La Nouvelle-Zélande (1ère partie)


    Probablement la meilleure destination au monde, mais ...


    24 octobre 2006 par Alban Boiton - Traduction Jérome Philipon

      Je me souviens parfaitement de Nouvelle-Zélande : probablement la meilleure destination mouche au monde mais ...

      Suite à des conseils avisés il y a maintenant six ans, je me suis rendu dans l’hémisphère Sud pour aller visiter la Nouvelle-Zélande et découvrir ce pays mythique pour la pêche à la mouche des grosses truites sauvages.

      Nouvelle-Zélande

      Dès le premier séjour, j’ai eu un véritable coup de cœur pour la beauté de ce pays concernant la variété et la complexité de ses paysages, la gentillesse de ses habitants et surtout la pêche à la mouche bien évidemment...

      Je dis souvent de cette nation qu’elle vous apporte tous les avantages d’un pays développé sans ses inconvénients. Par ailleurs, j’ai eu l’opportunité de pouvoir prospecter cette destination et ce depuis maintenant 6 ans. En plus d’une prospection enrichie d’année en année (on découvre d’excellents spots de pêche chaque saison avec du temps), j’ai eu la chance de pouvoir y travailler et d’accompagner des pêcheurs français.

      Nous avons vu, ces dernières années, plusieurs articles concernant l’île du Nord ou l’île du Sud, donnant les grandes lignes de la pêche à la mouche avec quelques informations généralistes.
      Dans cet article, je vais vous apporter une analyse pertinente et objective concernant la pêche à la mouche relative à cette destination au travers de l’expérience de ces années de prospection et de mon expérience professionnelle.

      Ma vision de la pêche en Nouvelle-Zélande

      J’analyse la pêche comme un loisir ludique dans ce pays. En effet, vous voyez souvent une famille de Kiwis (tel que l’on surnomme les locaux) se déplacer en véhicule 4x4 avec la remorque et le bateau dessus. C’est la sortie familiale et les parties de pêche ne durent jamais longtemps. Ils pratiquent beaucoup plus la pêche en mer du fait de la facilité à attraper du poisson et de part la richesse de la mer de Tasman et de l’Océan Pacifique Sud.

      Concernant la pêche à la truite, ils plébiscitent beaucoup plus la pêche en lac ( en été comme en hiver) à la traîne la plupart du temps que la pêche en rivière, souvent considérée comme trop technique. Ils pêchent en rivière en tout début de saison (Octobre) ensuite, nous ne les rencontrons que très rarement et, j’ai toujours eu le sentiment qu’ils « laissaient la place aux touristes ». Certes, il existe comme chez nous, des passionnés qui s’adonnent pleinement et régulièrement à la pêche à la mouche ; mais cela ne représente que quelques centaines de néo-zélandais dans un pays grand comme la moitié de la France.

      Ils ne portent pas grand intérêt à la pêche de la truite en rivière et sont toujours surpris d’entendre dire que des étrangers traversent le monde pour venir piquer des grosses truites, les prendre en photo avant de les remettre à l’eau. La Nouvelle-Zélande est loin d’être saturée en matière de pêche et nous avons encore quelques bonnes décennies devant nous. Toutefois, attention tout n’est pas gagné d’avance.

      Nouvelle-Zélande

      Pêche à la Mouche : les difficultés rencontrées ...

      Une des difficultés majeures est la migration permanente du début à la fin de saison de ces grosses truites qui se déplacent. Plusieurs raisons à cela : la reproduction, la température de l’eau, la pauvreté du biotope.

      Je ne saurais chiffrer le nombre de parcours de pêche jugés bons et qui en l’espace de dix jours se vident littéralement. La seconde difficulté essentielle pour un pêcheur à la mouche là-bas est le repérage des truites dont le mimétisme avec le fond des rivières est très marqué ; ce n’est tout de même pas le cas de toutes les rivières, mais de la plupart.

      Nous avons déjà lu dans de précédents articles que le repérage de ces salmonidés était quasiment indispensable ; ce qui est vrai, hormis pour ceux qui gobent bien évidemment. Il est difficile de passer à côté des fario qui gobent en Nouvelle-Zélande sans les voir car elles sortent de plus de 10 centimètres en dehors de la surface de l’eau. Bien qu’habitué à pêcher en nymphe à vue, J’ai fait fuir un grand nombre de truites callées en bordures que je ne voyais pas. J’en ai maintenant pris l’habitude.
      Ce qui est agréable dans ce pays situé aux antipodes de la France est la tenue des poissons qui ne se tiennent qu’entre cinquante centimètres et un mètre d’eau en moyenne.

      Un voyage de pêche en Nouvelle-Zélance organisé par ses propres moyens : Gare aux désillusions !

      Je rencontre chaque année des pêcheurs en provenance du monde entier ; la plupart anglo-saxons (on retrouve d’ailleurs souvent les même pêcheurs d’une année sur l’autre) qui viennent en Nouvelle-Zélande depuis longtemps. Ils arrivent à réussir plus ou moins leur séjour car fréquentent régulièrement ce pays (rappelons que ces pêcheurs ont été guidés au préalable lors de leurs premières parties de pêche). En revanche, pour les raisons citées dans les deux paragraphes précédents je tiens à attirer tout particulièrement l’attention des pêcheurs qui souhaitent se rendre en Nouvelle-Zélande pour la pêche à la mouche par leurs propres moyens.

      La plupart des pêcheurs à la mouche de bon niveau (nous en avons un certain nombre chez nous et de surcroît qui voyagent à l’étranger) sous estiment les difficultés que l’on peut rencontrer en Nouvelle-Zélande. De plus, des conditions météorologiques difficiles lors d’un séjour peuvent venir se greffer et rendre encore plus délicate la pêche. Ils partent confiants avec quelques tuyaux donnés par des copains et s’aperçoivent rapidement que ce n’est pas si facile que ça, et reviennent déçus de leur voyage. Un sentiment de frustration peut être ressenti pour les pêcheurs de passage qui se trouvent parfois à quelques kilomètres d’un excellent parcours de pêche et passent complètement à côté.

      Les conséquences de ce phénomène ne favorisent pas l’image de marque de la pêche à la mouche en Nouvelle-Zélande très et trop souvent méconnue en France et ayant déjà souffert d’un certain nombre de critiques exubérantes !

      Comment Pêchons-nous à la mouche en Nouvelle-Zélande ?

      La plus grande satisfaction qu’apporte cette destination pour les pêcheurs européens est que l’on pêche tel que nous le pratiquons en France à savoir en sèche ou en nymphe avec des artificielles en hameçons de 14 à 18 et une pointe de bas de ligne de 16 ou de 18 centième la plupart du temps. De plus, nous pêchons essentiellement à vue ces grosses truites tant en sèche qu’en nymphe ; le spectacle est assuré.

      Nouvelle-Zélande

      Les secrets de la réussite d’un séjour de pêche à la mouche en Nouvelle-Zélande ...

      La clé de la réussite de la pêche en Nouvelle-Zélande est de se trouver au bon endroit (que ce soit l’île du Nord ou l’île du Sud) en fonction des conditions météorologiques, au bon moment de la saison, afin de tirer la quintessence de ces cours d’eau et de se trouver confronté à de bonnes densités de truites souvent bien plus fortes que ce que l’on peut penser.

      A quelle période faut-il s’y rendre ?

      On me demande souvent quelle est la meilleure période pour s’adonner à son sport favori et la réponse à cette question est aucune ! Tous les mois sont bons ; tout dépend du profil du pêcheur, de son niveau de pêche, de ses préférences (sèche ou nymphe) et de sa condition physique.

      A titre indicatif, il ne faut pas nécessairement être jeune pour pêcher en Nouvelle-Zélande. Au même titre qu’il n’est pas nécessaire de faire partie de l’élite et d’être un champion de pêche à la mouche pour arriver à prendre de gros poissons. Nous pouvons considérer que les meilleurs mois pour la sèche sont Novembre/Décembre/ mi Janvier et fin Mars/fin Avril.
      Pour la nymphe à vue, les mois de Février/Mars sont les plus recommandés ; c’est la période la plus difficile de la saison et seuls les experts de la nymphe à vue tireront leur épingle du jeu. Les rivières sont à leur plus bas niveau permettant ainsi l’accès sur des parcours de pêche très reculés (nécessaire à cette période) dans une végétation de forêt primaire (dans le Bush) où coulent des eaux cristallines renfermant des fario jusqu’à 7 livres.

      Quelle pression de pêche sur les rivières de Nouvelle-Zélande ?

      Comme vous avez pu le lire précédemment, la fréquentation des rivières néozélandaises ne provient pas des locaux mais beaucoup plus des touristes qui viennent pêcher la plupart du temps avec des guides pour s’assurer de réussir. Il est difficile de quantifier la pression de pêche ; nous voyons plus de pêcheurs qu’avant, mais cela reste marginal. Certes, toutes les rivières n’enregistrent pas de bonnes densités de truites et seules les rivières connues et réputées subissent une certaine pression de pêche de nos jours.

      Une multitude de rivières ne sont visitées que rarement dans la saison. Il faut de plus en plus se diriger sur ces rivières « non médiatisées » afin de s’assurer de bonnes journées de pêche et d’avoir bien souvent la vallée que pour soi. Pour des raisons d’éloignement et de situation géographique, cette destination restera toujours marginale et je m’en réjouie car c’est cela qui la préserve !

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