La Loue


    Une rivière magique


    juillet 2003 par Christophe Bouet

      la Loue On a tellement écrit sur la Loue que tous les pêcheurs Européens la connaissent forcément plus ou moins, ne serait ce que pour la réputation qu’elle a acquis au fil du temps comme rivière de référence en matière de cours d’eau à salmonidés.

      Néanmoins, forts de cette réputation, de nombreux pêcheurs touristes* qui la découvrent chaque année en reviennent déçus pour n’avoir pu satisfaire leur envie de capturer une jolie zébrée autochtone de ces eaux pures et limpides. Le schéma est souvent le même : d’abord émerveillés par l’abondance de ces truites ou de ces ombres de belles tailles que l’on peut aisément observer du haut d’un pont dans la traversée de Mouthiers-hautepierre, Montgesoye, Ornans, Cléron ou Chenecey-Buillon, les pêcheurs comprennent rapidement au fil des jours qu’il n’est pas très simple de leurrer ces poissons très éduqués et sélectifs qui semblent les narguer.
      C’est que les truites et les ombres de la Loue ne sont pas toujours aussi coopératifs que pourraient l’espérer les pêcheurs qui viennent parfois de fort loin pour avoir le plaisir de pêcher cette rivière mythique. Il est vrai également que ces pêcheurs touristes* se rendent principalement au bord de cette perle Franc-Comtoise à la saison estivale et que ce moment coïncide hélas souvent avec la période où les salmonidés se montrent les plus méfiants et les plus délicats à tromper. Ils en reviennent alors dépités et véhiculent parfois des critiques qui ne sont, à mon sens, pas fondées.

      Remettons les pendules à l’heure !

      J’ai lu récemment sur un site Internet dont je tairais l’adresse, un article qui mettait en cause la réputation injustifiée de cette belle rivière sous prétexte que l’auteur n’avait pu capturer un poisson de ces eaux. Je suis probablement plus humble et certainement plus critique envers moi-même que l’auteur de cet article et il est vrai que par habitude je mets plus souvent en cause ma tactique et ma technique de pêche plutôt que les poissons ou la rivière qui me reçoivent.
      la Loue Ainsi, j’en profite également pour préciser que la faute n’en incombe pas non plus principalement à la présence des canoës pendant la journée comme le déduisent un peu trop facilement quelques pêcheurs mais plus simplement aux conditions que connaissent les truites et ombres de la Loue à cette période : eaux basses et limpides, températures moins fraîches qu’en début de saison, poissons hyper éduqués par des prises successives, fréquentation intense des berges depuis l’ouverture de la pêche par tout ce qui porte cuissardes et cannes ... c’est vrai que l’été n’est pas forcément la saison idéale pour découvrir la Loue. Cependant, même au cœur de cette saison estivale, il reste de très belle possibilités de pêche pour les touristes pêcheurs* qui savent être discrets et surtout font preuve de discernement dans le choix de leur technique et la façon de la mettre en œuvre.

      De sa source à Ornans

      Résurgence du Doubs, la Loue prend sa source vers le petit village d’Ouhans et dévale rapidement les gorges de Nouailles pour venir s’assagir dans le charmant village de Mouthier-Hautepierre. Ces gorges difficiles sont uniquement peuplées de petites farios qu’il convient de rechercher avec des techniques propres aux eaux torrentueuses. Dès Mouthier-Hautepierre, la Loue devient plus large et toutes les techniques de pêche peuvent s’y pratiquer efficacement. Ici, les truites laissent un peu de place à quelques ombres, probablement les plus gros du secteur de la Haute-Loue. Pendant les vingt kilomètres qui séparent Mouthier-Hautepierre du pont de Mazières en aval d’Ornans, la rivière est une succession de courants vifs sur des bancs de graviers, des zones calmes au fond sablonneux, de trous des plusieurs mètres de profondeur et de nassis brisant l’écoulement de la rivière. Cette partie, que l’on a pris l’habitude de nommer conventionnellement la Haute-Loue abrite une faune importante et variée avec un nombre impressionnant de truites et d’ombres. Si vous voulez vous en persuader, faites un tour au cœur de la ville d’Ornans au lieu dit "Le miroir d’Ornans". Vous pourrez y contempler sur un secteur ouvert à la pêche un nombre ahurissant de poissons sauvages .... Qui ne sauteront pas sur n’importe quoi !

      La pêche y est très agréable car on trouve peu de parcours privés et l’essentiel de la Haute-Loue est ouvert à la pêche, gérée par quatre sociétés qui s ’accordent la réciprocité, moyennant finances. Hormis la réglementation déplorable et obscure qui est appliquée sur la Haute-Loue en interdisant la pêche en nymphe et en émergente tout en autorisant parallèlement la pêche aux larves naturelles, la pêche de la Loue est très agréable dans un cadre magnifique.

      Puisque la mouche sèche est la seule autorisée, il convient de faire la provision de quelques mouches de base : la mouche d’Ornans (corps olive ou gris), la Peute, les sedges roux pour le coup du soir et quelques modèles en cul de canard. Pour peu que ces imitations sont montées sur des hameçons de 14 ou 16 en début de saison et de 16 à 20 en été, ces quelques mouches seront efficaces tout au long de l’année.

      La moyenne-Loue

      A la suite du pont de Mazières commence la moyenne Loue qui offre malheureusement bien moins de possibilité de pêche. Les parcours privés sont légion et hormis ceux que l’on peut pêcher pour des sommes raisonnables (Sensonnens) ou plus conséquentes (La piquette), les parcours accessibles au public sont peu nombreux.

      Cependant, deux associations gèrent de superbes parcours sur la moyenne-Loue pour lesquels on peut obtenir des cartes à la journée et où le poisson est abondant et de belle taille : les associations de Cléron et de Chenecey-Buillon.
      Créée en 1997, l’association de pêche de Cléron propose un parcours mouche d’environ 900 mètres situé en amont du village de Cléron. La pêche se pratique avec une seule mouche sans ardillon et n’est ouverte qu’a un nombre limité de pêcheurs par jour. Vous y trouverez de superbes gravières, des courants parfois soutenus et parties plus calmes. Vous trouverez sur ce parcours de magnifiques ombres et des truites de toute beauté.

      En ce qui concerne Chenecey-Buillon, le parcours mouche date quant à lui de 1968 ! Cette association s’est d’ailleurs rendue célèbre pour la qualité de sa gestion et sa réglementation souple vis à vis de la pêche en nymphe à condition qu’elle soit pratiquée à vue (sans indicateurs) avec des nymphes légères.

      Le parcours mouche de Chenecey-Buillon

      Situé à moins de 20 kilomètres de Besançon, le parcours mouche de Chenecey-Buillon est un modèle du genre. Il est géré par l’Amicale des Pêcheurs au Lancer (APL) depuis la fin des années soixante, date de création du parcours. Long d’environ un kilomètre, il débute du pont de Chenecey-Buillon et finit en amont au niveau du barrage des anciennes Forges. La variété de son cours offre une multitude de postes différents que l’on rencontrent habituellement en eaux vives sur les grandes rivières. On y trouve en nombre de magnifiques poissons sauvages qui atteignent des mensurations envoûtantes. Cependant, le parcours est victime de sa notoriété et il subit une pression de pêche élevée. Dès lors, rien n’est gagné d’avance et tous les jours ne se ressemblent pas, surtout en fonction du niveau des eaux. Le parcours est ouvert tous les jours mais pour pêcher le mardi vous devrez vous y prendre la veille pour acheter votre carte de pêche journalière (12 Euros si vous possédez déjà les timbres piscicoles) car l’hôtel Gervais, unique dépositaire de la carte, est fermé ce jour là. Il se trouve juste à côté du pont de Chenecey-Buillon où vous pourrez depuis sa terrasse dominer la Loue et y apercevoir truites et ombres sur une énorme gravière. Si vous le souhaitez, vous pouvez conserver un poisson par jour de plus de 32 centimètres, taille réglementaire pour la truite et l’ombre. La pêche en waders n’y est autorisée qu’a partir de l’ouverture de l’ombre sinon vous devrez vous contenter de simples botes. La pêche à la mouche peut se pratiquer en sèche, en noyée, en nymphe (sans indicateur de touche) ou au streamer mais avec une seule mouche dont vous aurez pris le soin d’en écraser l’ardillon. La pêche en nymphe légère est probablement la plus rentable et certainement la plus efficace sur le parcours. Choisissez des nymphes classiques de type Phaisant Tail dans des tailles d’hameçons variant de 16 à 20 avec différents plombages. La Loue étant une rivière capricieuse, le débit peut varier très rapidement de façon très importante en fonction des conditions climatiques, c’est pourquoi je vous conseille de téléphoner à l’hôtel Gervais (03.81.60.31.65) avant votre arrivée pour connaître les conditions de pêche que vous risquez de rencontrer.


      * Ne soyez pas choqué par cette appellation de "touristes pêcheurs" (que je suis aussi) qui est à prendre à son sens propre.

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