Morphologie des insectes


    mai 2003 par David Synold

      L’insecte est le plus ancien membre de la grande famille des Arthropodes, "animaux au corps segmenté et aux pattes articulées".

      Les insectes n’ont pas d’oreilles mais beaucoup sont quand même capables de percevoir des sons par les vibrations de l’air. Ils sentent ces vibrations grâce aux poils qui recouvrent leur corps ou par leurs antennes, ou encore par des tympans, comme les criquets ou les sauterelles. Ces insectes possèdent une fine membrane située sur le ventre, sur la patte ou sur le thorax selon les espèces. Cette membrane capte les sons en vibrant, comme le tympan de notre oreille.

      morphologie des insectes

      Le corps

      Les insectes comme tous les arthropodes n’ont pas de squelette interne mais sont constitués d’un exosquelette (squelette externe) sur lequel vient s’ancrer la musculature interne et les organes externes comme les ailes ou encore les yeux.

      Les constantes propres à tous les insectes sont les six pattes, appendices locomoteurs articulés et un corps divisé en trois parties, la tête, le thorax et l’abdomen, cette division du corps est caractéristique de tous les insectes adultes et n’existe chez aucun autre animal. Ces trois parties ne sont pas toujours distinctes, particulièrement durant la vie larvaire, mais à l’age adulte elles deviennent bien visibles même si parfois elles sont soudées ou réduites.

      La tête

      Elle résulte de la fusion de six segments, le front D est surmonté par le vertex A sur lequel on trouve 3 petits yeux simples dits ocelles G. Entre le front et le vertex sont implantées les antennes B. Deux grands yeux complexes C ornent les côtés de la tête, parfois les yeux sont très petits ou même absents. Devant, au-dessous du front se trouve la plaque frontale E qui cache plus ou moins le labre G (lèvre supérieure), qui recouvre à son tour les pièces buccales I et J, de chaque côté, au- dessus de ces dernières se trouvent les palpes maxillaires F et au-dessous les palpes labiaux H. La tête porte les organes des sens (les yeux et une paire d’antennes) et les organes de la nutrition (les pièces buccales). Sa forme varie, elle peut pointer en avant, s’incliner vers le bas, ou encore se prolonger d’une corne dite rostre, être ronde, ovale, ou allongée ...

      Le thorax

      Chez tous les insectes, le thorax est formé de trois segments distincts mais rigides sur le dessus, plus souples voir membraneux en dessous, qui renferment les muscles des ailes et des pattes ainsi que certains organes vitaux. Ces 3 segments sont le prothorax (avant), le mésothorax (milieu) et le métathorax (arrière). Chaque segment porte une paire de pattes dont la forme varie en fonction de l’utilisation qui en est faite, le second et le dernier segment portent chacun une paire d’ailes.

      L’abdomen

      Il est la dernière partie du corps mais aussi la plus molle, contient la plupart des organes de l’insecte (voir croquis anatomie) et se compose de segments. Ces segments sont au maximum 11 et au minimum 1. Ils ne portent pas d’appendices, sauf dans quelques cas, comme celui des éphémères, où il existe des prolongements du corps en forme de filaments (les cerques). Les cotés des segments sont membraneux et accueillent les stigmates. L’anus s’ouvre au niveau du dernier segment.
      Chez la femelle, l’abdomen porte souvent à son extrémité un organe de ponte. L’orifice génital s’ouvre en arrière du huitième segment chez le mâle et en arrière du neuvième chez la femelle.

      Les antennes

      Contrairement aux hommes, les insectes sont beaucoup plus sensibles aux goûts et aux odeurs qu’aux sons et aux images.
      Les antennes sont des appendices mobiles fixés sur la tête. Le premier élément qui les compose, le scape, est généralement le plus long, il est pourvu d’une musculature particulière dont les autres sont dépourvus. Le second élément relie le scape au reste de l’antenne, que l’on nomme la flagelle. On peut noter que chez les insectes de type primitif comme les Plécoptères les flagelles sont très longues. Ces antennes sont parfois recouvertes de poils ou de soies qui servent de récepteurs et d’émetteurs sensoriels.

      On distingue quatre grands types d’antennes, filiformes A, dentées B, pectinées C et de Diptère D. Elles ont un rôle très important : elles permettent aux insectes de se repérer mais servent aussi à reconnaître les goûts et les odeurs. Les antennes sont le principal moyen de communication pour des insectes comme les fourmis, les abeilles, les papillons de nuit...

      L’appareil buccal

      Les insectes ont des régimes alimentaires très variés. Selon les espèces, ils se nourrissent de végétaux, de la sève des végétaux, de débris organique, de proies vivantes ... Les insectes ont donc des pièces buccales différentes en fonction de ce qu’ils mangent. L’appareil buccal est adapté au régime alimentaire.

      morphologie des insectes

      Les pièces buccales sont situées à l’avant et en dessous de la tête et sont de formes très différentes dans chaque types cités dans l’illustration. Leurs tailles peuvent différer selon le sexe du même insecte.

      On constate aussi chez quelques espèces comme l’éphémère, qu’à l’état d’insecte adulte l’appareil buccal a partiellement ou entièrement dégénéré parce que ces insectes ne se nourrissent plus à l’état "d’imago". Cet état résulte du fait d’une vie adulte très courte.

      Les yeux

      Les insectes ont généralement une paire d’yeux composés et des yeux simples.
      Les yeux composés sont faits de milliers de petites facettes, ces facettes sont des ommatidies. Les ommatidies se composent d’un cristallin, d’un cône, d’une rétine ... tout ça relié aux glandes qui font office de cerveau, par un nerf optique.

      Les yeux sont parfois très développés et permettent de voir tout autour et même derrière, sans bouger la tête. Dans d’autres cas ils sont réduits à un petit nombre d’ommatidies ou même inexistants

      Les yeux simples sont appelés ocelles (voir le paragraphe "la tête"). Situés sur le dessus de la tête, ils servent à capter les variations de luminosité.

      Les pattes

      Leurs pattes peuvent servir à la marche, comme chez le hanneton, au saut, comme chez la sauterelle, à la nage, ce qui est le cas du dytique, ou encore au fouissage dans le sol (courtilière ou taupe-grillon). Elles peuvent également servir à des activités beaucoup plus spécialisées, comme chez l’abeille, pour la récolte et le transport du pollen.

      Dans tous les cas, la patte est constituée par cinq pièces appelées segments. Ces segments, articulés entre eux, ont reçu les noms de hanche, trochanter, fémur, tibia et tarse (la tarse et les griffes ou parfois les coussinets ne faisant q’un). La hanche assure l’articulation de la patte sur le thorax. Chez les insectes de type marcheur les hanches sont de taille importante décuplant ainsi la force des pattes alors que chez les insectes prédateurs, ces dernières sont souvent transformées en crochets. On notera encore que chez certaines espèces le tibia et le tarse peuvent être soudés donnant naissance au tibiotarse ou que les pattes vont même jusqu’à être atrophiées.

      L’existence de six pattes est une caractéristique des insectes. Les pattes de nombreux insectes sont aussi des organes du goût grâce aux poils sensibles qui les recouvrent.

      Les ailes

      Chez les insectes ailés, les ailes sont en général au nombre de deux paires. Elles sont insérées par des articulations complexes sur le deuxième et troisième segments du thorax.
      _ Ces ailes sont généralement des membranes plus ou moins transparentes renforcées par des nervures dont la disposition est très variable.

      Certains insectes ont perdu leurs ailes devenues inutiles à leur mode de vie, mais ceci reste rare.
      Pour les autres on retrouve deux paires d’ailes (parfois la paire postérieure est plus petite ou s’est atrophiée c’est le cas chez certains Éphéméroptère de la famille des Heptageniidae, ou a disparue c’est le cas chez certains Éphéméroptère de la famille des Baetidae). La paire d’ailes antérieure est parfois de type épaisse comme chez les Coléoptères, et sert à la protection des ailes membraneuses qui à elles seules supportent l’insecte durant le vol. On notera que chez tous les Diptères la paire d’ailes postérieure fait office de balanciers et que pour d’autres ce phénomène s’inverse.

      La classification des insectes au niveau du genre et même de l’espèce se fonde en grande partie sur la disposition des nervures des ailes, caractéristique à chacun d’eux. On se sert d’ailleurs de symboles internationaux pour désigner les différentes nervures :

      A1 et A2 désignent les nervures anales, C désigne la nervure costale, Cu désigne la nervure cubitale, M1 à M4 désignent les nervures médianes, R1 à R5 désignent les nervures radiales, Sc désigne la nervure sous-costale.

          | Réagir à cet article | Rechercher | Dans la même rubrique |

            Copyright echosmouche.fr
            Tous droits de diffusion et de reproduction réservés - Système de Gestion de contenu spip(3.0.17)
            Sommaire La Lettre d'echosmouche.fr Concours Auteurs Trophée Echos Mouche Nous écrire