La station de phytorestauration de Honfleur


    Une première mondiale


    27 novembre 2004 par EchosMouche

      C’est un vaste espace de plus de quatre hectares arboré, entrecoupé de chenaux, de pièces d’eau, d’allées et planté d’espèces végétales épuratives que nous vous invitons à découvrir ce mois-ci. Cet immense jardin situé à deux pas du marais Vernier et à quelques encablures du Pont de Normandie, trait d’union entre le nord et le sud d’une région à la pointe de l’innovation, n’est pas un espace vert comme les autres mais une ... station d’épuration ou, plus précisément, la station de phytorestauration de Honfleur conçue par la société Phytorestore et officiellement inaugurée le 5 novembre dernier.

      En quoi consiste la phytorestauration ? Cette technique utilise les facultés des végétaux, des micro-organismes, des activateurs et des substrats à extraire ou à fixer naturellement les polluants. Constitué d’une succession de casiers creusés dans le sol, ce jardin filtrant unique au monde permet de réduire de manière notable les volumes et la masse de boues après traitement biologique dans la station d’épuration située en amont de ce dispositif, de les minéraliser et d’en filtrer les polluants en vue de les éliminer.

      Les polluants sont bio-dégradés avant d’être piégés ou transformés en matériaux réutilisables. A l’issue de ce processus, la partie non toxique produira un compost qui viendra enrichir, sans risques, les surfaces agricoles et horticoles. Pour parvenir à ce stade, les eaux usées devront parcourir les seize chenaux plantés d’espèces végétales épuratives, macrophytes comme le roseau, qui diminuent de manière significative ou éliminent totalement les germes présents et les charges polluantes résiduelles que représentent les nitrates, les phosphores et les molécules chimiques. À l’issue de ce long cheminement, pour achever son retraitement et avant de rejoindre le lit de la Morelle, petite rivière qui se jette dans l’embouchure de la Seine, l’eau circulera au travers de taillis plantés de saules dont les racines capteront les éventuels résidus de phosphore.

      Si le rôle premier d’une station d’épuration est de purifier l’eau, les nuissances occasionnées sont souvent minimisées et passées sous silence. Les concepteurs de la station de Honfleur ont semble t’il pensé à tout. Outre le fait que ce nouveau complexe purifie l’eau, il est aussi équipé d’un filtre végétal qui filtre et désodorise l’air des bassins de décantation. Enfin, une serre, installée à l’intérieur même de la station, piège les dégagements gazeux éliminant ainsi toute possibilité d’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

      Cette technologie vise à restaurer les ressources essentielles que sont l’eau, l’air et les sols. La phytorestauration, appelée aussi phytorémédiation, progresse chaque jour un peu plus tant en terme d’efficacité qu’en terme paysager. Si le traitement par les plantes est un traitement long et si ce type d’installation necéssite des surfaces importantes, il s’avère à l’usage beaucoup plus économique que les techniques physico-chimiques ou mécaniques. Respectueuse de l’environnement, la phytorestauration participe au maintien et à la reconstitution des milieux humides, de la flore et de la faune.

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