La Cistude d’Europe


    Une espèce sous très haute protection


    29 août 2004 par EchosMouche

       la Cistude d'Europe La Cistude d’Europe, emys orbicularis, appelée aussi tortue boueuse appartient à la famille des émydidés. Habituée des abords des rivières à court lent, des plans d’eau et des zones humides, son aire géographique s’étend de l’Europe centrale et méridionale jusqu’à l’Afrique du Nord. Cette espèce reptilienne, connue depuis 1758 et aujourd’hui menacée, fait l’objet de programmes de protection tant au niveau national qu’au niveau européen.

      La Cistude d’Europe est facilement reconnaissable tant par sa carapace lisse et bombée, lègérement évasée vers l’arrière, que par la couleur de sa peau brune ponctuée de taches jaunes et sa queue fine et longue. Sa taille avoisine la vingtaine de centimètres mais peut atteindre trente centimètres et plus pour un poids de 2 à 3 kg. Ses pattes palmées, pourvues de puissantes griffes, en font une nageuse hors pair et une excellente grimpeuse. Si son ouïe est quelque peu déficiente, absence de tympan oblige, sa vue et son odorat sont, par contre, extrêmement développés. Exemple de longévité, certaines Cistudes dépassent l’âge de cent ans.

      Comme tous les reptiles, la Cistude régule en permanence la température de son corps. Par temps chaud, quand elle ne se réfugie pas dans la vase ou dans l’eau à la recherche de fraîcheur, elle se dore au soleil. Dès les premiers froids, elle s’enfouit profondément dans la vase ou creuse un terrier où elle hibernera pendant plusieurs mois. Au cours de cette période son métabolisme se ralentit. Elle ne se nourrit plus. Elle ne respire plus avec ses poumons mais à la manière des poissons en absorbant l’oxygène dissous dans l’eau grâce à de miniscules protubérances remplies de capillaires sanguins.

      Son régime alimentaire est le plus souvent composé de vers , de molusques aquatiques, de petits crustacés et d’insectes mais aussi de poissonnets. Habituée des zones humides, la Cistude chasse parfois sur la terre ferme. Elle se nourrit alors de lombrics et de limaces.

      Si les femelles ne sont pas fécondes avant l’âge de 15 ans, les mâles atteignent leur maturité sexuelle entre 5 et 10 ans. La période de reproduction se situe à la sortie de l’hibernation aux environs des mois de mai et juin de chaque année. L’accouplement a généralement lieu sous l’eau. La ponte est déposée par la femelle dans un nid d’une dizaine de centimètres de profondeur pratiqué dans un sol sableux. La ponte terminée, le nid est comblé de terre et recouvert de végétaux pour le dissimuler aux regards des nombreux prédateurs que sont les mustélidés, les surmulots, les renards et les hérons.

      Bien que protégées, les populations de Cistudes d’Europe sous l’effet du réchauffement climatique, des pollutions, de l’emploi de pesticides, de la disparition des zones humides qui constituent son habitat et de l’introduction de la tortue de Floride, sont plus que jamais ménacées, voire en voie d’extinction dans certaines régions. De nombreux programmes scientifiques visant à mettre en place des mesures de suivi et de conservation de l’espèce ou sa réimplantation ont été lancé récemment comme à la Tour du Valat, en Camargue ou en Corse où l’on procéde à des opérations de capture-marquage.

          | Réagir à cet article | Rechercher | Dans la même rubrique |

            Copyright echosmouche.fr
            Tous droits de diffusion et de reproduction réservés - Système de Gestion de contenu spip(3.0.17)
            Sommaire La Lettre d'echosmouche.fr Concours Auteurs Trophée Echos Mouche Nous écrire