Dordogne


    Un cri d’alarme


    août 2004 par Jean-Marc Koffi

      Un cri d’alarme. Je lance un cri d’alarme. Personne ne semble croire que cette rivière est en train de s’éteindre. Voilà plus de 25 ans que je la suis le long de ses eaux, canne à mouche en main. Chaque année, depuis douze ans, j’entends le désormais célèbre : "il n’y a plus de poissons....". Il y a encore quelques temps, cette phrase me faisait sourire car elle était trop cruelle en vérité. Oui, aujourd’hui, j’ai de la peine. Je constate qu’il y a un sérieux problème sur "ma Belle Dordogne". Alors, je dis avec sérieux que d’après mes observations, il y a 70% de truites et d’ombres en moins que dans les années 90 sur les nombreux secteurs entre Argentat et Beaulieu.

      Je ne peux plus croire ceux qui me disent qu’ils ont vu, ça et là, des quantités fabuleuses de beaux poissons. Je ne peux plus croire ceux qui me disent simplement la Dordogne va bien. C’est faux ! Pour moi qui la connaît si bien et qui la pêche régulièrement, il m’est impossible d’accepter cela. Certes, il y a plus de vairons, mais malheureusement presque plus de truites. Certes, il y a une qualité d’eau de niveau 5 à la sortie des barrages, mais les éclosions sont quasi nulles. Certes, les vandoises peuvent être confondues par certains avec des ombres mais dès lors que celles-ci dépassent les 20 cm, elles attrapent des maladies .

      Alors, peut-on encore dire que tout va bien ? Quant aux réserves et aux no-kill, il faut arrêter. C’est trop ! Sans un alevinage sérieux et suivi, sans une gestion pertinente de l’équilibre des espèces qui nous intéressent dans ces secteurs, on aura bientôt réussi à faire de la seule rivière de 2ème catégorie capable de contenir des truites et des ombres fabuleux, une vraie rivière à cyprinidés seulement. Pourquoi pas après tout, si c’est le projet de certains ? Tuer la rivière pour créer des réservoirs où ils pourront mieux se remplir les poches !

      Ici, Il y a de la place pour tout le monde. Mais, par pitié pour les générations futures, laissons leur le choix et le droit de rêver devant les ronds des poissons comme dans un passé récent.. Moi...je lance encore ma mouche au creux de cette belle vallée mais, seuls des fantômes viennent partager mes jeux devenus moins joyeux.

      Aimer une rivière, ce n’est pas l’expliquer, c’est la regarder, la voir et prendre soin d’elle. Elle est aussi vulnérable qu’un enfant qui vous fait confiance. Respectons la et unissons nous autour de ce projet pour la réhabiliter. Le bonheur est encore dans la vallée. Pour combien de temps ? Je ne le sais pas.

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