Les étangs de la Mutche


    décembre 2001 par Jean-Pierre Jurado

      Les étangs de la Mutche Les étangs de la Mutche, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz et autant du bassin houiller lorrain, sont devenus depuis déjà quelques années, un haut lieu de la pêche sportive. Le plus grand des deux, quatre vingt hectares, fait le bonheur des pêcheurs de carpes, silures, brochets, poissons blancs. Le plus petit, d’une surface pêchable légèrement supérieure à huit hectares est réservé à la pêche aux leurres.

      La pêche au lancer mais aussi à la mouche, techniques qui permettent de relâcher les poissons dans de bonnes conditions, sont autorisées sur les étangs de la Mutche. La pêche à la mouche s’y développe de manière exponentielle depuis que Mario Hubert, pêcheur à la mouche de talent, a pris en charge la gestion, l’animation et la promotion de cette pièce d’eau. Il a déjà converti de nombreux pêcheurs au lancer aux joies de la pêche au fouet.

      Il faut dire que la nature de l’étang s’y prête remarquablement : la faible profondeur, qui atteint son maximum, deux mètres quarante, au niveau de la digue et le fond tapissé d’herbiers qui ne disparaissent jamais complètement, même au plus fort des gelées, favorisent les streamers fouettés par rapport aux leurres traditionnels.

      La berge sud-ouest, découpée, est bordée d’une ligne de roseaux d’une vingtaine de mètres de large, offrant aux poissons des refuges de choix et aux pêcheurs des émotions fortes lorsqu’ils parviennent à y débusquer un poisson chasseur.

      Les berges sont suffisamment dégagées pour lancer un streamer sans trop de soucis, mais la végétation reste suffisamment abondante pour permettre à l’étang de conserver un caractère sauvage. L’emploi d’un float-tube (location sur place, mais on peut aussi amener le sien) est le seul moyen efficace pour s’extraire de la végétation rivulaire et atteindre des postes inaccessibles du bord. Des bandes de terre formant des pontons ont été aménagées. Elles permettent aux moucheurs de lancer du bord, les pieds au sec sans souci d’accrochage arrière. Le brochet règne en seigneur de ces eaux où il se reproduit avec succès. Chaque année, il se capture des poissons de plus d’un mètre. Pas tous les jours, mais assez souvent pour ne pas être l’exception. L ’ accompagnent le sandre, la perche ainsi qu’une grande densité de poissons fourrage qui procurent aux poissons chasseurs un abondant garde-manger.

      Les étangs de la Mutche Le grand étang, d’environ quatre vingt hectares, est lui particulièrement voué à la pêche de la carpe. Les postes sont numérotés, ce qui garantit la tranquillité de chacun. Ce plan d’eau s’est forgé une réputation de qualité bien au delà des frontières hexagonales, si bien qu’il est habituel de rencontrer des pêcheurs de plusieurs nationalités en faisant le tour de l’étang. Ceci favorise les échanges, techniques ou culturels.

      La réglementation est simple, mais stricte. La taille minimale de capture du brochet est de soixante dix centimètres, de soixante cinq centimètres pour le sandre. Avec une carte journalière, il est possible de conserver un poisson, deux avec une carte hebdomadaire, trois avec une carte mensuelle et six avec une carte annuelle, mais beaucoup de pêcheurs n’utilisent pas cette faculté et relâchent toutes leurs prises.

      Grâce à ces mesures de conservation, toute réintroduction de poissons d’élevage est inutile, la reproduction naturelle suffisant amplement à assurer une bonne densité de poissons sauvages. Alors si votre but est de faire une pleine bourriche de poissons d’élevage naïfs, il est clair que vous vous êtes trompé d’adresse. Si par contre vous recherchez de vrais poissons sauvages, nés dans ce biotope, dont les seuls contacts avec l’homme se font au bout d’une ligne, alors vous avez bien frappé à la bonne porte.

      Le moucheur, en raison de la faible profondeur et de l’abondance des herbiers, est avantagé. Il peut glisser ses mouches là où le lanceur doit renoncer. En été, une soie et un bas de ligne flottant conviennent parfaitement pour prospecter l’essentiel des postes sans s’accrocher. L’ hiver, on peut avoir recours à une soie intermédiaire pour faire évoluer une mouche au ras du fond dans les trouées d’herbiers, mais ce n’est pas indispensable.

      Toutes les mouches de grande taille sont efficaces, qu’elles soient faites de bucktail, de poils de chèvre, de bandelette de lapin, marabout ou de fibres synthétiques. Pour ne pas racler le fond, il convient cependant que ces streamers soient montés sur des hameçons légers et fins de fer dans les plus grandes tailles. Sur place, demandez à Mario qu’il vous montre ses mouches, elles sont particulièrement efficaces car issues d’une riche expérience halieutique. Vous aurez ainsi une source d’inspiration pour les longues soirées d’hiver devant l’étau.

      Il est, à ma connaissance, le premier à avoir associé sur une mouche à brochet des poils de cervidés en tête et des matériaux mobiles pour le corps et la queue. La tête en poils durs taillés crée une turbulence qui fait onduler le lapin, flashabou ou tout autre matériau mobile, même lors d’une traction linéaire. C’est simple, efficace, il suffisait d’y penser...

      Les poppers, amusants à manier, sont particulièrement indiqués quand les brochets veulent bien monter en surface, notamment l’été. L’hiver, il faut souvent insister pour décider un brochet ou un sandre récalcitrant, ma préférence va alors vers les mouches en lapin qui peuvent être travaillées très lentement, presque sur place.
      Le reste du temps, c’est généralement au premier ou deuxième passage que le leurre est happé, alors qu’importe le modèle pourvu qu’on ait la touche...

      Mon opinion sur cet étang, est qu’il s’agit tout simplement du meilleur réservoir dédié à la pêche du brochet à la mouche, ne serait ce que pour son mode de gestion et son peuplement en poissons sauvages. La réussite n’y est jamais assurée, même pour les meilleurs pêcheurs, mais je vous souhaite d’y être lors d’un jour de folie prédatrice, vous vous en souviendriez longtemps avec émotion.

      Mon dernier mot, concernera l’accueil. On vous accueillera à la maison de la pêche, ce qui nous change des pompeux loooodges. Elle est ouverte à tous, et de nombreux pêcheurs du coin y passent aux nouvelles. Les uns sont carpistes, les autres moucheurs, et tous passionnés ont ici un lieu de rencontre convivial. Il y a toujours moyen de s’y réchauffer autour d’un café et de discussions passionnées traitant évidemment de la pêche, de sa gestion, des poissons, des biotopes...au point que quelquefois on en oublie même de retourner à la pêche, surtout quand la bise plie les vieux roseaux, au cœur de l’hiver.

      Accès :
      A Morhange, prendre la direction de la zone industrielle, la traverser, passer sous le petit pont, et continuer sur cette route quelques centaines de mètres jusqu’à l’entrée du centre touristique qui se trouve sur la droite.

      Hébergement :
      sur place en chalets ou camping, hôtels à Morhange

      Contacts, renseignements complémentaires  :

      Mario ou Bernadette Huber
      Mutche Pêche
      Centre touristique de la Mutche
      57340 Morhange
      Tél. 03.87.86.48.08
      Fax 03.87.86.24.88.

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