Entre Huisne et Comauche


    Un parcours No-Kill au Coeur du Perche


    26 août 2005 par Thierry Secqueville

      Beaucoup d’entre-vous ont probablement en tête une image quelque peu « parisienne » de la Normandie avec ses maisons à colombages couvertes de chaume, son relief ondulé, ses grandes prairies bordées de haies bocagères comme on en trouve en grand nombre dans le Pays d’Auge. La Normandie c’est aussi le Perche situé, à quelques encablures de la Touques et de l’Andelle, en plein coeur d’une région de Haras et plus précisément le Bassin de l’Huisne où de fabuleuses rivières à truites serpentent aux creux de vallons verdoyants.

      La zone que je vous propose de découvrir, ce mois-ci, se situe dans l’Orne, entre Mortagne au Perche et Condé-sur-Huisne ; un triangle qui englobe les communes de Saint Maurice sur Huisne, Boissy Maugis et Rémalard (Cartes IGN 1816 - 1817 E).

      entre Huisne et Commauche

      L’Huisne qui passe à Mortagne, traverse Saint Maurice sur Huisne, Yversay au niveau de l’ancienne laiterie avant de rencontrer la Comauche qui descend de Boissy-Maugis puis traverse Rémalard en direction de Condeau et Condé sur Huisne où elle devient rivière de 2ème catégorie. Deux superbes rivières à truites, la Commauche et l’Huisne, vous attendent au lieu dit « le pont de fer » au niveau de l’ancienne voie ferrée ; une zone de pêche « perdue » en pleine nature avec des populations de poissons très variées selon la zone : des truites, des ombres, des vairons, des goujons, des barbeaux, de la perche, des blancs, des carpes et quelques rares brochets échappés d’étangs lors de crues car nous sommes situés géographiquement dans une cuvette.

      L’ombre commun a été introduit pour la première fois dans les années 1970 sur le bassin de l’Huisne. Il s’y est fort bien acclimaté au point de transformer progressivement le profil des pêcheurs en attirant, d’années en années, de plus en plus de moucheurs au bord de l’eau dont des pêcheurs locaux. Sur tout le parcours, ces deux rivières sont très sinueuses et d’un accès en bordure très aléatoire - prairies à bovins ou à chevaux, clôtures électriques, segments privés - mais quel plaisir de surprendre en sèche, nymphe ou noyée une jolie fario ou un ombre commun, après avoir « crapahuté » entre les clôtures électriques, les ronces ou les trous de ragondins dont sont truffées les berges.

      Il n’est pas toujours possible de pêcher en marchant dans l’eau car les fonds oscillent entre vase, pour les secteurs calmes, et graviers pour les secteurs plus rapides. Cette configuration présente un environnement relativement sauvage qui offre de nombreuses caches aux salmonidés : Moucheurs, sur les grands plat, passez votre chemin !

      Maîtriser toutes sortes de lancers précis, en revers, arbalête, cloche ou autres, devient indispensable pour « moucher » convenablement dans l’eau ou depuis les berges. En aval du pont de fer, après Boissy, il existe un parcours mouche no-kill réservé exclusivement au sociétaires du Devon Rémalardais et aux porteurs de cartes journalières commercialisées au tarif de 16 euros mais ... pas aux cartes vacances.

      entre Huisne et Commauche

      On peut y pratiquer la mouche en sèche ou en noyée sur les courants moyens voire en nymphe selon l’activité et la configuration des lieux . Les petits culs de canard sont fortement conseillés pour la pêche de l’ombre de même que les montages de mouche de mai, les petits sedges roux/gris, les oreilles de lièvre et les imitations de sauterelle grise à la belle saison.

      Les eaux n’étant pas cristallines, il n’est pas nécessaire de pêcher avec une pointe en 8/100. Il n’est guère pensable de pêcher ici en nymphe à vue. Utilisez plutôt une canne de 9 à 10 pieds #4 pour un meilleur contrôle de la soie dans les endroits encombrés. Exceptionnellement, sur ce parcours, la taille réglementaire est fixée à 32 cm pour la truite fario et pour l’ombre commun.

      Cette politique locale, mise en place il y a quelques années, semble porter ses fruits car en août 2004, malgré la sécheresse qui sévissait un peu partout, j’ai pu observer des poissons en nombre et de taille impressionnante. Comme cela m’est déjà arrivé, il vous arrivera probablement de prendre un vairon en nymphe ; la touche étant très proche de celle de la truite.

      Pour terminer, pensez à relâcher précautionneusement les nombreuses truitelles et ombrets très fragiles que l’on prend souvent avec de petites nymphes. Pour la petite histoire, l’an passé, j’ai dû réanimer pendant de longues minutes un ombre de moins de 10 cm pour qu’il retrouve sa liberté dans de bonnes conditions (si c’est pas du no-kill, ça !).

      Pour plus d’informations sur ce parcours, n’hésitez pas à contacter M. Leharenge, Président de l’A.A.P.P.M.A Le Devon Rémalardais au 02.37.52.41.78

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