La nouvelle loi sur l’eau


    Une coquille vide


    mai 2006 par EchosMouche

      Voilà, c’est fait ! La ministre de l’écologie vient de présenter son projet de loi sur l’eau devant les députés ; projet qui devrait être voté, à priori sans surprises, d’ici la fin du mois de mai. Ce texte adopté en première lecture par le Sénat en 2005 est loin de faire l’unanimité. Après plus de deux ans de débats, de consultations, de tractations et ... un millier d’amendements, il ne faut pas s’étonner que chacun tirant la couverture à soi, cette loi n’est plus que l’ombre d’elle-même ou , si vous préférez, une coquille vide.

      Le compte n’y est pas ! Le manque d’ambition, le manque de courage de nos élu(e)s dont j’ose parler quand d’autres s’auto-congratulent et parlent de texte équilibré, font la part belle au monde agricole et aux producteurs d’énergie, mais aussi aux pollueurs qui échappent une fois encore, pour je ne sais quelles raisons, au champ d’application de la loi. Plus grand consommateur d’eau en France, et de ce fait montré du doigt même s’il n’est pas le seul incriminé, le monde agricole se voit une fois de plus conforté dans ses dérives et son irresponsabilité. Ce sont encore les simples citoyens qui, comme vous et moi, paieront la facture.

      Cette loi dont le but initial était de parvenir en 2015 à « un bon état écologique des eaux », à une gestion raisonnée et raisonnable de nos ressources en eau et vers un partage équitable des charges entre citoyens, va à l’encontre même de tous ces principes.

      Nous aurions pu espérer un rééquilibrage des responsabilités et des charges entre agriculteurs et particuliers. Nous aurions pu espérer que des mesures incitatives tendant à diminuer les surfaces de productions fortement consommatrices en eau (dont le maïs irrigué) et l’utilisation des produits chimiques soient mises en place et que le principe du « pollueur/payeur » entre enfin dans les faits. Peine perdue. Ce sera pour une autre fois. Ce sera l’objet d’une ... autre loi. Oui, mais quand ? Probablement quand nous seront confrontés à une sécheresse bien pire que celles que nous avons connues ces dernières années. Quand l’Europe nous rappellera à l’ordre pour non-respect de nos engagements en nous infligeant de lourdes amendes. Quand nos rivières ressembleront à des oueds asséchés ou seront polluées jusqu’aux yeux par les nitrates et les pesticides. Bref, quand ce sera trop tard ... comme d’habitude.

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