Le lac du Trebens


    Quand la Belle du Trebens tombe sur un sedge noir


    26 août 2005 par Fabien Francès

      Samedi 25 Juin 2005 - 6h50 - Heure locale - Lac du Trebens (2310m) Massif du Carlit - Cerdagne

      lac du Trebens
      Jean Pierre Bernard, vice-président et membre du Club Mouche Solérien, est un passionné, il pêche comme il respire depuis des années. Comme nous tous, il espère, il rêve du "Graal", de ce poisson imaginaire qui hante nos veilles de sorties de pêche. Car quoi qu’en disent certains, on est tous des enfants devant cette mère nature qui nous gâte de ses trésors, et chaque pêcheur dans son âme, espère un jour, de capturer la truite de ses rêves.

      Le chemin est long, depuis le moulinet, jusqu’au bout de la soie, depuis le premier lancer, jusqu’à la maîtrise de l’Art, car c’est bien de cela dont il s’agit ! Ce n’est pas un "coup de bol", ce n’est pas seulement être là au bon moment. C’est aussi, et tout bon moucheur le sait, une traque patiente, un sens aigu de l’observation, une pratique éprouvée, chaque geste à sa place et au milieu attendent les lacs...

      Tous ces contours et détours pour vous faire patienter, vous faire rêver encore, ce matin là, il faisait 14° au panneau lumineux qui mène aux Bouillouses, temps clair. Nous arrivons à 4h20 et nous montons rapidement au Trebens où les lueurs de l’aube arrivent à peine quand nous posons nos sacs à 5h40 au déversoir.
      Des gobages épars s’étendent jusqu’à la sortie d’eau où une grosse chasse.

      Nous préparons nos cannes, après quelques essais près du déversoir, les gobages s’espacent et nous tentons de trouver la bonne mouche, Pierrot décide de faire la bordure gauche.

      lac du Trebens Alors que je montais une émergente, abasourdi par le bruit de l’eau, j’entends siffler, puis en levant la tête, je vois Pierrot, toujours aussi jovial, qui m’appelle d’en face, je capte mal ses propos..."...puisette...trente...", l’eau m’empêche de bien saisir, il me demande une épuisette ! Je n’ai pas d’épuisette, je cherche dans son sac en vain, puis mon regard se dirige à nouveau vers Pierrot, la canne "blindée" vers la surface de l’eau, m’incite à courir pour voir et l’aider si possible.

      Lorsque j’arrive, Pierrot est excité et tendu comme la canne, "elle fait au moins 55 cm", je ne la vois pas, le fil zigzague doucement, elle sonde. Puis j’aperçois sa tête et sa gueule, non, elle fait plus que 55 cm avec une gueule aussi large ! Je m’accroupis au plus près de l’eau, les bras ballants dans l’eau du lac, "tu vas te geler" me dit Pierrot, qu’importe, "pas grave, amène-là entre mes mains" lui dis-je.

      Plusieurs allers-retours sont nécessaires, heureusement pas violents, puis elle arrive, mais voit ou sent mes mains et tourne au dernier moment, après deux autres essais, elle arrive enfin face à moi, les ouïes ? Je n’ai pas le choix, c’est pas possible, ce sera la gueule, je la prends fermement par les mâchoires avec les pouces dans sa gueule. Ça y est ! Elle est au sec ! "Elle fait au moins 60 cm" dit Pierrot, "Plus ! " lui dis-je. Après mesure, elle fait 71 cm ! Regards... Sourire et satisfaction...Bonheur !


      Pendant que le Président se repose, le vice-président prend de l’avance !

      Vous le savez tous, la pêche, c’est une histoire de jour : avec ou sans. Les jours "sans", on profite de la balade, de la montagne, on mange entre amis et on fait quelques fois une bonne sieste bien méritée. Comme a pu le faire François, Président du Club, récemment lors de l’ouverture.

      Mais ensuite il y a les jours "avec", ceux où on se lève avec la même envie, ceux que l’on dit différents le soir venu, après les évènements de la journée.

      Par boutade et par sympathie avec ces deux amis que sont François et Pierrot, on pourra dire que le président dort pendant que le vice-président prend de l’avance... ou à charge de revanche François, c’est tout le mal qu’on vous souhaite à tous pêcheurs et membres du Club.

      - Fab66 : Pierrot, explique nous comment ça c’est passé ?

      Pierrot : J’avais décidé de faire la bordure, après le névé, derrière la petite arrivée d’eau, je vois un beau remous, uhh ! Celle-ci doit être belle. Je m’approche, je me place, puis cette fois je vois carrément le rostre qui sort de l’eau et gobe ! Impressionné, je pose mon sedge noir à 1 mètre devant, j’attends et je la vois gober "ma" mouche ! Je ne l’ai pas ferré, trop peur de casser, j’ai simplement levé la canne fermement.

      - Fab66 : Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête ?

      Pierrot : Comment la sortir ? Est-ce que la pointe en 14/100 va tenir, est-elle bien accrochée, je m’attendais à la décrocher, peur d’avoir un départ puissant, au lieu de ça elle a sondé, elle utilisait son poids, la canne était "blindée". J’ai appelé Fabien, il ne comprenait pas avec le bruit de l’eau, puis ensuite il est venu en courant.

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