Les outils de montage


    30 août 2003 par David Synold

      outils de montage Le porte bobine

      Certains d’entre vous diront, "Pourquoi un paragraphe sur le porte bobine... tant il est évident de s’en servir ?".N’oubliez pas qu’il y a parmi nous des débutants, et qu’il faut toujours commencer par le commencement...

      Le porte bobine sert de support à la bobine de soie ou de fil, son système de pinces évite à cette dernière de se dérouler toute seule. En outre, il facilite la prise en main et l’enroulement de la soie. Son poids est important puisqu’il permet de le laisser pendre sans risquer le déroulement des spires et donc la perte du montage.

      Pour faciliter le passage de la soie dans le tube de distribution, il suffit d’en mouiller le bout et de l’enfiler en aspirant par l’extrémité opposée du tube.

      Le choix d’un porte bobine, ne se fait pas à la légère, il faut choisir ce dernier en fonction de la taille des bobines utilisées, ce qui est généralement spécifié sur l’emballage. Le second critère de choix est en fait en rapport avec le tube de distribution. Il doit être de premier choix, évasé à ses deux extrémités, pour ne pas user et sectionner la soie lors du montage. Il existe des porte bobines dont le tube est habillé de céramique, ce qui évite de tels désagréments, l’idéal étant, dans l’absolu, de posséder un porte bobine pour chaque bobine.

      outils de montageLa pince à hackle

      N’étant pas un grand adepte de l’anglicisme chronique, dans lequel baigne (très particulièrement), le monde de la mouche, je préfère appeler cet outil, la pince à collerette.

      Comme son nom l’indique, elle sert à tourner une collerette mais aussi accessoirement un tinsel autour d’un corps, etc... Tout comme le porte bobine, cette pince facilite le travail de montage et son poids permet de laisser les matériaux tournés, en tension et libérer ainsi la main.

      Après avoir fixé la plume par le rachis (débarrassé de ses fibres duveteuses), il suffit de pincer son extrémité avec l’outil. En pinçant l’anneau de ce dernier entre le pouce et l’index, on roule la plume de telle sorte que les fibres se dressent autour de la hampe de l’hameçon, pour créer la collerette. On laisse alors pendre la pince, on bloque la plume avec deux ou trois tours de soie, on coupe au ras de la hampe et on libère le reste de plume.

      Pour éviter que la pince ne sectionne la plume, il suffit de placer un petit bout de gaine silicone sur un des becs de la pince.

      outils de montageOutil à fausse clef

      La fausse clef ou demi-clef est un moyen de bloquer la soie durant un montage, ou de finir la mouche à condition d’en faire plusieurs. Ce noeud est simple et a l’avantage de ne pas surcharger le montage.

      Pour faire une fausse clef, les monteurs aguerris se servent d’un ou deux doigts. Pour débuter, il vaut mieux utiliser l’outil à fausse clef, qui n’est pas un outil en soi. Les manches de vos outils sont percés à leurs extrémités, ce qui sert justement à faire une fausse clef.

      Comme le montre le croquis, il vous faut faire un tour sur le manche de l’outil, le ramener vers l’oeillet de l’hameçon et placer ce dernier dans le trou de l’outil. A ce moment il vous suffit de faire glisser la boucle de soie sur la hampe de l’hameçon et de serrer la fausse clef en tirant sur la soie.

      outils de montageL’outil à noeud final ou "finisseur"

      Le finisseur, comme son nom l’indique, sert à finir une mouche et donc à faire le noeud final qui servira selon le montage choisi, de tête à l’artificielle.

      Plusieurs modèles de "Whip finisher", appellation anglaise de l’outil à noeud final, sont disponibles. Personnellement, c’est celui représenté sur le croquis dont je me sers le plus volontiers et qui me donne les meilleurs résultats. Son utilisation est simple, par contre, expliquer son fonctionnement est un peu complexe... mais essayons quand même !

      On commence par attraper la soie qui pend, lestée par le porte bobine, avec le premier crochet (généralement le plus petit) situé au bout de l’outil.

      Le finisseur est alors remonté le long de la soie, jusqu’à l’oeillet de l’hameçon. Le porte bobine dans la main gauche, préalablement passé par dessus la droite qui tient l’outil, on remonte l’ensemble à la verticale, dans l’axe de la hampe de l’hameçon. Il faut à ce moment veiller à ne pas décrocher la soie et poser le second crochet de l’outil (le plus grand) dans le creux entre l’oeillet et la collerette. Il reste à amener le porte bobine vers la mouche en faisant passer la soie dans la dépression du fil d’acier qui remonte perpendiculairement en travers de l’outil et en veillant qu’elle passe contre la hampe de l’hameçon, tenir la soie sous tension.

      On fait alors tourner l’outil sur lui même dans le sens des aiguilles d’une montre, en veillant que le second crochet passe sur la soie de montage qui longe le corps de l’imitation. Le premier crochet quand à lui enroule la soie qui vient du montage autour de celle qui rejoint le porte babine. Le fil d’acier perpendiculaire, grâce à son ressort, compense les enroulements de la soie.

      Après 3 à 8 tours selon la taille du montage, tirez sur le porte bobine, ce qui aura comme conséquence de décrocher la soie de la dépression du fil d’acier perpendiculaire à l’outil. Une fois la soie contre le crochet de l’outil, maintenir une tension sur le porte bobine et dégager le crochet en tournant l’outil sur lui même, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Tirer sur la soie pour finir de serrer le noeud, vernir et couper la soie à fleur du montage.

      outils de montageOutil à dubbing

      Le temps du dubbing "au doigt" n’est plus d’actualité, la qualité et la légèreté des montages ne s’en plaignent pas ...

      Le dubbing est un enroulement de deux brins de soie de montage entre lesquels, on a fixé, par enroulements très serrés, une pincée de poils naturels, fibres de plumes ou fibres synthétiques. Il sert à créer des corps de nymphes ou de mouches sèches très réalistes, mais aussi des collerettes imitant à merveille ailes et pattes.

      Les outils à "dubbing" sont nombreux, certains modèles sont conçus sur roulement à billes, d’autres plus simples, rendent le même service ; créer un dubbing solide et d’un bel effet.

      Le premier croquis vous montre le positionnement de l’outil sur la soie. En médaillon on voit un second modèle d’outil que je réserve plus particulièrement au dubbing de poils durs, comme ceux des cervidés.
      Sur le second croquis on voit la boucle de soie que l’on a bloqué avec deux ou trois tours de la même soie que l’on a ensuite ramené vers l’avant, juste à l’endroit où l’on veut que le dubbing se termine. outils de montage Il suffit ensuite de prendre une pincée de poils ou de fibres que l’on roule en longueur entre ses doigts et la paume de sa main. Le petit boudin ainsi formé se place sur un des fils de la boucle. Pour les premiers dubbing que vous formerez, je vous conseil de vous aider d’un stick de colle, type "Uhu", dont vous aurez légèrement enduit le fil qui doit recevoir les poil.
      On tourne ensuite l’outil pour rouler le dubbing. En se serrant, les deux brins de soie emprisonnent les fibres et les dressent de chaque coté.

      Il suffit alors de se servir de l’outil comme un porte bobine ou une pince à collerette, en enroulant le dubbing que l’on vient de former comme on le ferait pour former une collerette.

      Lorsque l’on arrive, avec les enroulements du dubbing à l’endroit voulu, on le bloque avec deux ou trois tours de soie de montage. Il suffit alors de couper l’excédent du dubbing et de continuer le montage.

      Il est évident que la longueur du dubbing que vous allez mettre en oeuvre dépendra de la taille du montage, mais aussi de l’usage que vous allez en faire, selon que vous rouliez une collerette ou un corps. Les poils ou les fibres utilisés jouent un rôle primordial dans l’effet et le rendu du montage, des poils longs et durs de lièvre par exemple, donnent un dubbing ébouriffé et un peu brouillon, alors que la fourrure de taupe offre un dubbing lisse et propre. Pour multiplier les effets, on peut mélanger les fibres, que ce soit les couleurs ou les textures.

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