Pêche associative


    Inflation ... à la carte


    1er avril 2003 par EchosMouche

      Pêche associative, inflation à la carteSi certaines ententes halieutiques offrent à des milliers de pêcheurs l’opportunité d’assouvir leur passion sur de nombreuses rivières de France, ce privilège est loin d’être celui de tous. Dans certaines régions, il faut bien l’avouer, l’heure n’est pas à l’entente cordiale. Les différents qui opposent, çà et là, des instances locales ou fédérales entraînent bien souvent la disparition des accords de réciprocité qui existaient de longue date contraignant les pêcheurs à faire l’acquisition, en début de saison, de plusieurs cartes de pêche là où, jusqu’à présent, une seule suffisait.

      Au moment où l’image de la pêche en eau douce est déjà passablement égratignée, on ne s’étonnera donc pas de l’incompréhension de ces derniers, pas plus qu’on ne s’étonnera des réactions plus ou moins virulentes qui en découlent. La multiplication des lots de pêche et l’ inflation à la carte sont ressenties comme une forme d’entrave, une frustration et une atteinte au concept d’une pêche de loisir populaire et accessible à tous.

      Depuis quelques années déjà, la pêche privée et, plus récemment, la pêche en mer ainsi que les séjours de pêche à l’étranger grignotent des parts de marché à la pêche associative. De la même manière, l’Etat, par le biais des syndicats de rivières et autres Sage, procède, par endroits, au rachat de berges auprès de propriétaires riverains ou à leur rétrocession en vertu d’un texte de loi qui l’autorise à palier à leur manque d’entretien. Certains voient déjà dans cette forme d’étatisation l’émergence d’une pêche publique à vocation hexagonale. La situation est loin d’être limpide ; aussi si les phénomènes que je viens d’évoquer brièvement devaient s’amplifier ou se confirmer, la pêche associative pourrait se trouver, sous peu, confrontée à des problèmes bien plus épineux que ceux qu’elle rencontre aujourd’hui.

      En attendant que la situation se clarifie, nos malheureux pêcheurs n’auront guère d’autre choix que de déplier, non sans un malin plaisir, leur porte-cartes devant les yeux étonnés du premier garde-pêche qui en fera la demande à moins que, lassés, désabusés, ils ne décident d’aller pêcher sous des cieux plus cléments ou de remiser définitivement leurs cannes dans un coin de grenier.

      Illustration Franck Ripault

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