Montage d’une nymphe classique


    août 2004 par David Synold

      L’appellation de nymphe, désigne selon des critères régionaux, nationaux ou continentaux, différents stades du développement de l’insecte, allant de la larve à l’émergente. Pour ma part, je limite l’appellation de nymphe à toute imitation d’insecte dans sa phase aquatique et qui pêche sous la surface de l’eau. En ce qui concerne les imitations que l’on monte pour pêcher dans la pellicule de l’eau, pour plus de clarté et pour leur donner l’importance qu’elles méritent, je préfère les classer dans la catégorie des émergentes.

      Dans le petit monde des nymphes, on peut trouver trois grands types de montages. Le premier pourrait se nommer "suggestif", parce que l’imitation suggère plutôt que d’imiter, en prenant la forme générale de l’insecte. Les priorité de ce type de montage est le respect de la taille, des proportions, et de la teinte.

      Le second type, le plus utilisé, se nomme "imitatif", simplement parce que l’insecte est imité avec des détails bien marqués, comme les cerques, l’abdomen, le thorax, ou encore les pattes et le ailes. Ce type de montage est plus proche de la réalité que le précédent, mais doit lui aussi respecter taille, proportions, et teintes ...

      Le troisième type, est depuis quelques années très à la mode, et donne aujourd’hui dans des mains expertes, des résultats qui ressemblent à des oeuvres d’art. Nommé à juste titre, "réaliste" ou "hyper réaliste", les imitations qui en découlent, ne sont que très peu pêchantes et sont plutôt des pièces de concours et d’exposition.

      nymphe classiquePeu importe le choix que vous ferez pour le type de montage, l’important est de choisir les bons matériaux. Lorsque l’on présente une imitation de sèche, le poisson ne la verra que du dessous. La bonne flottaison des matériaux est alors primordiale. Pour la nymphe, c’est dans l’eau qu’elle pêche et le poisson à tout le loisir de l’observer sous tous les angles, ce qui implique que les matériaux doivent donner une impression de naturel et une illusion de vie.

      Plus les matériaux sont vivants et ressemblants, moins le poisson sera attentif aux détails suspects de ce qui n’est et ne reste en fait, qu’une imitation.

      C’est dans le genre "imitatif", que j’ai choisi un montage classique. Il imite l’ordre des éphémères.Vous pouvez le décliner en plusieurs teintes classiques en respectant l’homogénéité de tous les composants. Sans sa queue, ce montage fera très bien l’affaire pour imiter un trichoptère. Pour la taille de l’hameçon, on choisira librement et selon les habitudes locales ou ses observations au bord de l’eau, entre 10 et 18. Gardez à l’esprit que monter une nymphe imitative de ce type, sur un hameçon de 18, relève d’une dextérité que l’on acquiert avec du temps et de la pratique.

      Pour commencer le montage, enrouler une soie de montage noire de 4/0 à 14/0 selon la taille du montage. Commencer au milieu de la hampe en allant vers la courbure et en s’arrêtant 3 mm avant. Préparer trois fibres de bio d’oie et les fixer par deux tours de soie.

      nymphe classique Préparer un brin de fil de cuivre, un morceau de tinsel plat ou encore un morceau soie floche. Fixer comme la queue et amener la soie à spires jointives jusqu’au second tiers de la hampe.

      Ramener la soie à l’arrière jusqu’à la queue et au matériel de cerclage en attente. Préparer une boucle de 15 cm pour faire un dubbing et ramener la soie vers l’avant comme précédemment.

      Préparer le dubbing fin, avec des poils de lièvre ou un mélange de lièvre et de fibres synthétiques. Enrouler la boucle de dubbing, jusqu’à redresser les fibres.

      Rouler le dubbing jusqu’à la fin des enroulements de soie de montage et le bloquer sous un tour de soie de montage. Laisser le reste du dubbing en attente.

      Amener le matériel en attente pour créer un cerclage du corps. Pour ce faire enrouler ce dernier à spires non jointives, espacées de 1 à 3 mm selon la taille du montage et cela, jusqu’au bout du dubbing. Bloquer le matériel de cerclage et le dubbing sous deux tours de soie de montage.

      Choisir un segment de plume d’aile d’oiseau (dinde, canard, ...) pour créer l’élytre, et le fixer au ras du dubbing sous un tour de soie de montage. Prendre une plume de flanc de canne col vert, de cou de poule ou de coq aux fibres molles pour imiter les pattes. La fixer par la pointe et sous deux tours de soie, au même endroit que le segment de plume posé précédemment. Laisser en attente.

      Rouler le dubbing resté en attente, vers l’avant et jusqu’a 3 mm de l’oeillet. Bloquer avec un tour de soie de montage.

      Fixer au bout de la plume laissée en attente, une pince à hackle. Rouler la plume vers l’avant, deux à trois tours suffisent. Bloquer par 2 tours de soie de montage.

      nymphe classique Couper maintenant l’excédent de dubbing et le reste de la plume que vous venez de rouler. Ramener le segment de plume d’aile vers l’avant en écrasant les fibres de plume, pour imiter l’élytre.

      Bloquer et faire une tête avec la soie de montage. Finir le montage selon les habitudes, fausses clefs ou noeud final, et vernir.

      Selon les lieux d’utilisation, courants ou lisses, on peut lester les nymphes. Pour un lestage léger, des enroulement fil de cuivre en guise de cerclage, font l’affaire. Il existe dans le commerce, différents systèmes, de lestage, plomb moulé, hameçon plombé... mais je reste fidèle aux bonnes vieilles méthodes, d’enroulement de fil de plomb.

      L’utilisation de billes de cuivre, laiton, etc... enfilées sur l’hameçon et fixées en tête, donne des résultats assez exceptionnels.

      L’enroulement de fil de plomb en sous corps, est assez efficace et permet avec un peu d’habitude de lester très précisément les nymphes. L’écrasement léger des enroulements de plomb, avec une petite pince plate, permet d’imiter parfaitement le corps aplati de certaines larves.

      N’oublier jamais de passer une couche de colle rapide sur les enroulements pour homogénéiser le corps et le vernir avant de rouler la soie dessus.

      streamer

      Le poids de la nymphe est choisi en fonction de la profondeur de l’eau et la rapidité du courant :

      Courants rapides/fonds de 100 à 200 cm, nymphe lourde,
      Courants rapides/fonds de 20 à 100 cm, nymphe lourde à moyenne,
      Courants lents/fonds de 20 à 100 cm, nymphe légère,
      Courants moyens à lents/ fonds de 100 à 200 cm, nymphe moyenne à légère.

      On classe généralement les nymphe lestées en trois catégories : lourdes, moyennes, et légères. Ce classement a le mérite d’être d’un grand flou, alors essayons d’y voir plus clair... les nymphes lestées par des enroulements de fil de plomb ou de cuivre/laiton : (le nombre d’enroulements est choisit en fonction de la taille de l’hameçon utilisé.)

      nymphe classique Lourdes / 15 à 20 tours de fil de plomb type "moyen" sur les hameçons de 10 à 14 et de 5 à 12 tours de fil de plomb type "fin" sur les hameçons de 16 à 20.

      Moyennes / 5 à 12 tours de fil de plomb type "moyen" sur les hameçons de 10 à 14 et de 3 à 8 tours de fil de plomb type "fin" sur les hameçons de 16 à 20.

      Légères / 5 à 20 tours de fil de cuivre type "fin" sur tous les montages et en rapport avec la taille de l’hameçon.

      Reste, qu’il faut garder à l’esprit que la nymphe lourde supporte mal d’être lancée avec un bas de ligne long et on limite volontiers sont utilisation aux cas extrêmes... à vous de voir ou se situe la limite de l’extrême.

      La dernière façon de lester nous vient de M. Sawyer, et de sa fameuse "Phaisan Tail". Le matériel utilisé est du fil de cuivre que l’on fixe avec la queue et dont on fait le cerclage du corps.

      Après avoir fixé le segment de plume qui fera office d’élytre, on continue à enrouler le fil de cuivre pour créer ainsi un thorax d’enroulement de cuivre sur lequel on ramènera le segment de plume d’aile.

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