Grands streamers, grandes ambitions !


    Variations sur le thème du lancer de perroquet nageur


    29 mars 2006 par Jérôme Philipon

      Aucun droit d’exclusivité n’existe sur les grosses farios. En théorie, elles sont à la portée de tous.

      Pour certains, elles viennent pourtant plus facilement que pour d’autres, presque naturellement. Pour moi, elles viennent avec parcimonie. Les années ont donné lieu à des expérimentations plus ou moins timides, l’utilisation de nouvelles tactiques et une distanciation croissante avec le conformisme.

      Cet hiver, un regain de détermination et les perspectives d’une nouvelle saison ont donné naissance a quelques créations dont mon étau se régale encore. La dernière est en photo ci-contre : un petit "bébé" de 15 centimètres de long - un perroquet ou plutot un sapin de Noel diront certains - qu’il m’a fallu deux heures pour monter.

      "Où la variété est gage de plaisirs durables

      Peu importe si un prédateur se contente ou non d’un seul et même modèle de mouche tout au long de l’année. Au pire, c’est un frein à la créativité du monteur de mouches. Prendre du poisson reste la base d’où tout est parti mais invariablement le temps passé à l’étau satisfait beaucoup plus que le simple besoin de remplir sa boîte à mouches.

      Il arrive qu’occasionnellement le menu du jour soit sans ambiguité : du genre dix sedges gris et six culs de canard verts. Le doute n’existe pas quand aux modèles requis pour le lieu de peche en question. Plus la date de départ approche, plus cette methode devient radicale. Divaguer et innover est alors la dernière des préoccupations : il faut remplir la boite.

      Mais bien souvent comme en hiver ou le temps est moins compté, l’esprit s’engage armé seulement d’un but grossier et de quelques principes fondateurs. Nul ne connait l’aspect final de la mouche qui en sortira. L’esprit décolle et erre parfois longtemps dans les tréfonds poussiereux des boites à mouches en quete de la combinaison d’ingrédients miracle. Le design d’un nouveau modèle finit par être un compromis entre les matériaux du moment sélectionnés car ils satisfont les principes fondateurs choisis (volume dans l’eau, mobilité, taille, couleur) et l’humeur du jour. L’épisode est parfois douloureux car fait d’hésitations. Les satisfactions sont immenses et fortes d’enseignements pour les prochaines créations.

      En vue de l’ouverture qui approche, mon imagination s’est laissée aller et à donné le jour à des modèles bigarés. Ils illustrent cet article. Au cas ou vous vous interrogiez, il s’agit de pates noires en caoutchouc dépassant de l’oeillet du modèle en renard arctique présenté ci-contre. Obtenir du volume et beaucoup de mouvement était un objectif primaire lorsqu’il a été pensé. Peu importent les farios sauvages de Laponie pour lesquelles ces sucreries ont vu le jour. Un brochet n’en ferait qu’une bouchée.D’ailleurs, elles ont été montés en employant des hameçons mer ou à brochet.

      Ces grands streamers offriront de la résistance au lancer et bien mal intentionné celui qui tentera de les propulser avec une soie #4 ou 5. Au risque d’énoncer des évidences, ce n’est pas ce pourquoi ils ont été conçus. "Le perroquet nageur" est un instrument très spécialisé pour le moucheur déterminé. Sortez donc les soies #9/10.

      ... et les visages de se crisper, les commentaires de fuser jusqu’à ce que la vue d’une caudale de la taille d’une bèche ne rencontre que le silence.

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