Science et cycle de vie des insectes


    mars 2003 par David Synold

      La science des insectes, l’entomologie n’est pas forcément une connaissance nécessaire au pêcheur. Si la grande majorité des pêcheurs à la mouche sont capables de distinguer, au stade adulte, un trichoptère, un plécoptère ou une éphémère, lorsque l’on passe au stade larvaire, les choses se complique un peu, et quand on parle de nom scientifique, il ne reste alors que quelques scientifiques, quelques érudits ou quelques passionnés. Heureusement, cela ne nous jamais empêché de monter des mouches, de pêcher et de prendre du poisson avec ... parfois moins que l’on voudrait, mais ainsi va la pêche.

      Personnellement, je suis intimement convaincu que l’entomologie, pour peu qu’elle reste un plaisir, devient vite un atout dans notre façon de pêcher car elle permet de reconnaître rapidement l’insecte et le stade auquel le poisson jette son dévolu et de cette manière lui proposer l’artificielle la plus appropriée. Prendre un poisson difficile qui vous contraint à faire travailler vos connaissances apporte une réelle satisfaction.

      Pour ceux qui frissonnent à la moindre évocation entomologique, ces quelques pages concernant la science des insectes, ont pour but de nous réconcilier avec elle. Les photos, croquis et aquarelles qui les illustrent, vous feront passer un bon moment, en espérant que mon approche toute personnelle conviendra au sujet que j’ai volontairement limité aux seuls insectes ayant un intérêt même occasionnel pour le poisson gobeur...

      Nous découvrirons au fur et à mesure des mois, les différentes facettes de nos insectes préférés, ceux qui font de nos parties de pêche, un véritable plaisir.

      Introduction aux Insectes

      Quatre vingt pour cent des espèces animales connues à ce jour sont des insectes. Méconnus, méprisés, craints ou ignorés ils sont victimes de leur réputation et de leur taille insignifiante à l’échelle du monde. L’inventaire de cette grande famille est loin d’être définitif et on en découvre chaque année de nouveaux spécimens. On annonce d’ailleurs un total de 1 000 000 d’espèces, mais ce chiffre est loin d’être figé.Dans le règne animal, les insectes représentent environs 4/5ème des espèces connues est sont divisés dans une douzaine d’ordres. Les insectes sont des organismes ovipares (qui se reproduisent par la ponte d’œufs), et utilise deux type de reproduction, qui sont différencier dans le chapitre « le cycle de vie ». La France compte environ 60 000 espèces d’insectes et c’est dans ce vaste "réservoir" que certains poissons puisent une partie non négligeable de leur alimentation. Les insectes qui nous intéressent, nous pêcheurs à la mouche, sont principalement les Éphéméroptères, Trichoptères, Plécoptères et les Diptères. Mais durant de courtes périodes, les poissons se nourrissent de Coléoptères, Mégaloptères, Hyménoptères, Lépidoptères et Ensifères. Parmi eux on retrouve des insectes aquatiques qui vivent l’essentiel de leur existence sous l’eau avant une transformation en insecte ailé. Leur vie est courte, le temps de s’accoupler, de pondre et de mourir.Parmi les insectes terrestres qui nous intéressent peu d’entre eux vivent sur l’eau mais ils y sont amenés par le vent, le besoin d’eau ou simplement par leur vol un peu lourd. C’est le cas de certains diptères. Les autres insectes que nous imitons sont généralement des sauterelles, grillons, hannetons, fourmis et mouches de maison.

       science et vie des insectes On considère que, depuis longtemps, l’éphémère est l’insecte phare de la pêche à la mouche et en est devenu l’emblème. Cet envoûtement directement importé de Grande Bretagne comme tant d’autres idées reçues, n’est pas, à mon humble avis, partagé par les truites de nos régions.
      Malgré son incontestable beauté et son vol délicat, elle ne constitue qu’une faible partie de l’alimentation de la truite, qui s’en régale lors d’éclosions massives, comme celles des "mouches de mai".

      Cet état est un fait maintes fois confirmé par l’observation régulière des proies présentes dans l’estomac des poissons prélevés pour l’assiette ou ponctionnées à la pompe stomacale. Je peux en outre préciser que l’alimentation de ces derniers, qu’ils soient slovènes, autrichiens, alsaciens ou franc comtois, se compose principalement en ce qui concerne les insectes, d’une majorité de trichoptères larves, nymphes et insectes parfaits confondus. Pour s’en persuader un peu plus il suffit d’observer la sélection précise d’une truite en activité.

      Le cycle de vie

      Après l’accouplement, l’insecte femelle pond des oeufs. Elle les dépose généralement dans un endroit où ils seront à l’abri et où les larves trouveront de la nourriture dès qu’elles sortiront de l’oeuf. Cela peut être sur une plante, dans l’eau, dans le sol.

      Pour tous les insectes ailés la vie commence par l’oeuf, mais ensuite le développement de la larve se fait différemment selon les espèces.

      L’oeuf éclot pour donner naissance à une larve. Ces larves d’insectes dites holométaboles comme les Trichoptères, les Coléoptères, les Mégaloptères, etc. ont un aspect très différent de celui des adultes. La larve grandit par mues successives et son unique activité consiste à se nourrir pour grandir. Lorsque sa croissance est terminée, la larve se fixe sur un support ou s’immobilise dans le sol et s’entoure d’une enveloppe protectrice : la larve est devenue une nymphe que l’on appelle aussi une chrysalide. A ce stade, les organes de l’animal vont totalement se réorganiser pour former l’insecte adulte, c’est la phase de métamorphose. Cette phase est terminée, l’enveloppe de la chrysalide s’ouvre pour libérer l’insecte adulte nommé imago. Lorsque le développement de l’insecte suit ces différentes étapes, on dit qu’il y a métamorphose complète.

      Pour d’autres insectes dit hémimétaboles comme les éphémères, le développement se fait différemment. Lorsque l’oeuf clôt il donne naissance à une larve qui ressemble déjà à l’adulte mais qui ne possède pas d’ailes. La larve grossit et grandit en subissant plusieurs mues successives. Au fur et à mesure de ces mues, des ailes se développent jusqu’à être définitivement formées au moment de la dernière mue. A ce moment, il y a passage du stade larvaire au stade adulte. L’imago lui ne grandira plus. Lorsque la larve se transforme directement en adulte sans passer par le stade de chrysalide ou de nymphe, on parle de métamorphose incomplète.

      science et vie des insectes

      Répartition des l’insectes

      Pour les insectes aquatiques, la répartition se fait selon 5 critères, qui sont tous dépendant les uns des autres.
      La répartition selon le substrat :

      Si la majorité des insectes sont ubiquistes (ubiquité), est peuvent donc vivre partout dans le cours d’eau , un grand nombre d’entre eux ont des préférences marquées quand aux différents substrats présents dans le cour d’eau ;

      Substrats durs, composés de dalles, blocs pierres ou cailloux.
      Substrats meubles, composés de graviers, sables ou limons.
      Végétal, comme les algues ou les mousses.
      Organique, comme les débris, les branchages ou les feuilles mortes.

      La répartition suivant le profil longitudinal :

      Si les insectes sont pratiquement inexistant au niveau de la source - région dite du Crénon, ils se répartissent selon leur besoins et préférences dans des domaines comme la nourriture, le courrant et la température, sur le cour supérieur et moyen dit Rhitron ou sur le cour inférieur dit Potamon.

      Répartition en fonction de l’épaisseur d’eau :

      Même s’ils vivent une grande partie de leurs vies totalement immergés, ce ne sont pas les mêmes insectes qui colonisent les fines couches d’eau et les couches plus épaisses.
      Répartition en fonction du courant ;
      On différencie les insectes qui colonisent les courants forts ou moyens, des insectes qui colonisent les secteurs à courant faible ou nul, comme c’est le cas dans les lacs et réservoirs. Les premiers sont réunit sous le titre de « rhéophile », les seconds sous « limnophile ».
      Répartition selon le taux de pollution ;

      Cette répartition est la plus emblématique de toutes, puisqu’elle dépend entièrement de l’homme et de ses activités... Il en résulte des disfonctionnements graves qui perturbent l’écosystème et créent des zones ou les insectes naturellement présents sont généralement remplacés par une majorité d’insectes comme les chironomes.

      Mode de nutrition

      Les insectes sont équipés d’appareils buccaux (voir chapitre Appareils buccaux) qui définissent leurs modes nutritionnels.
      Les broyeurs, les brouteurs, les racleurs de substrat, les mangeurs de substrat et les filtreurs, forment l’ensemble des types d’insectes.

      Anatomie de l’insecte

      L’organisation de l’anatomie interne des insectes est très particulière, on peut y distinguer six grands systèmes fonctionnels. Cinq de ces systèmes sont détaillés sur le croquis suivant, le système respiratoire a été volontairement omis pour que la lecture soit simplifiée.

      science et vie des insectes

      Système nerveux :

      Alors que notre cerveau est le centre nerveux principal de notre organisme, chez les insectes les taches sont réparties en de nombreux ganglions le long du corps. L’élément principal du système nerveux des insectes est une chaîne nerveuse qui va de la tête à l’extrémité de l’abdomen. Elle est située du côté ventral du corps, sous le tube digestif. La chaîne nerveuse possède une paire de centres nerveux, ou ganglions, dans chaque segment du thorax et de l’abdomen. Dans la tête, des ganglions fusionnés forment un cerveau, situé au-dessus du tube digestif. C’est là qu’arrivent des nerfs en provenance quasi exclusive des yeux et des antennes.
      Il existe aussi chez les insectes un système nerveux, en relation avec des organes sécrétant des hormones. Celles-ci jouent un rôle très important, intervenant dans des événements comme la reproduction.

      Système sanguin :

      Le système sanguin appelé système hémolymphatique ne sert pas à véhiculer les globules rouges qui transportent l’oxygène et le dioxyde de carbone mais plutôt à drainer les déchets des cellules. Ces déchets sont évacués non pas par des reins mais par un système excréteur constitué de très fins tubes : les tubes de Malpighi qui se rattachent au système digestif. Le sang des insectes est un liquide particulier ; l’hémolymphe, sans globules rouges. En revanche, elle contient des cellules équivalentes aux globules blancs. À de rares exceptions près, les insectes ne possèdent pas d’hémoglobine, et leur sang est incolore.

      Ce système est un système de type ouvert, l’appareil circulatoire, comme chez presque tous les invertébrés, est simple. C’est un tube ouvert aux deux extrémités, qui passe tout le long du corps sous le dos. Ce tube a des parois qui se contractent régulièrement et fonctionnent un peu comme un coeur. Ces contractions forcent le sang à se déplacer vers l’avant du tube, d’où il sort pour rejoindre l’intérieur du corps et baigner tous les organes. Ensuite il va dans le tube par l’arrière à travers trois sinus cloisonnés.

      Système digestif :

      Le tube digestif des insectes est divisé en trois parties : l’intestin antérieur, l’intestin moyen et l’intestin postérieur. L’intestin antérieur possède souvent un réservoir, ou jabot, qui sert au stockage des aliments venus de la bouche. La digestion a lieu dans l’intestin moyen. C’est là, principalement, que les aliments sont absorbés. Les déchets provenant des aliments qui n’ont pas été digérés traversent l’intestin postérieur et sont éliminés.

      À la limite entre l’intestin moyen et l’intestin postérieur débouchent des sortes de reins primitifs. Ce sont de longs tubes fins, en nombre variable, les tubes de Malpighi, qui flottent librement dans la cavité du corps.
      Certains insectes produisent des enzymes très actifs qui leur permettent de se nourrir de matières délaissées par la plupart des autres animaux. Les termites par exemple, digèrent la cellulose et mangent du bois, d’autres, comme les mites, digèrent la kératine et peuvent donc manger de la laine.

      Système reproducteur :

      Mâles et femelles ont un appareil reproducteur complexe et typique de l’espèce à laquelle ils appartiennent ce qui permet souvent leurs identifications et classements. L’orifice génital s’ouvre en arrière du huitième segment chez le mâle et en arrière du neuvième chez la femelle. Chez la femelle, l’abdomen porte souvent à son extrémité un organe de ponte, l’ovipositeur, de forme très variable, qui sert à déposer les oeufs dans le sol ou sur les végétaux.

      Chez beaucoup d’insectes, la rencontre des sexes se fait grâce à des signaux visuels, auditifs ou chimiques, qui attirent les mâles vers les femelles ou vice versa. Les chants des mâles des grillons et cigales appartiennent à ces signaux. Les femelles de beaucoup d’insectes, les papillons en particulier, sécrètent des substances chimiques appelées phéromones, dont le pouvoir attractif sur les mâles est extrêmement puissant.
      Chez les éphémères, les mâles meurent après l’accouplement et les femelles, après la ponte.

      Glande salivaire :

      Les glandes salivaires débouchent dans l’intestin antérieur et leurs sécrétions sont mélangées aux aliments et aident au transit ainsi qu’à la digestion.

      Le système respiratoire :

      A la différence des vertébrés, les insectes n’utilisent pas de poumons pour respirer. Certains insectes de petite taille respirent par diffusion de l’oxygène à travers la paroi du corps.

       science et vie des insectes Mais, en général, l’air entre dans le corps par des petits trous appelés stigmates A qui sont situés sur les côtés du thorax et de l’abdomen et que l’insecte peut ouvrir ou fermer à volonté. Les stigmates débouchent sur un réseau de tubes respiratoires qui s’étend dans tout le corps de l’insecte pour y apporter l’oxygène nécessaire à la vie. Ces tubes respiratoires sont des trachées B. Les trachées se ramifient en tubes de plus en plus fins, les trachéoles C, qui conduisent l’air dans tous les organes. À ce niveau, l’oxygène de l’air se diffuse dans le sang, et le gaz carbonique passe dans l’air. Certaines larves d’insectes aquatiques respirent grâce à des trachées modifiées que l’on appelle branchies.

      Le système locomoteur :

      Au sol : Les pattes des insectes sont composées de la même enveloppe rigide que le corps. Elles sont divisées en plusieurs parties liées entre elles par des articulations et actionnées par les ramifications du système nerveux. Ce qui fait d’eux des Arthropodes, au même titre que les crustacés ou les araignées qui ont le même type de pattes articulées. Quand ils marchent, les insectes déplacent leurs pattes trois par trois, deux d’un côté et une de l’autre pour ne pas perdre l’équilibre.
      Certains insectes, comme les sauterelles ou les criquets, ont le fémur des pattes arrière très développé leur permettant des sauts puissants et des déplacements rapides.
      Beaucoup d’insectes ont les pattes qui se finissent par des griffes, cela leur permet de s’accrocher aux brindilles ou de marcher sur n’importe quelle surface et dans n’importe quelle position.

      Dans les airs : Les insectes sont capables, pour la plupart, de voler. Ils ont deux ou une seule paires d’ailes. Les ailes sont constituées d’une fine membrane translucide ou colorée et sont reliées au thorax par une articulation.
      La vitesse du vol est variable : 9 km/h seulement chez l’abeille, mais 20 km/h chez le criquet migrateur.
      Chez les insectes de la famille des Coléoptères, comme le hanneton par exemple, la première paire d’ailes est très épaisse et rigide. Ces ailes sont appelées des élytres et servent de carapace pour la protection et la survie de l’insecte. Pour le vol elles s’ouvrent et permettent ainsi l’entrée en action de la seconde paire d’ailes, qui est elle, conçue pour le vol.

      Sous l’eau : Les insectes vivants sous l’eau en permanence sont bien moins nombreux que les insectes terrestres. Pourtant ceux qui utilisent ce mode de vie ont une morphologie en rapport avec le milieu eau.

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