiques devraient perpétuellement se substituer à celles des fautifs pour compenser, et encore incomplètement, les effets de gestions hasardeuses ou parfois de choix irresponsables mais volontaires ? Aujourd’hui, pêcheurs et protecteurs de la nature doivent s’associer car nous ne pouvons laisser piller éternellement notre patrimoine aquatique naturel, pillages appuyés sur des mensonges éhontés.

      D’autres méthodes de gestion des équipements existent. De nombreux spécialistes ont déjà démontré que techniquement il est souvent possible de rendre la présence de barrages beaucoup moins pénalisante pour les écosystèmes, sans même remettre systématiquement en cause la rentabilité ou la finalité des ouvrages. Nous n’imposons pas le choix entre les barrages et la bougie... comme le prétendent certains représentants, plus ou moins avoués, du lobby des hydroélectriciens. Toutefois, nous ne pouvons pas cautionner l’idée que le progrès passe par des aménagements nouveaux.

      Pour ces raisons, il est vital qu’une force se mette en place, d’une part pour imposer que la loi soit appliquée partout, et pour tout le monde, et d’autre part pour qu’une réflexion globale soit lancée afin que les barrages puissent s’intégrer, quand cela est possible, dans un vrai modèle de développement durable. Sinon, nous ne pourrons qu’avoir pour objectif le démantèlement pur et simple des ouvrages en cause, comme l’abandon de tous les projets contraires à la raison.

      Dans un premier temps, les objectifs de ce collectif seront triples.

      — En premier lieu, les pratiques lourdement pénalisantes pour l’environnement seront dénoncées par des campagnes dans les médias (presses, télévision, internet, radio, ...), mais aussi en interpellant les représentants de l’Etat, jusqu’au plus haut niveau. Pour ce faire, le collectif pourra interroger ou dénoncer par le biais de courriers ou encore de pétitions.

      — En second lieu, un dossier technique sera élaboré pour proposer une autre gestion des barrages et usines hydroélectriques, plus respectueuse des milieux aquatiques. La rédaction de ce dossier réunira des spécialistes incontestés des différents domaines concernés hydrobiologistes, ichtyologues, hydrologues, hydrauliciens, physiciens, géomorphologues, gestionnaires de la pêche,
      juristes, etc.) pour qu’enfin la gestion de ce domaine puisse reposer sur des bases sérieuses.

      — En dernier lieu, un site internet complété de forums sera rapidement créé pour faire connaître notre action, pour diffuser nos informations. Il servira, de plus, de moyen de communication interne grâce à un forum privé, accessible
      seulement aux membres du collectif.

      Pour que vivent nos rivières, rejoignez-nous !
      Réunion le 29 mars 2003 à Toulouse.

      Pour plus de renseignements :
      cte.ffpml@tiscali.fr ou François Cartault
      26 rue de Montcabrier
      31500 Toulouse

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