Technique noyée


    Une pêche efficace


    24 mai 2004 par David Synold

      C’est lorsque les poissons ne se nourrissent pas en surface, mais qu’ils restent actifs entre le fond et la pellicule de l’eau, que l’on se retourne vers les techniques de pêche à la mouche sous la surface. Bien entendu, la majorité d’entre nous, à ce moment précis, pense à la nymphe, quelle soit au fil, à vue ou à la roulette. L’idée que la mouche noyée soit une technique à part entière de la pêche à la mouche est un peu passée, pourtant elle reste la plus ancienne façon relatée de prendre du poisson. Certaines régions comme la Bretagne et les Pyrénées restent le berceau de cette pêche, parce que le profil des rivières ne permet que sporadiquement de pratiquer autrement. La mouche noyée, comme d’autres méthodes, a acquis ses « lettres de noblesse » à travers les âges. A elle seule, elle rassemble finesse, régularité, sens tactile et polyvalence. C’est par cette forme traditionnelle de la pêche à la mouche, qu’ont débuté bons nombres d’apprentissages, dont le mien, il y a plus de vingt cinq ans, auprès d’un grand-père issu de la vielle école.

      J’ai trop souvent entendu dire au bord de l’eau, que la noyée était un véritable piège à poissons. Cette idée reçue est sans doute relayée par des pêcheurs ne sachant pas la pratiquer et un peu dépités par des captures régulières de moucheurs qui pratiquent vers l’aval en descendant la rivière. La méthode n’est sans doute pas plus productive qu’une autre, mais elle se pratique tout au long de la saison, avec un succès régulier. C’est véritablement dans la régularité que l’on inscrit la pêche à la noyée.

      Côté sensation, la pêche en noyée peut aisément s’apparenter à la pêche au streamer puisque dans ces deux domaines pas de salut pour le visuel, pas d’indicateur de touche, de fil fluo ou graissé, pas de gobages. Ici tout est tactile, même si certains prétendent utiliser la partie flottante de la soie pour visualiser les touches ; un avantage certain qui permet de pêcher sous la pluie, dans des eaux mâchées ou encore par faible visibilité, tout en présentant ses mouches à tous les niveaux de la couche d’eau. Par contre, il est peu aisé de pratiquer sur des rivières encombrées ou parsemées d’herbiers.

      Si le terme de « noyée » n’est pas le mieux approprié aux mouches que l’on présente aux poissons, il faut faire la différence entre une sèche qui coule et les montages spécifiques à cette pratique. Les imitations représentent généralement des insectes au stade de larves, de nymphes et de spents, mais aussi des crustacés et de petits poissons.

      Technique rivière

      En résumé, la noyée se pratique de l’amont vers l’aval sous la perpendiculaire du pêcheur, la soie tendue, pour que la prise de l’imitation se répercute sur cette dernière qui la transmet à la canne et au poignet, ce qui entraîne le ferrage.

      En pratique, il vaut mieux creuser un peu plus. Le principe est d’utiliser le courant. Son action crée une dérive du train de mouches. Cette dérive démarre un peu à l’amont de la perpendiculaire du pêcheur, pour se finir à l’aval, presque dans son sillage... il va donc de soit, paraît-il, que le parcours convoité doit être pratiqué dans le même sens. J’ai personnellement du mal à pratiquer la pêche à la mouche, quelle soit sèche ou noyée, en descendant le cours d’une rivière ce qui ne m’a pas empêché de réussir de très belles parties de noyée.

      Comme vous l’aurez compris, les puristes s’imposent et imposent un déplacement du pêcheur d’amont vers l’aval. En dehors de cette règle, point de salut mais la qualité de l’approche et la discrétion revêtent une importance bien plus capitale. Lorsque c’est possible, il vaut mieux pêcher du bord mais le wadding est souvent nécessaire sinon imposé en présence d’un obstacle ou d’une veine de courant entre vous et la dérive convoitée. Encore plus qu’en sèche, le pas doit être léger aussi bien sur la berge que dans l’eau. Cela s’explique assez simplement : le courant emporte avec lui, vers l’aval, les bruits et les vibrations alors que ce même courant les atténue vers l’amont et c’est vers l’aval que pêche le train de mouches noyées !!!

      Noyée amont

      Une variante de pêche en amont du pêcheur, se pratique généralement lorsque la configuration des lieux ne permet d’échapper à la vue des poissons ou lorsque l’on est confronté à des secteurs d’eaux basses, ou des courants rapides ponctués de nombreux obstacles. Mais appelons un chat un chat, personnellement, j’apparente cette technique à la pêche en sèche ou en nymphe, en eaux vives. On sort 2 à 5 mètres de soie, ajouté au bas de ligne de +/- 3mètres, on lance donc en amont et on laisse dériver en levant lentement la canne pour garder le contact. En fin de dérive, arrachez et relancez sans faux lancer. Lors de l’action, la soie est bloquée sur la poignée par la main qui lance. Cette technique se pratique à une, voir deux mouches, mais c’est un maximum.

      Avant le lancer, la lecture de l’eau et la connaissance des postes qu’occupent les poissons sont des éléments primordiaux pour ne pas prospecter à l’aveuglette ou au petit bonheur... Toutes les actions sont effectuées selon un repère simple, l’axe de la rivière qui représente le 0°.

      A. Le lancer s’effectue un peu en amont de la perpendiculaire, ce qui correspond à +/- 20° vers l’amont, on veillera à ouvrir l’angle vers l’aval, jusqu’à +/- 45°, en fonction de l’importance du courant ; plus le courant est fort, plus on lance vers l’aval. Le train de mouche doit se poser en amont du poste de façon à ce que la dérive qui se fait en arc de cercle, conduise les imitations sur le poste supposé. Evitez de régler la dérive en augmentant l’angle du lancer, il est toujours préférable d’adapter sa propre position. Ce n’est pas toujours évident avec un train de 3 mouches, mais le poser doit être le plus droit possible, et la canne doit s’abaisser presque parallèle à l’eau et suivre la dérive en restant alignée avec la soie.

      B. La dérive commence, et c’est ce moment qu’il faut choisir pour effectuer une éventuelle correction de la trajectoire, en lâchant de la soie si on est un peu court, ou au contraire, en ramenant cette dernière lorsqu’on est un peu long. Il faut garder le contact avec la ligne sans pour autant trop de tension, cela nuirait au ferrage.

      C. La soie a généralement tendance à faire un ventre sous la poussée du courant et de dépasser le train de mouche, il faut alors pratiquer un rattrapage, par un mending amont. De nombreux pêcheurs, même expérimentés, ne corrigent pas assez souvent le ventre que fait leur soie dans le courant, ce qui fait très rapidement draguer leurs mouches. Ce mending doit être contrôlé pour que son action s’applique uniquement à la soie, le bas de ligne et le train de mouche ne doivent pas bouger.

      D. Lorsque le train de mouche atteint le poste convoité, on peut éventuellement animer les imitations, par des petites secousses du scion de la canne, et cela jusqu’à la fin de dérive. Les mouvements brusques sont à éviter, puisque les poissons ne s’intéressent que très rarement aux insectes qui remontent le courant...

      E. En fin de dérive, la soie tire sur le bas de ligne et fait accélérer le train de mouche, ce qui occasionne régulièrement des attaques, pour peu que l’on soit sur un poste occupé. Il arrive souvent qu’un poisson suive les mouches et attaque un peu tardivement, alors ne soyez pas trop pressé d’arracher la ligne. Le ferrage ne doit pas se faire sur le modèle de la mouche sèche, au risque de vous faire regretter d’avoir monté un train de noyée. Ici on ne lève pas la canne, mais on associe une traction de la main gauche sur la soie, et une remontée de la canne vers l’amont, le tout sans violence. La canne doit rester basse, que ce soit lors du ferrage ou durant la bagarre avec le poisson.

      Il est essentiel de toujours maîtriser la longueur de son bas de ligne pour toujours savoir ou se trouve son train de mouche... c’est cette maîtrise qui conditionne l’action de pêche pure. Comprenez par là que lorsque vous arrivez au point B et C (ci dessus), une fois les éventuelles corrections de distance et de dérive effectuées, vous devez pour bien aborder le point D, avoir la maîtrise totale de la position de vos mouches pour qu’elles pêchent au bon endroit c’est à dire là où votre aptitude à la lecture de l’eau, vos connaissances du poisson et de la rivière et votre instinct vous fait supposer que le poisson est posté. Le problème de profondeur de pêche et de stade d’évolution de l’insecte étant réglé par la présence de deux ou trois mouches différentes de part leur conception et leur poids, il est essentiel de se concentrer sur la position de votre train de mouche dans la veine d’eau, le courant ou dans les radiers.

      Lorsqu’on est confronté à de longs courants, ou les postes ne sont ni localisables ni marqués, comme c’est le cas sur certaines portions du Vieux Rhin, la prospection peut se faire selon une méthode sans doute un peu lassante, mais bien éprouvée ; on commence par effectuer un lancer très court, une fois la dérive terminée, on allonge le lancer de 2 mètres et on laisse faire la dérive. On recommence ainsi tous les deux mètres, jusqu’à la rive opposée. Il suffit ensuite de descendre de 3 pas vers l’aval et reprendre la prospection de 2 mètres en 2 mètres. Si les eaux sont mâchées, il ne faut pas hésiter à diminuer les paramètres en réduisant le nombre de pas et la distance entre les lancers. Cette méthode est à conseiller aux débutants pour découvrir ou cerner les postes, mais elle permet aussi à tous de prospecter une rivière ou un parcours inconnu, où on a généralement peu de repères et de références. Une fois les postes types repérés, il suffit bien souvent de se limiter à prospecter tous les postes du même type, pour que la mouche noyée devienne rapidement un véritable plaisir...

      Technique réservoir

      Selon la densité de la soie que vous utilisez , les techniques de détection des touches en réservoir sont différentes et se divisent en deux types.

      Avec les soies flottantes, c’est une pêche au fil, parfois à vue que l’on pratique. Les touches se trahissent par le déplacement ou le frissonnement du bas de ligne ou de la soie ; sensation plutôt excitante et très proche de la pêche en rivière. Le ferrage peut aisément être réglé puisqu’il est issu d’une analyse et non pas d’un reflex. On peut classer ce type de pêche dans les pêches dites fines.

      L’utilisation de soies Plongeantes S1 ou S2, intermédiaires lentes ou rapides et flottantes à pointes plongeantes, permet difficilement de pêcher en détectant les touches à l’œil. On pêche donc plutôt tactile, les touches se ressentent un peu comme au streamer. Les "tapes" sont souvent franches et puissantes qui engendrent des ferrages réflexes et donc souvent appuyés. Les pointes de bas de ligne doivent donc être choisies en conséquence.

      Contrairement aux cours d’eau où le train de noyées est animé plus ou moins naturellement, en eaux closes, c’est le pêcheur qui créera l’animation. Les possibilités d’animations sont nombreuses, on peut tricoter lentement et régulièrement, on peut aussi accélérer et/ou marquer des pauses plus ou moins longues. Un train de noyées peut aussi se "stripper" comme un streamer, l’intérêt restant de faire vivre les matériaux qui composent nos montages.

      Votre matériel

      En rivière, les pêcheurs qui se sont fait une spécialité de pratiquer en noyée, utilisent dans leur majorité, une canne plutôt longue, de 9 à 11 pieds et plutôt d’action parabolique, très souple. Ce genre d’outil n’est pas vraiment ce que l’on fait de mieux pour avoir un minimum de polyvalence... et s’adapter aux différentes conditions de pêche. Pour les pêcheurs qui souhaitent utiliser la noyée lorsque les conditions le dictent, ils se contenteront de leur canne habituelle, à condition qu’elle mesure au moins 9 pieds (8 pieds 6 pouces), sachant que ma préférence ira très largement à une 10 pieds pour soie de 5 ou de 6. Elle s’adaptera aussi bien à la noyée en rivière qu’en réservoir. L’action de cette canne aura une importance lors de la touche. Sur une action plutôt douce et progressive, la touche se détectera plus facilement sur la pointe de la canne et le ferrage sera plus opérant, alors que sur une action de pointe, la touche sera plutôt ressentie par la main, ou le tremblement de la soie donnera le top du ferrage qui sera plus aléatoire.

      Dans tous les cas, on peut utiliser une soie flottante, S1, S2 ou intermédiaire et certains ne jurent que par les soies à pointe plongeante. Nul n’est prophète en son domaine, mais je vous conseille d’utiliser votre soie flottante habituelle ou encore une soie ancienne, usée et bien craquelée qui se maintient entre deux eaux. Cette seconde soie gagnera à être montée sur une bobine supplémentaire ou directement sur un second moulinet que l’on préfèrera manuel et classique pour le glisser dans la poche arrière du gilet. Ce système à l’avantage certain de permettre de disposer d’un matériel rapidement disponible et rapidement monté, équipé du bas de ligne adéquat. Vous passerez moins de temps à adapter votre bas de ligne classique à la pratique de la noyée et vice et versa... Il faut tout de même garder à l’esprit qu’une soie immergée ne s’arrache pas de l’eau, comme une soie qui flotte. Il est fortement conseillé de ramener quelques brassées de soie pour n’avoir que 4 à 6 mètres de soie immergée à arracher.

      J’ai observé de nombreuses heures durant, l’utilisation d’une soie à pointe plongeante. J’ai moi-même pu la tester sur quelques dérives. En rivière, le verdict est sans appel, bien que ses qualités aient l’air incontestables et qu’elle paraisse être une des composantes indissociables de la pêche en noyée. L’application pure de ses qualités sur l’eau, ne sont pas vraiment convaincantes. La différence de densité entre la partie flottante et la partie plongeante associée à des courants souvent plus rapides en surface que dans les couches profondes que prospecte la mouche de pointe, soumettent à la soie des forces différentes. Cela ne permet que des contrôles et une tension aléatoires de la ligne et occasionne trop souvent du mou dans la ligne, les résultats se font rapidement ressentir, dérives peu ou pas pêchantes, retards de perception des touches et bien entendu ratés réguliers. Il faudrait, pour que le pêcheur polyvalent la maîtrise, une pratique régulière de la technique et une compensation permanente des défauts de cette soie. En réservoir, ou l’on échappe aux contraintes du courant, des remous, du dragage et des obstacles, ce type de soie est plutôt efficace. elle occasionne, le temps de comprendre sa position et le léger ventre qu’elle forme sous l’eau, quelques ratés au ferrage.

      Le bas de ligne, comme c’est souvent le cas, reste une question de personne... la discrétion est un peu moins importante lorsque l’on pratique sous l’eau, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas soigner le posé. Le bas de ligne est plus court et peut être construit avec des pointes moins fines que ceux qui pêchent en sèche. Une base pourrait se situer aux alentours des 3 mètres, qui démarre à 40/100ème et se termine entre 18 et 14/100ème de nylon teinté ou fluorocarbone. La diminution de diamètre se fait de 10 en 10/100ème dans les gros diamètres.

      50 cm de 40/100ème - 50 cm de 30/ 100ème - 50 cm de 20/100ème - Potence de sauteuse - 70 cm de 18 ou 16/100ème - Potence intermédiaire - 80 cm de 16, 14 ou plus rarement 12/100ème - Mouche de pointe

      technique noyée Pour le montage du bas de ligne, je n’utilise que des nœuds de chirurgien, c’est un choix qui ne fera sans doute pas l’unanimité, mais qui à fait ses preuves et me convient très bien pour la noyée.

      Les potences traditionnelles se font à partir des excédents de fil au niveau des deux dernier nœuds, dont on gardera le fil montant. Le fil restant doit mesurer au moins 10 cm, pour y fixer une mouche.

      Si la longueur de fil ne permet plus de fixer une mouche, on peut rajouter une potence, en fixant un fil (du diamètre supérieur à celui qui reçoit la potence). Le nœud est simple, il se fait au-dessus du dernier du bas de ligne et se glisse sur ce dernier. On garde généralement le brin qui monte.

      Quelques nuances pour les bas de ligne pour la noyée en réservoir

      technique noyée Les deux possibilités de faire des potences, telle qu’elles sont présentées dans les croquis qui précèdent, seront réservées à la pêche en rivière ou le risque de rencontrer régulièrement de très gros poissons sont limités. Si l’on pratique sur des parcours « no kil » bien peuplé, à l’étranger ou en réservoir, sur de gros poissons, avec un train de 2 ou 3 mouches, mieux vaut lors de la confection des nœuds, garder et utiliser les brins qui vont vers le bas. Dans ce cas la forte traction qui s’exerce vers le bas, va dans le sens du bas de ligne et du nœud. Si vous souhaitez un nœud qui ne coulisse pas sur le bas de ligne et qui se trouve donc être fixé à un niveau définitif, je vous conseille un nœud de chirurgien que vous confectionnerez au niveau désiré, entre un brin de nylon rapporté, de diamètre supérieur de 2 à 5/100ème à celui qui le reçoit, et le nylon du bas de ligne. Si pour la rivière, selon sa largeur, 2,5 à 3,5 mètres de bas de ligne semblent suffisant, en réservoir, on gagnera à rallonger ce dernier en poussant à 4 voir 5 mètres en augmentant régulièrement la longueur de chaque brin du bas de ligne traditionnel. La pointe du bas de ligne devra elle aussi s’adapter à la taille et la combativité des poissons. Le 16/100ème me parait être idéal pour se lancer et se rendre compte de la violence des touches, avec un peu de pratique, l’utilisation du 14 ne pose pas trop de problèmes, le 12 quand à lui, requière une bonne pratique et une canne bien adapté... mais attention à la casse.

      Le train de mouches

      Pour le train de mouches lui même, il est de coutume de respecter la règle de la mouche la plus lourde et normalement la plus grosse à la pointe et la plus légère en sauteuse, ce qui permet de prospecter efficacement toutes les couches d’eau. Lorsque l’on pratique avec 3 ou 2 mouches c’est assez simple, mais à une seule mouche, il est primordial de localiser le niveau d’activité des poissons. Il faut rappeler que la noyée à une seule mouche se pratique spécifiquement sur les parcours ou la législation n’autorise pas le pêche à plusieurs mouches, ou parfois comme expliqué plus haut, lorsque la configuration des lieux ne permettent d’échapper à la vue des poissons en descendant le cours d’eau ou lorsque l’on est confronté à des secteurs d’eaux basses, ou des courants rapides ponctués de nombreux obstacles. Certains pêcheurs de mes connaissances utilisent, en pointe, de petits streamers noirs, bruns ou olives, en marabout ou en poule, ou encore de grosses nymphes de type mouche des pierres ou demoiselle. Pour ma part, la pêche au streamer en rivière est une technique à part entière tout comme la nymphe, mais cette méthode semble donner de très bon résultats et mérite sans doute qu’on s’y intéresse de près... Pour ma part, mon train de mouche favoris, se compose d’une casque d’or ou d’une mouche type Pallareta en pointe, d’un montage type espagnol en intermédiaire, et pour finir, d’une mouche fine à collerette molle type Peute, parfois avantageusement remplacé par un montage palmer ou araignée classique qui, pour ne pas servir d’indicateur de touche, ne doivent pas flotter, c’est un de mes principes.

      Il est bon de rappeler, pour ceux que ça intéresse, que lors des compétitions officielles de la FFPML, l’utilisation de mouches lestées sur un train de noyée est interdit en rivière, en réservoir, l’association d’une mouche lestée à d’autres mouches, dont une flottante, doit être sans cesse en mouvement et le ferrage ne doit pas être consécutif à un mouvement de la flottante en surface (pêche au bouchon ou bikini). L’espace entre les mouche doit être de 50 cm bas de ligne à la verticale... vous voilà prévenu.

      Les mouches

      technique noyée Pêcher avec un train de trois mouches, n’a pas pour but de prendre un poisson sur chaque hameçons, mais bel et bien d’explorer toutes les couches d’eau de la rivière, en offrant une représentation plutôt évocatrice que imitative d’une éclosion à trois stades différents... il fallait y penser !!! Même si une seule mouche est prise, il ne faut pas négliger les deux autres, puisque qu’elles ont jouer leur rôle de « déclencheuses d’attaque ». Des prises répétées sur la même mouche ne doivent pas vous faire prendre des raccourcis dans l’analyse de votre train de mouche et vous entraîner à changer les deux autres, puisque l’ensemble pêchant en sera modifié. D’autant que généralement la mouche convoitée, l’est uniquement parce qu’elle pêche à la bonne hauteur et qu’elle a la bonne taille et la bonne couleur.

      Si certains conseillent, aux débutants, de commencer à pêcher en noyée à une seule mouche, je crois que c’est loin d’être le meilleur moyen de donner les bonnes bases d’apprentissage... bien entendu cela simplifie un peu les choses, pas de d’emmêlements au posé, pas d’accrochages intempestifs, etc... Je sais d’expérience, qu’il est difficile lorsque l’on a pris l’habitude de pratiquer d’une certaine manière, on se contente souvent de ce que l’on connaît... Le train de mouche doit s’adapter à la réglementation en vigueur, puisque les restrictions divers, en France et ailleurs, limitent parfois le nombres de mouche à deux voire une seule.

      La mouche fine est un montage au corps fin et cerclé, agrémenté d’une collerette en fibres molles, qui imite plus particulièrement le stade de nymphe ou d’imago. La collerette à pour but de donner un semblant de vie. Ce type de montage peut être légèrement lesté. C’est le type de mouche que l’on place souvent en sauteuse ou en intermédiaire et parfois en pointe sur des courants rapides et peu profonds.

      La mouche bourrue est un montage au corps épais ou renflé et cerclé, avec ou sans collerette, qui imite plutôt une larve ou une gammare. Ce type de montage peu se lester avec des enroulements de cuivre, de plomb ou une bille placée en tête. Lorsqu’il est lesté, ce type de mouche se place principalement en pointe et en intermédiaire pour les modéles peu ou pas lestés.

      Un maître mot, fibres molles pour eaux calme, fibres raides pour eaux turbulentes...

      Les fibres molles sont une des composantes essentielle des mouches noyées, elle offrent un semblant de vie à nos montages. Pour monter les mouche noyées on utilise des fibres très mobiles, les préférences vont généralement aux plumes de poule, de perdrix ou de cane.

      Les modèles pour les courants forts seront plus efficaces avec une collerette de fibres plus raides, type cou de coq ou en poils de cervidés, plus rigide.

      Pour le corps, c’est le fils de montage, vernis ou pas, la laine, le dubbing ou le herl de paon non ébarbé qui ont la préférence des monteurs. Le cerclage de ce dernier se fait avec du fil de montage, ou de cuivre, parfois avec des tinsels.

      Les couleurs, contrairement aux idées reçues, doivent restées pâles, presque ternes, dans des tons allant du noir au blanc, en passant par le jaune, le mauve, l’olive, le rouille, etc... Les montages clairs seront plutôt réservés à la pêche par temps ensoleillé ou sur les rivières calcaires, alors que les teintes foncées seront plus efficaces dans des eaux acides ou chargées, particulièrement par temps couvert.

      Si vous vous essayez à la mouche noyée, vos premières impressions, après quelques heures le lancer, seront sans doutes assez partagées.

      Entre une pêche pas vraiment faite pour vous et un attrait certain devant l’efficacité d’un spécialiste aguerri, il vous faudra choisir... Ne vous contentez pas d’une analyse succincte, vivez votre pêche, votre dérive, soyez votre mouche... pour comprendre ce qui se passe sous l’eau.

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