Le lac du Drennec


    Splendeur et authenticité


    29 décembre 2003 par Le Moucheur

      Au cœur des Monts d’Arrée dans le Finistère, le lac du
      Drennec se révèle par magie aux yeux attentifs des amoureux d’une nature protégée et immense de beauté. Ici, la pêche à la mouche en réservoir s’offre à vous dans toute sa splendeur et son authenticité.

      Le lac du Drennec

      Le lac, d’une capacité de 8,5 millions de m3 et d’une superficie de 110 hectares, est alimenté par un bassin versant, constitué pour l’essentiel par des zones humides de landes et de tourbières des Monts d’Arrée, lui assurant toujours une eau très pure. Créé en 1981 pour assurer l’approvisionnement en eau d’une grande partie du Finistère Nord, le lac du Drennec est une vaste retenue d’eau de 3,20 m de profondeur maximale et 10 kilomètres de rives.

      Ce lac est situé sur les communes de Sizun et Commana. Classé en 1ère catégorie, il est considéré actuellement comme l’un des plus grands « réservoirs » à truites de France. Sa gestion piscicole, confiée à l’AAPPMA de l’Elorn, mérite un intérêt tout particulier sachant que la truite arc-en-ciel, issue de la pisciculture située au pied du barrage, et la fario lacustre, issue de la souche naturelle des ruisseaux alimentant la retenue, y séjournent et y cohabitent volontiers au plus grand plaisir des moucheurs. Le lac est ainsi principalement alimenté par les ruisseaux le Mougau et l’Elorn. Les embouchures de ceux-ci, sur le lac, sont soumises à une protection toute particulière, la pêche y étant en effet interdite.

      Ces ruisseaux, zones de réserves, deviennent alors, pour les farios lacustres, de véritables lieux de frayères qu’elles remontent naturellement pour y déposer leurs œufs. Les repeuplements ne sont plus pratiqués qu’en truites arc-en-ciel, afin de ne pas dénaturer la souche sauvage dont l’évolution est particulièrement suivie et qui paraît d’ailleurs se comporter très correctement. Les lâchés annuels dans le lac sont d’environ 8000 truites (jusqu’à 2 kg). Par sa superficie, le lac du Drennec ne peut que s’ouvrir à la pratique d’une pêche à la mouche sportive. Un parcours réservé exclusivement à la mouche fouettée s’inscrit dans une gestion rigoureuse limitant le nombre de prises annuelles, par moucheur, à cinquante salmonidés (pêche des farios exclusivement en « no kill » sur le parcours mouche). Leur taille doit être supérieure à trente centimètres.

      Signalons que, sur le domaine mouches, le « no kill » est pratiqué de bonne grâce par l’ensemble des moucheurs locaux ce qui permet ainsi, lors des déversements réguliers en salmonidés, d’accroître le cheptel piscicole de la zone concernée et d’obtenir de splendides poissons sauvages dont la morphologie se révèle de grande qualité.

      UNE BIODIVERSITÉ IMPORTANTE

      Une eau cristalline et pure, un fond de lac tapissé d’une végétation luxuriante, constituée d’élodées, myriophylles
      et potamots à feuilles de renouées, sont ici autant d’éléments précieux favorisant l’accueil d’une faune
      aquatique dont la diversité reflète un écosystème des plus satisfaisant. Ainsi, les salmonidés trouvent sans difficulté tout au long de l’année une nourriture abondante et variée leur permettant d’accroître leur développement morphologique. Parmi les invertébrés aquatiques, signalons la présence de petites éphémères bruns et olive, de petits sedges bruns, de chironomes, de corixas et de larves de demoiselles et de libellules. Si les vairons semblent être malheureusement en régression, les poissons fourrage tels que les gardons et rotengles s’acclimatent tout particulièrement bien depuis ces deux dernières années. C’est à deux reprises, durant la belle saison, que je me suis intéressé à la pêche sur le parcours mouche... alliant à cette passion la découverte en famille des nombreux sites touristiques magnifiques qu’offre le Finistère.

      LA PÊCHE ET LES POISSONS

      Le grand volume d’eau du lac, sa végétation abondante et un climat estival doux favorisent un environnement de qualité propice aux salmonidés. Une bonne oxygénation et une température clémente de l’eau permettent la pratique de notre sport favori avec, pour objectif, la capture de truites vigoureuses s’alimentant bien tout au long de la journée. Dès les premières lueurs du jour, la brume matinale s’estompant progressivement avec les premiers rayons de soleil, les petits sedges ne tardent pas à monter en surface pour éclore. Les ondulations en surface et gobages des truites constituent alors les prémices de belles aventures au bord de l’eau. Une pression de pêche modérée, des poissons méfiants, souvent postés au-delà des trente mètres, vous amènent à pratiquer une pêche à la mouche utilisant la double traction afin d’obtenir de longs lancers. Une canne de 9’5 équipée d’une soie WF6 et d’une bonne réserve de backing sur un moulinet manuel vous permettent de pêcher dans de bonnes conditions. Au bout de la soie, une queue de rat de 3 mètres et un bas de ligne en 16/100, de 2,50 m, sur lequel sera monté un train de trois mouches favoriseront une pêche tout en finesse sur des poissons bien « éduqués ». La pêche en wading sur le lac est vivement conseillée. Ainsi vous pourrez profiter d’une avancée de 8 à 10 mètres sur le plan d’eau par rapport à sa berge pour traquer les poissons postés au large sans pour autant gêner certaines truites s’aventurant près du bord pour chasser, avec fracas, les
      petits poissonnets se réchauffant en banc le long des herbiers.

      Le lac du Drennec

      Avant d’entrer en action de pêche sur le parcours mouche, il est judicieux de scruter et analyser le plan d’eau afin d’essayer de deviner les endroits où se postent les salmonidés. Pour réaliser de belles pêches dans ce lac, une approche visuelle des poissons s’avère être la bonne méthode. Par temps calme, les gobages sur les émergentes de sedges ou sur des sèches ainsi que les déformations de surface, ondulations que provoquent les truites lorsqu’elles engament les mouches noyées, sont les premiers signes révélateurs de leur présence. Mais lorsque le vent se manifeste, celui-ci est alors capable, sur ce grand réservoir, de provoquer de fortes vaguelettes camouflant la présence de l’activité nutritionnelle de nos précieuses truites.

      Seuls les « rushs » puissants en surface peuvent exciter nos sens de la traque en éveil. N’oublions pas cependant que le vent provoque, le long des quelques berges accidentées du parcours mouche, des courants marins que les truites affectionnent tout particulièrement. C’est dans ces courants que bien souvent les arc-en-ciel viennent se poster pour y gober les insectes en dérive. D’autre part, les secteurs au vent où viennent s’accumuler les nombreux spents aquatiques et autres insectes terrestres ne tarderont pas à être
      fréquentés par ces belles dames. En été, les moments les plus intenses sur le parcours mouche sont, bien entendu, tôt le matin et en soirée. Dès le lever du jour, les truites gobent avec nervosité les émergentes de trichoptères et tes spents de la nuit passée.

      Leur repérage permet le lancer de nos mouches à l’endroit précis où elles sont postées. Nos trois artificielles montées en train de mouches -un pupe de sedge légèrement lesté en pointe, suivi d’une noyée et, en tête, d’une émergente- devront être ramenées très lentement tout en tricotant la soie. On assistera alors aussi bien à des départs violents qu’à des touches très subtiles où la soie semble glisser des doigts par petites « tirettes ». En milieu de journée, lorsque le calme plat se fait ressentir, l’utilisation d’un streamer bien lesté, dont les touches de couleurs de base seront le rouge associé à l’orange, se révélera efficace. Sans doute rappellentelles les couleurs des nageoires des rotengles et gardons ?

      Si vous décidez d’aller moucher les truites du Drennec, n’oubliez surtout pas les coups du soir magiques, et généralement fabuleux, une heure avant la tombée du jour. Sur le secteur mouche, vous y rencontrerez certainement Michel Dorval, moucheur local expérimenté avec qui j’ai sympathisé. Il ne manquera certainement pas de vous inviter à partager ses techniques de pêche sur ce réservoir qui le passionne tant. Tout comme lui, je suis convaincu que, dans un avenir proche, la pêche à fa mouche en embarcation sur
      le lac du Drennec devrait pouvoir être autorisée. - Philippe Mathieu. - http://pechealamouche.free.fr

      CARNET DE VOYAGE ET INFORMATIONS

      La pêche est autorisée dans le lac à tout détenteur de la carte de l’AAPPMA de l’Elom sans aucun supplément. Les périodes d’ouverture sont celles de la truite en 1ère catégorie, avec une prolongation jusqu’au 7 octobre pour la pêche à la mouche fouettée ( uniquement pour la truite arcs-en-ciel). La pêche est ouverte tous les jours. La réglementation est celle de la 1ère catégorie.

      La maille est à 30 cm. Chaque moucheur est autorisé à garder 4 poissons par jour et 50 poissons par an. L’inscription immédiate sur le carnet de pêche, des prises gardées, est obligatoire. L’AAPPMA de l’Elom a
      mis en place un programme de gestion spécifique à ce plan d’eau depuis 1989 : Favoriser la reproduction naturelle, en nettoyant les affluents et sous affluents de se reproduire. Etudier statistiquement cette reproduction naturelle par la mise en place de trappes en période de remontée des poissons. Suivre le prélèvement réalisé par les pêcheurs. D’où l’importance des déclarations de captures. Effectuer des lâchers réguliers de truites arc-en-ciel provenant de la maison de la pisciculture du lac située au pied du barrage

      ZONES DE PÊCHE

      Rappelons que la pêche est interdite dans l’anse du Mougau et de l’Elorn.

      CARTES DE PECHE - POINTS DE VENTE

      Café L’Entracte (derrière l’église)
      SIZUN
      Tél. : 02.98.68.87.56

      Café de l’Elorn la Gare
      LANDIVISIAU
      Tél. : 02.98.68.13.38

      Le Poisson Volant
      16 rue Mangin
      LANDIVISIAU
      Tél. : 02.98.68.46.43

      Chez Matou, Café de la Gare
      LA ROCHE MAURICE
      Tél. : 02.98.20.46.98

      Maison de la Rivière
      SIZUN
      Tél. : 02.98.68.815.33

      Permanence de l’AAPPMA
      (Maison de la rivière)
      Tél. : 02.98.68.85.08
      Fax : 02.98.68.89.8
      Mél. elorn.aappma@libertysurf.fr

      A VISITER ABSOLUMENT

      Le site internet de l’ AAPPMA de l’Elorn : (très bien construit).Vous y retrouverez toute l’actualité
      et les informations pêche concernant le lac du Drennec ainsi que la rivière L’Elom. Bassin versant de L’Elorn : pêche des farios et saumons de la rivière Elorn. Un parcours mouche de 1 km vous y est réservé sur le secteur Landivisiau/Landerneau.

      - La Maison de la rivière de l’eau et de la pêche.
      La maison de la rivière s’adresse à tout public, scolaire, pêcheurs. Elle vous propose de découvrir les richesses naturelles des rivières, les dangers qui les menacent, les actions de la reconquête de la qualité des eaux.

      Moulin de Vergraon
      Sizun
      Tél : 02.98.68.86.33.
      Mél. maison-de-la-riviere@wanadoo.fr

      - La Maison du lac au pied du barrage du Drennec : visite de la pisciculture. Elevage des truites arc-en-ciel alimentant le lac

      Au cœur des Monts d’Arrée à une dizaine de km vous pourrez y découvrir aussi le réservoir saint Michel> premier réservoir français primé pour la pêche du brochet à la mouche. D’une superficie de 450 ha, classé en 1ère catégorie, c’est un site exceptionnel pour les moucheurs. La pêche en embarcation est nécessaire pour y moucher brochets et truites arc-en-ciel.

      * Article et photos reproduits avec l’aimable autorisation du Magazine Le Moucheur.

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