Algues vertes


    la déferlante


    1er septembre 2004 par EchosMouche

      Algues vertes, la déferlantePour une fois, nous étions prévenus. Il ne nous manquait pas un bouton de guêtre. Elle allait arriver et nous étions fin prêts. Cette chronique d’une canicule annoncée et qui, fort heureusement, ne s’est pas produite, aura fait les choux gras de nos médias nationaux au cours d’un mois de juillet tristounet plus propice à laisser filer sa mouche au fil de l’eau qu’à lézarder sur une plage en bord de mer.

      A défaut de canicule, cette période estivale aura été marquée par quelques fortes chaleurs et de violents orages. La faible pluviométrie de l’hiver et du printemps derniers n’ayant pas permis de reconstituer nos réserves en eau, sur la plupart de nos rivières, les niveaux , sans pour cela être alarmant au début de cet été, n’en étaient pas moins bas au point qu’à la fin du mois de juillet la sécheresse touchait plusieurs départements français.

      Sur les façades maritimes, et plus particulièrement sur les côtes nord de la Bretagne, c’est à une véritable déferlante d’algues vertes que nous avons assisté. Ce phénomène semble s’amplifier d’année en année. De nombreux endroits, jusqu’alors épargnés, sont aujourd’hui "colonisés" par ce fléau colporté au grè des marées.

      Si le discours officiel tend à démontrer que la qualité de l’eau s’améliore, la situation sur le terrain et sur le littoral tend à prouver le contraire. Malgré les nombreux coups de gueule, les nombreuses actions lancées par diverses associations et les divers plans mis en œuvre visant à limiter la quantité de nitrates rejetée dans nos rivières - et qui inévitablement se retrouveront dans nos estuaires et sur nos côtes - , le massacre continue.

      L’agriculture raisonnée dont on nous rabat les oreilles depuis des années est loin d’être chose acquise. Notre modèle agricole reste, majoritairement et viscéralement, productiviste. Il repose principalement, comme en Bretagne, sur des élevages hors-sol qui génèrent une telle quantité d’effluents qu’on ne sait plus comment s’en débarrasser. Bien que théoriquement règlementés, dans la pratique les épandages inconsidérés, voire sauvages, continuent au su et au vu de tous. Jusqu’où irons-nous ?

      Cet épisode montre, une fois de plus et s’il en était nécessaire, qu’un combat n’est jamais gagné et qu’il nous faut remettre sans cesse le travail sur le métier. La lutte continue. Elle sera longue, très longue et son issue ... incertaine.

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