La Coupe de France des Clubs 2001


    février 2002 par Jean-Pierre Jurado

      Saulxures sur Moselotte, le 28 octobre 2001 - Sur le réservoir de la Moselotte, c’est une belle journée qui a accueilli les trente trois équipes de trois pêcheurs (trente six prévues dont trois forfaits) issues des qualifications régionales pour la deuxième finale de la coupe de France des clubs.

      Coupe de France des Clubs 2001 Tout le gratin de la mouche en réservoir est au rendez-vous, dont les champions du monde en titre, les champions et vice-champions du monde précédents, sans compter les habitués de la 1ère division, des podiums nationaux et des trophées européens. Outre ces équipes qui peuvent légitimement viser les premières places, des équipes plus modestes sont également présentes, pour participer à la fête et représenter au mieux leur club et leur région.

      Petite explication car la formule est simple, deux pêcheurs de la même équipe pêchent le même poste, pendant que le troisième contrôle ses voisins. Lors de la manche suivante les rôles changent, ainsi chaque pêcheur pêche deux manches sur trois.

      Au coup de trompe, tout ce petit monde met les lignes à l’eau pour une première manche importante pour la confiance. Nous observons une équipe expérimentée, celle de Guyancourt1 (Sadaoui/ Boulmier/ Lucienne). Moss Sadaoui, comme à son habitude, prospecte la bordure en alternant nymphe et mini streamer à vue, pendant que ses coéquipiers prospectent le large en variant les techniques. Les poissons sont bien là, résidents et stockies de circonstance, mais les faire mordre est une tout autre affaire, car on les voit suivre, tutoyer la mouche et le plus souvent s’en détourner au dernier moment. Ils réussissent à sauver le capot en fin de manche, mais au vu de la difficulté qu’ont éprouvé ces pêcheurs aguerris à trouver la pêche, le ton est donné, ça va être dur, très dur même, de tirer son épingle du jeu de qui perd perd, et éviter un capot coûtant trente six points.

      De fait, à l’issue de cette première manche, huit équipes n’ont rien pris, sept équipes n’ont pris qu’un poisson, sept autres en ont pris deux, quatre en ont pris trois. L’équipe Pelikans1 (Beranger/ Lauret/ Lauzanne) avec quatre truites est 4ème, le GPS Aluettais (Berard/ Boulicaut/ Martin) les précède avec cinq prises. Le GPS Ain-Bugey (Estublier/ Marguet/ Lapize) est au rendez-vous, second avec également cinq prises (plus grosses). Ce sont les Pelikans2 (Auboiron/ Collet/ Hoareau) qui ont pris le meilleur départ avec six prises. Le classement est donc serré, et tout reste donc à faire.

      Si pour les compétiteurs ce ne sont pas les conditions que la qualité du lac et la densité de ses pensionnaires pouvaient laisser espérer, pour les spectateurs ce fut un grand spectacle. Les moucheurs présents ont pu tout à loisir apprécier la démonstration, notamment en termes de techniques et de stratégies de pêche.

      La première grosse surprise de la journée, vient de Guyancourt2 (Alatissière/Mangin/ Jarreton), qui ne sont que vingt cinquièmes de cette première manche en ayant juste sauvé le capot grâce à un petit poisson, et qui vont rempiler sur un capot en seconde manche. Ils sont loin de leur niveau habituel, mais ce n’est qu’un mauvais départ car ils vont regagner au fil des manches le terrain perdu, sans s’affoler, réalisant de très belles manches à quatre, cinq poissons. Tant et si bien qu’ en fin d’après-midi, ils sont sur la troisième marche du podium, d’où ils tombent dans l’ultime manche, les trente six points d’une manche blanche les reléguant à une plus qu’honorable cinquième place pour laquelle ils auraient probablement signé des deux mains à l’issue des deux premières rotations.

      Ils précèdent les pélikans2, qui après un très bon départ le matin, ont passé tout l’après-midi sur le fil du rasoir en réalisant quatre manches avec un seul poisson par rotation. Il ne fallait pas le décrocher. Mais comme ça ne marche pas à tous les coups, ils passent tout de même au travers dans deux rotations pour échouer à la sixième place, alors qu’ils étaient dans le coup pour la victoire jusqu’aux trois quarts de l’épreuve.

      La Dream Team des pélikans1 a été dans le coup toute la journée, elle paye le prix fort pour deux manches blanches et prend la quatrième place. Pas de chance, mais de bonne augure pour les championnats du monde et d’Europe, puisque ces trois garçons (Beranger, Lauret et Lauzanne) ont incontestablement leur place en équipe de France A ou B.

      C’est une équipe du sud, le GPS Pierrelatte (Contini/ Maissonnie/, Marty) qui s’octroie le bronze de haute lutte. Très réguliers tout au long de la journée, ils oublient de marquer dans une seule manche. Dans cinq manches ils ont frôlé la correctionnelle avec un seul poisson, comme dans les trois ultimes rotations. C’est passé tout juste, mais c’est passé et nous sommes sûrs que le dernier coup de trompe a été accueilli par un triple "ouf !!!" de soulagement. Aussi long fut-il, ces trois là ne regrettent pas d’avoir fait le voyage de la Drôme aux Vosges...

      A la seconde place, les Pelikans3 (Firmin/ Fillatre/ Morchoisne) ont eux aussi récolté les fruits de leur régularité. Un seul capot, face à des poissons aussi tatillons, ça tient du grand art.

      Coupe de France des Clubs 2001 Et les vainqueurs alors ? Eh bien les vainqueurs, vous les connaissez, leur club, bien qu’encore jeune truste les titres nationaux. Ils ont fourni l’ossature de l’équipe de France championne du monde en Suède.... Allez, comme vous l’avez deviné, c’est le GPS Ain-Bugey qui remporte cette deuxième coupe de France des clubs. Jean-Luc Estublier et Bernard Marguet, on ne les présente plus, de peur d’oublier une ligne de leur palmarès. Alain Lapize, bien que moins connu, est tout de même un habitué de la première division en...rivière !!! En tout cas ces trois là ont parfaitement su s’adapter aux conditions particulièrement difficiles, ce qui prouve une fois de plus (à ceux qui en douteraient encore) leur bagage complet, puisqu’ils avaient remporté leur qualification régionale dans des conditions diamétralement opposées. Malgré tout leur talent ils n’ont pu éviter une manche blanche dans l’après-midi. L’amusant est que s’ils sont réputés en rivière, hormis Estutu, ils n’étaient pas attendus à ce niveau en réservoir.

      La pêche aux chironomes, animés très lentement, voire abandonnés aux vagues dans le vent a permis la plupart des prises des équipes bien classés. Un booby en mouche unique, travaillé lui aussi très lentement au ras du fond, sur un bas de ligne ne dépassant pas une quarantaine de centimètres, était lui aussi (relativement) bien accepté. Le streamer a, par contre, été d’un rendement très irrégulier, et ceux qui en avaient fait leur technique de base n’ont fait illusion qu’aux premières heures.

      Bilan de la journée

      Le résultat apporte la confirmation de ce qu’on voit depuis plusieurs années en championnat, à savoir que le niveau se resserre en lacs, entre spécialistes du réservoir et pêcheurs de rivière polyvalents, notamment quand les conditions impliquent l’emploi des techniques les plus fines. Souhaitons que les bons pêcheurs de rivière s’en inspirent pour s’ essayer au réservoir, car ils y ont leur place, et l’auront probablement encore plus dans les années à venir.

      Toutefois, les équipes de la région parisienne, particulièrement riches en pêcheurs en lacs de talent, étaient très bien représentées à l’issue des qualifications, et auraient fort bien pu l’emporter sans que quiconque crie au scandale.

      Même si l’esprit d’une telle épreuve demeure la convivialité, les spectateurs et les participants ont pu observer une compétition de très haut niveau. Pour se classer dans la première moitié du classement, il fallait être bon, très bon même, et dans un grand jour. Pour preuve nous avons observé une partie de l’après-midi l’équipe GPS Thur au Rhin2, tous trois en 1ère division depuis quelques années déjà. Nous ne les avons vu commettre aucune erreur, ni tactique ni technique, ni d’inattention. Malgré cela, il finissent l’épreuve à la 9ème place, sans jamais avoir démérité.

      Beaucoup de spectateurs se sont déplacés pour suivre cette épreuve, c’est de bon augure dans la perspective du mondial mouche. La mouche attire du monde, c’est une donnée assez neuve qu’il faudra prendre en compte rapidement dans l’organisation des compétitions, notamment en ce qui concerne l’accueil et la sécurité des spectateurs.

      Carton jaune aux trois équipes qui ont déclaré forfait. Ils auraient pu le faire suffisamment tôt pour être remplacées par leurs suivantes aux qualifications régionales...

      Si nous avions dû attribuer le prix du fair-play, ce serait sans aucun doute à l’équipe familiale du GPS Pays de Gentiane, composée de Thierry Desbres (le père), Françoise (la mère) et Laurent leur fils que nous l ’aurions attribué. Ils sont venus sans autre prétention que celle d’être de la fête et pêcher de leur mieux.

      Ils ont su apprécier le cadre et l’ambiance, même si leurs six prises sur la journée ne pouvaient les classer au sommet. Laurent, du haut de ses 12 ans trouvait en fin de journée, que les truites Vosgiennes étaient finalement aussi capricieuses que les Arvernes qu’il fréquente assidûment. Sans qu’il l’avoue, nous savons qu’il aurait aimé faire plus souvent plier sa canne, mais lui sait déjà qu’à la pêche c’est avec le poisson qu’il faut composer, le reste n’étant que littérature. Nous pouvons tous nous inspirer de cet état d’esprit ...

      - La Coupe de France des Clubs 2001, Une autre vision ...

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