Critique de l’éducation en Z.E.P


    ... à la lumière de l’écoformation


    août 2004 par Philippe Nicolas

      Si les Z.E.P, zones d’éducation prioritaires, restent dépendantes d’un préjugé tenace véhiculé par un discours social, visant à faire fuir les enseignants de ces localités, l’exercice de l’enseignement reste néanmoins difficile dans ces zones, et ce à plusieurs titres. Le maître doit savoir tirer profit d’une réalité citoyenne pluri-culturelle, puis il doit avoir les armes pour discerner que la violence à l’école - et ce dès le premier cycle - exprime un mal-être identitaire.
      Aussi combien est-il crucial de s’interroger sur l’avenir de ces populations, notamment de ces enfants vivant en Z.E.P en prévenant déjà des risques certains d’une ghettoïsation de ces banlieues ! Comment ces enfants envisagent-ils dans ces lieux un attachement au monde dans la pensée de G.Amar ? Qu’est-ce qui peut les accompagner durablement dans leur existence à venir ? Comment ces écoliers qui n’ont jamais flâné au bord d’une rivière, joué en forêt, pourront aimer notre terre ? Telle est la critique existentielle de l’éducation en Z.E.P dans cette communication.

      Si, pour la majorité des enfants scolarisés dans ces zones d’éducation prioritaires, l’école représente la dernière chance, elle se doit de se mettre à la portée de ses écoliers, en leur offrant une rencontre écoformée (G.Pineau), seule capable d’une dynamique de l’apprendre. Qui dit rencontre écoformée, implique un processus de réconciliation du sujet "élève", avec soi, les autres et le monde. Ainsi leur révéler leur importance, mais aussi celle des autres et celle de l’environnement, sont premiers pour penser les élancer vers un avenir moins noir que ce que certains prédisent : telle est la pédagogie du maître en Z.E.P qui veut leur faire aimer l’école.

      Si la réalité sociale des Z.E.P - qui méritera d’être développée - n’est que trop peu conscientisée dans l’élaboration et la proposition des programmes scolaires obligatoires déclinés sur les trois cycles, les champs de Découverte et Connaissance du monde explorés, exploités - de façon transversale avec les matières dites fondamentales - par des activités en lien étroit avec l’environnement (en favorisant les expériences corporelle, intellectuelle tant sur le plan individuel que collectif) participent étonnement à une intégration scolaire et sociale de ces enfants.

      Ainsi ces lieux de Z.E.P seraient - pour celles et ceux prêts à l’actualiser - de réels laboratoires d’enseignement d’une nouvelle forme d’apprendre dans une perspective identitaire d’un réel sentiment d’appartenance sociale, à partir d’une part de la richesse pluri-culturelle et d’autre part en pariant sur le réinvestissement des liens subtils entre sujet écolier et environnement mobile.

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