La mulette ou moule perlière


    Margaritifera Margaritifera


    28 décembre 2004 par EchosMouche

      La mulette ou Margaritifera Margaritifera est une espèce en voie d’extinction. Ce mollusque , dont la coquille noire de forme légèrement allongée mesure entre 2 et 5 centimètres, est aussi appelé moule perlière. Contrairement aux apparences, elle n’a strictement rien à voir avec la moule d’eau de mer . Elle fait partie des onze espèces de moules d’eau douce répertoriées, à ce jour, en France. La population de moules perlières est actuellement estimée aux environs de cent mille individus au niveau national alors qu’elle dépassait plusieurs millions au début du 20ème siècle.

      Comme tous les mollusques, elle respire par l’intermédiaire de branchies qui filtrent les éléments de l’eau dont elle extrait sa nourriture. De la même manière, elle ingère aussi de minuscules particules de matières organiques qu’elle accumule, au fil des ans, autour d’un noyau constitué le plus souvent d’un grain de sable pour produire une perle ; particularité dont elle tire son nom.

      Ce bivalve, qui peut vivre jusqu’à cent ans et plus, évolue dans les cours d’eau de bonne, voire d’excellente qualité, exempts de nitrates et de pesticides. Exigeant, il affectionne les cours d’eau bien oxygénés et pauvres en calcaire. Il n’atteint sa maturité sexuelle qu’à l’âge de vingt ans. Lors de la reproduction, le mâle libère les spermatozoïdes qui descendent vers l’aval à la rencontre d’une éventuelle moule femelle. Les spermatozoïdes captés par le système de filtration de la moule femelle entraînent sa fécondation. Les oeufs fécondés donneront naissance à des larves ou glochidies qui, une fois libérées, vivront quelques semaines en parasite accrochées aux branchies des truites et des saumons de passage avant de tomber et de se fixer sur le sable ou le gravier du fond . Sur des millions d’œufs produits , un seul bivalve atteindra l’âge adulte et se reproduira .

      Encore présente dans certains cours d’eau bretons, de Loire ou de Haute Loire, dans l’est de la France et au Luxembourg, la mulette, bien que protégée, tend à disparaître de nos rivières. Ce phénomène est principalement lié au ramassage à des fins alimentaires ou perlières dont elle a fait l’objet par le passé ; ces pratiques étant désormais prohibées. L’aménagement des cours d’eau, les barrages, les seuils, les curages mais aussi la présence de pesticides , de nitrates qui participent au phénomène d’eutrophisation de l’eau, ont aussi largement contribué au déclin de cette espèce qui constitue un bio-indicateur de tout premier plan.

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