Le héron


    février 2001 par David Synold

       le héron Oiseau de l’ordre des Ciconiiformes, de la famille des Ardéidés, d’une taille de quatre vingt dix centimètres à un mètre cinquante, d’une envergure d’un mètre soixante quinze à un mètre quatre vingt quinze et d’un poids d’un kilo deux à un kilo neuf, est un grand mangeur de limaces et autres animaux plus ou moins désirés dans les champs de culture. Les pesticides et la mécanisation ont fait régresser considérablement son terrain de chasse traditionnel, limitant ainsi le stock de nourriture disponible. Contraint à se nourrir des poissons de nos rivières, de nos lacs et de nos étangs, il finit par exercer sa pression alimentaire sur le seul milieu aquatique, s’offrant de ce fait des ennemis de choix ; pisciculteurs, pêcheurs, gestionnaires, exploitants et propriétaires.

      Le héron ou ardea cinera, échassier des zones humides, n’est pas vraiment un animal aquatique. Ses longues jambes lui permettent de marcher dans l’eau jusqu’à quarante centimètres de profondeur, ses pattes non palmées ne lui permettent pas de nager. Il vit dans les étangs, les mares et au bord de nos cours d’eau. C’est le plus souvent en hiver ou lors des passages migratoires que l’on peut observer cette espèce, mais certains d’entre eux passent l’hiver chez nous y trouvant des conditions favorables de vie, d’alimentation et même de reproduction.

      Une fois par an, la femelle du héron pond trois à cinq oeufs bleu pâle. L’incubation dure entre vingt trois et vingt cinq jours. Après l’éclosion, les héronneaux, les petits du héron, vivent dans la héronnière, le nid du héron. Leur nourriture se compose essentiellement de poissons d’une taille allant de dix à seize centimètres , d’amphibiens, de petits rongeurs ou d’insectes. Puissant, long et épais, son bec est de couleur jaune à brun jaunâtre. Dessus, ses plumes sont gris/bleu, dessous, blanches. Sa tête blanche a un large trait noir partant de l’oeil et se terminant à la nuque.

      Son appétit est estimé à environ sept cent cinquante grammes de chair par jour donc environ trois cent soixante cinq par an. Son long cou à détente rapide lui permet d’atteindre un poisson depuis une berge située à quarante centimètres au dessus du niveau de l’eau, une glande située au niveau des pattes secrète une odeur qui attire les poissons. De là découle deux techniques de pêche :

       le héron Une détente rapide du cou et du bec perce le poisson un peu en arrière de la tête et, si la proie n’est pas trop lourde, elle est lancée en arrière où elle agonise sur la berge. Si l’endroit est propice, une dizaine de poissons peuvent ainsi être sortis de l’eau dont un seul, en fin de pêche nourrira notre prédateur, le reste allant aux corbeaux ou aux rats ; les poissons trop gros restent dans l’eau, certains mourant d’infection au bout de quelques jours, les autres, après complet rétablissement conserveront une légère dépression à l’endroit de la blessure.

      Attirant les poissons à l’aide de la glande de sa patte, il va les attraper à pleine main ; les proies qui s’échappent garderont sur les flancs une ou deux lignes d’écailles arrachées, source d’infection donc de mortalité ; parfois, en serrant fort, le héron va même jusqu’à enfoncer une griffe dans le ventre du poisson et là, c’est la mort certaine.

      Certains pisciculteurs, exploitants et gestionnaires proposent des solutions plutôt simples respectant les hérons :

      L’usage des fils et filets au dessus des bassins, permettent lorsqu’ils sont bien conçus l’activité quotidienne d’élevage.

      Les fils et grillages en bordure de berge donnent de bons résultats lorsqu’ils n’ont pas de trous mais sont difficiles à entretenir (ronces...).
      En terrain d’argile dure, comme c’est souvent le cas des étangs et de bassins artificiels, le plus simple est d’aménager à la pelleteuse des bords francs de telle façon que la berge surplombe l’eau de cinquante centimètres et qu’au pied de la berge la profondeur soit tout de suite d’au moins cinquante centimètres.

      En ruisseau et petite rivière, la végétation des rives à base d’aulnes maintient les berges et gêne les hérons dans leur approche. La loi, qui interdit la chasse de cet oiseau prédateur de poissons par instinct de survie, ne lui offre pourtant pas vraiment de chance de survie puisque son habitat naturel n’est pas protégé.

      La loi par son incohérence, condamne les rivières, les pisciculteurs et les pêcheurs à assurer le couvert à ce beau mais vorace volatile.

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