L’été de tous les dangers


    31 août 2003 par EchosMouche

      Nous avons connu cette année des conditions climatiques pour le moins exceptionnelles. Le thermomètre qui en juillet annonçait déjà un été chaud s’est emballé au cours du mois d’août pour atteindre les températures que vous savez. Phénomène naturel, phénomène cyclique, conséquence néfaste d’une activité humaine forte consommatrice d’eau, dérèglement climatique ? Nos météorologistes s’accordaient, tout d’abord, à dire que ce phénomène était conforme à la normale et que cette sécheresse n’était que superficielle avant ... de se reprendre et nous annoncer qu’une telle canicule pourrait fort bien se répéter dans les années à venir : Allez savoir ! Toujours est-il que beaucoup d’entre nous n’auront pu s’empêcher , à juste titre, de faire un paralélle avec cet été de 1976 qui a marqué et marque encore bien des esprits. Dans ce domaine, cette année 2003 pourrait bien devenir une triste référence.

      La faible pluviométrie de ces derniers mois et la forte hausse des températures ont participé au réchauffement des eaux de nos rivières dont les niveaux n’ont jamais été aussi bas qu’aujourd’hui. Par endroit, le manque d’oxygénation et la prolifération d’algues aggravés, ça et là, par des pollutions locales, ont entraîné une forte mortalité de farios et d’ombres. L’inquiétude est grande. Sur certaines rivières, sous très haute surveillance, la pêche a été interdite par mesure de protection.

      Là, où cet été, l’eau coulait encore en minces filets entre les cailloux et où aucune mesure restrictive n’interdisait la pratique de la pêche, de nombreux pêcheurs refusant de pratiquer une pêche qui n’aurait eu pour conséquence que d’agresser un peu plus une population de poissons fragilisée, stressée, terrée au fond d’un trou, attendant une pluie salvatrice, ont décidé d’eux-mêmes de mettre un terme à une saison pourtant prometteuse.

      Dans d’autres régions bien moins loties et malgré des mesures drastiques, les ruisseaux et les rivières se sont vidés en un clin d’œil. La faune et la flore ont , par endroit, totalement disparu. Les herbes folles ont envahi le lit des rivières asséchées laissant place à un paysage de désolation. Bien que désemparés face à ce phénomène incontrôlable, d’autres pêcheurs se sont mobilisés pour tenter de sauver ce qui pouvait l’être ; un effort méritoire certes mais une goutte... d’eau en regard d’une catastrophe que la nature mettra bien des années à gommer.

      S’il est encore trop tôt pour dresser un bilan de cet été de tous les dangers marqué par des orages dévastateurs et meurtriers, par la perte de récoltes, par la destruction de vastes étendues sous l’action du feu, par des problèmes d’approvisionnement en eau potable, ... ce que nous venons de vivre met, une fois de plus, en évidence que nos écosystèmes sont d’une extrême fragilité, que le moindre déséquilibre, quelle qu’en soit la cause, peut avoir des conséquences désastreuses sur notre environnement et notre économie, et que l’homme, face à la nature, malgré toute sa technologie et son savoir, est parfois bien ... désarmé.

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