Les filets de la honte


    Halte au massacre du bar !


    29 avril 2006 par EchosMouche

      C’est bien connu, les prix cassés attirent le chaland. Quand le bar se négocie aux environs de huit à neuf euros le kilo au rayon poissonnerie d’une grande surface, le réflexe du consommateur se devrait de boycotter purement et simplement cette soi-disant « aubaine » derrière laquelle se cache en fait un véritable massacre.

      Nos mers, nos océans qui se transforment d’année en année en poubelles à ciel ouvert, se vident peu à peu de leurs richesses sous les assauts incessants de la pêche industrielle. Quotas ou non, interdictions ou non, toutes les occasions sont bonnes pour se livrer à un pillage systématique des ressources. Certaines espèces marines sont aujourd’hui, par ces pratiques, menacées de disparition.

      Il ne se passe pas un mois sans que la presse locale ou régionale se fasse l’écho de véritables massacres. Depuis quelque temps, les ligneurs et les guides de pêche entre Le Havre et la Rochelle voient rouge. Nous avons connu par le passé le scandale de la pêche sur les frayères. Le 8 février dernier à Concarneau, on a de nouveau frôlé l’émeute. Ce jour là, un bolincheur a ramené au port vingt trois tonnes de bars soit l’équivalent de trois ans de pêche d’un bateau classique. Une première pour le moins inquiétante qui démontre à quel point l’homme peut parfois être stupide .

      A ce rythme, nous aurons tôt fait de vider les mers de niches écologiques précieuses pour la biodiversité de notre environnement mais aussi pour notre survie à terme. Cela mérite probablement réflexion. On me rétorquera que cette vision « écologiste » n’est que pure utopie, qu’il faut regarder la réalité en face. Le monde de la pêche est en crise. Chaque sortie en mer est un pari. L’augmentation des carburants pèse lourd dans la balance. Il faut vivre et faire face aux échéances, ce qui conduit certains pêcheurs à faire tout et n’importe quoi.
      Seul compte l’instant présent. Demain est un autre jour.

      Je reconnais que la pêche industrielle n’est certes pas la seule en cause. Il nous faut aussi montrer du doigt certaines pratiques de plaisanciers et de pêcheurs pseudo-amateurs qui se moquent éperdument des tailles réglementaires quand ils ne commercialisent pas illégalement le produit de leur pêche.

      Il est grand temps de revoir notre réglementation en terme de pêche du bar en s’inspirant , par exemple, des mesures prises outre Atlantique ou outre Manche. La pillule sera probablement amère mais qu’importe.
      La défense du bar est aujourd’hui un impératif. Pour y parvenir, il nous faudra protéger les populations de juvéniles, augmenter la taille de capture qui dans certains secteurs accuse une baisse inquiétante, interdire la pêche du bar de mi-décembre à fin mars pour favoriser sa reproduction, mettre en place des zones sanctuaires interdites à la pêche industrielle et punir, comme il se doit, les contrevenants en leur infligeant des peines et des amendes dissuasives. Autant dire qu’il y a du chemin à faire et que nous ne sommes pas au bout de nos peines.

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