Cause, conséquence et jugement


    De l’avenir de nos rivières ...


    septembre 2006 par Fabien Francès

      Notre monde est malade, notre Terre souffre un peu plus chaque jour qui passe, nous récoltons aujourd’hui les erreurs du passé, celles d’hier, celles d’il y a dix ans, celles d’il y a cinquante ans... Parce que l’Homme a du mal à voir sa propre vie se dérouler, parce que l’on n’ose plus imaginer ce que deviendra l’avenir. Simple question philosophique ou triste vérité ?

      l'avenir de nos rivières

      De l’aube des temps à nos jours, l’humain n’a cessé de suivre une fuite en avant perpétuelle, peut-être par peur ou par instinct. Nous portons des jugements sur tout et sur tous, nous pensons toujours trop bien ce qu’il faut faire, nous pensons certainement beaucoup trop, là est peut-être le mal originel.

      Ainsi, l’Homme avance, consomme, à tous les étages et dans tous les sens. Pourtant ces sens sont souvent mal utilisés, l’instinct le premier a disparu de nos sens. Le pendant de l’esprit qui s’use à trop vouloir trouver des réponses.

      Pourtant les réponses sont sous nos yeux comme les truites sous les pas du pêcheur, combien de nuits des temps encore avant que l’Homme puisse enfin s’avouer vaincu des astres et des chimères.

      La Terre vit et évolue sans se préoccuper de ses habitants, elle suit son cycle immuable commencé à l’origine, et va sans doute là où l’on ne sait pas car notre entendement s’effondre dans les hypothèses les plus dingues depuis des millénaires.
      Pourtant l’Homme a sa place sur Terre comme la plus simple éphémère, comme le plus complexe des organismes, comme chaque molécule qui unit son existence à la création.

      Le tout est pour nous un abîme insondable et l’on se perd à chercher la vérité, à creuser pour trouver l’or des alchimistes, alors que la pierre philosophale nous crève les yeux chaque jour de sa pleine splendeur et sa toute puissante lumière.

      L’Homme a sa place, comme le pêcheur au milieu de la rivière, insensible à l’extérieur de son élément liquide pour lequel il a toute attention, attentif au moindre insecte, au plus petit mouvement de l’eau, aux cycles éternels qui se déroulent sous ses yeux.

      L’Homme a sa place dans ce monde qui est la Terre, mais il ne sait pas se tenir à sa place, comme un enfant indiscipliné, il est gourmand, turbulent, insolent, présomptueux et orgueilleux. Pourtant la nature est douce la plupart du temps, elle dispense des trésors construit depuis l’aube des temps, elle est généreuse à profusion, il suffit de l’écouter, de l’entendre, d’humer l’air, de coller son visage sur la peau rugueuse d’un arbre au fond d’une forêt, de tremper sa chair dans l’eau fraîche d’un torrent, de s’enivrer des senteurs de la garrigue, de voir se lever la truite sur l’eau, d’être attentif et de retrouver un instinct disparu ou refoulé.

      Nous sommes de frêles esquifs sur le fleuve d’une vie, emportés et sans racine, éléments et acteurs pourtant de notre monde, démons saccageurs d’une beauté indicible qui est notre berceau.

      l'avenir de nos rivières

      Alors la Nature recommencera là où tout a commencé, comme un enfant efface et redessine, comme un artiste qui repeint par-dessus une toile inachevée, le temps n’a plus d’importance à l’échelle de notre Terre, parce que nous ne sommes pas essentiel, nous avons une chance d’exister et nous devrions rester à notre place simplement comme l’on dicté les dieux que nous nous sommes créé, parce que la peur de l’inconnu guide les générations depuis le grand chambardement.

      S’allonger dans l’herbe en tenant la main de son enfant, en regardant le ciel dessiner des arabesques, et des volutes qui ressemblent à toute la Création.

      Serrer un corps contre le sien, partie inaccessible de l’esprit toujours seul et errant, et pourtant le plaisir le plus fort, celui d’être unique et puissant parce qu’enfin plus seul et abandonné.

      Sentir la soie du pêcheur comme le fil ténu qui nous relie à la vie, parce que notre passion devient plus proche de la véritable nature de l’Homme, parce que instinctive, attentive, on redevient alors plus justement à notre place, celle que nous n’aurions jamais dû quitter, la place du paradis terrestre, là où Adam et Eve ont commencé.

      A observer la vie dans sa plus grande simplicité, celle de l’eau source de tout, celle de notre passion, on redevient authentique, et ceux qui n’y arrivent pas, comprendront un jour parce que cette voie est unique, elle est royale et évidente.

      Alors nous payons les conséquences des actes passés, sans rechercher la cause, nous tentons d’arranger les dégâts, qui créent à nouveaux d’autres conséquences toutes aussi néfastes, mais jamais personne ne cherche les causes pourtant souvent si simple à trouver.

      Et nos rivières souffrent de nos erreurs, et l’eau source de vie deviendra source de mort, parce que cela sera ainsi, tant que les causes ne seront pas effacées.
      Lorsque l’on va trop vite, on n’a pas le temps nécessaire pour trouver sa place, pour rester à sa place, les éléments s’enchaînent et le déséquilibre s’installe, jusqu’à ce que le calme revienne.

      L’Homme n’a plus sa place, à force de ne pas corriger les causes responsables du déséquilibre, il deviendra lui-même la cause, et sera à son tour en déséquilibre, mais la Nature saura toujours trouver sa voie, l’Homme disparaîtra comme les dinosaures et un autre cycle recommencera, la vie aura repris son cours et l’équilibre à nouveau demeurera.

      Puisse les hommes comprendre enfin l’évidence.

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